Élevage laitier La monotraite : et si on travaillait moins pour gagner plus ?

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Éleveurs et technicien témoignent d’un impact économique très mesuré, mais d’un gain de temps bien réel pour réduire le recours à la main-d’œuvre, mieux entretenir sa ferme ou développer des activités annexes. Crédits : © R. Saint-André

La monotraite a servi de support à une table ronde pour échanger sur une solution capable de limiter l’astreinte en élevage laitier, avec témoignages et débat, suivie de la visite de l’élevage de Jean-Paul Bonnet à Puycapel, dans le Cantal.

La monotraite est un choix de vie

De plus en plus d’éleveurs laitiers s’interrogent sur les avantages et les risques de la monotraite. Lors d’une rencontre organisée mardi 16 septembre 2025 par le GDA de Maurs, deux Gaec du Cantal ont partagé leur expérience, tandis qu’un conseiller de la Chambre d’agriculture a apporté son éclairage.

À Garrigoux de Puycapel, Jean-Paul Bonnet s’est installé en 2014 aux côtés de Marie-Cécile Delbos, présente depuis 1999. Leur Gaec de 84 hectares, converti en bio en 2017, a adopté la monotraite il y a un an. Résultat : leur troupeau est passé de 45 à 50 vaches (principalement Holstein et deux Montbéliardes), tandis que la production a chuté de 267 000 à 183 000 litres de lait. Cependant, le prix payé a augmenté de 521 à 576 €/1 000 litres, et les taux butyreux (TB) et protéiques (TP) ont fortement progressé (TB : 40,3 à 46 ; TP : 31,6 à 35).

La production moyenne par vache a reculé de 32 % en volume, mais seulement de 13 % en chiffre d’affaires, grâce à la hausse du prix et à la baisse des charges. » Jean-Paul Bonnet, éleveur de Puycapel, en monotraite. 

Leur objectif ? Retrouver le statut fiscal de micro-BA, gagner du temps de travail, et profiter davantage de la vie tout en réduisant les douleurs physiques.

Deux ateliers complémentaires

Pis de vache qui se fait traire

Olivier Plantecoste, installé en Gaec avec sa sœur à Leucamp, confirme ces observations. Éleveur laitier depuis 2019, il a converti son exploitation en bio et a opté pour la monotraite en juin 2022, d’abord de manière saisonnière, puis définitivement.

On y a pris goût. L’objectif était aussi de rester dans le plafond de chiffre d’affaires autorisé en micro-BA (86 000 € par associé). » Olivier Plantecoste, éleveur de Leucamp, en monotraite.

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Les craintes liées aux mammites ou au taux cellulaire se sont dissipées grâce à une traite rigoureuse et une génétique adaptée. Les frais vétérinaires sont restés stables, et l’insémination artificielle s’avère même plus efficace, les animaux étant en meilleur état corporel.

Lire aussi : La monotraite, ils ont osé !

Trois heures gagnées par jour

Vincent Vigier, conseiller à la Chambre d’agriculture, a présenté les résultats d’une étude menée auprès de 13 exploitations (dont 10 en bio). Les conclusions sont claires :

  • 3 heures d’astreinte quotidienne gagnées en moyenne.
  • Réduction de moitié des concentrés.
  • Amélioration des taux de matière grasse et protéique.
  • Prime qualité en hausse de 40 €/1 000 litres.

Bien que le volume de lait livré baisse de 25 %, le chiffre d’affaires reste globalement préservé grâce à la réduction des charges (électricité divisée par deux, système fourrager simplifié) et à l’amélioration des primes. Le revenu rapporté au temps de travail s’avère bien plus favorable, avec 1 000 heures d’astreinte en moins par an.

Les limites et précautions à considérer

Les échanges ont également porté sur le robot de traite, jugé moins avantageux car il déplace l’astreinte plutôt qu’il ne la supprime. L’importance de la génétique, avec des taureaux sélectionnés pour la santé des mamelles et la longévité. L’hygiène de traite, condition indispensable pour éviter les risques sanitaires.

Enfin, certains soulignent que ce système pourrait moins convenir aux jeunes agriculteurs, pénalisés par un lourd investissement initial.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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