« En tenant de tels propos, ce sont 500 000 emplois directs (ndlr : liés aux filières de ruminants) et tout un maillage territorial qui se voient menacés », s'insurge Patrick Bénézit, président de la Fédération nationale bovine (FNB), lors de la manifestation tenue rue de Bercy. Le 17 mai dernier, le ministre de l'Économie inaugurait la nouvelle usine de la société Happyvore, qu'il targuait comme étant « l’exemple parfait de ce que nous voulons construire avec le projet de loi Industrie Verte », avant de dénigrer ouvertement les filières animales.
Vers une hausse de la viande importée dans les assiettes des Français
Dans un communiqué la veille, l'interprofession du bétail et des viandes (Interbev) déplorait que « l'enjeu climatique soit trop souvent réduit aux seuls enjeux liés au carbone ». « Il est indispensable de considérer tous les atouts environnementaux liés à la durabilité de l'élevage herbivore français », évoque-t-elle. Car, rappelons-le, « avec 13 millions d’hectares de prairies permanentes, temporaires et de parcours herbagers en France, l’activité d’élevage de bovins, majoritairement herbagère, compense en moyenne 1/3 de ses émissions de gaz à effet de serre ».
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Quant à la réduction du cheptel bovin français, celle-ci est déjà bien entamée et s'accélère encore. « En l'espace de sept ans, la France aura perdu un million de vaches d'ici la fin de l'année 2023 », alerte Patrick Bénézit. Alors que dans le même temps, la consommation de viande bovine mesurée par bilan résiste. « Ce déséquilibre avec le déficit de production conduit à des importations en forte hausse dans le disponible consommable, de l'ordre de 25 % », poursuit le président de la FNB.
Sans parler des accords de libre-échange qui se multiplient et des centaines de milliers de tonnes de viande venues du bout du monde qui menacent d'entrer sur notre territoire. Parmi les plus récents figure le traité commercial avec l'Australie : « un contingent d'importation de 24 000 tonnes de viande bovine a été proposé par les négociateurs européens. Nous n'en sommes qu'au début des négociations donc il s'agit certainement d'un minimum », avance Patrick Bénézit.
Les éleveurs pointent là encore les incohérences politiques totales du gouvernement et plus largement de la Commission européenne. Ils attendent des rencontres prochaines avec la Première ministre, et entendent plaider pour un plan de sauvetage de l'élevage au vu de la gravité de la situation pour l'avenir de la filière.