Depuis plusieurs semaines, la filière noix s’inquiète. Début décembre déjà, après la livraison de la récolte 2022, aucun acompte n’était versé et le coût d’achat restait inconnu. Les échos les plus défavorables faisaient alors état d’un prix aux environs de 1€/kg, bien en deçà du coût de production (2.53€/kg en 2021). Aux racines de cette crise, plusieurs facteurs. 2022 est en effet une année record en matière de récolte en France mais aussi dans le monde. Elle arrive sur un marché encore approvisionné par la Chine et le Chili et par le report de la récolte américaine 2021, alors même que celle de 2022 n’est pas arrivée. S’ajoute à cette situation la baisse du pouvoir d’achat en France qui pénalise la consommation. Enfin l’importance de la récolte 2022 occasionne des problèmes et des coûts de stockage importants. Face à cette situation, la tentation est grande de brader la récolte. Pourtant, les producteurs du Sud-Ouest s’y refusent. « Nous nous interdisons collectivement de céder à la panique en se « débarrassant » de la récolte à tout prix, rappelle Fabien Joffre, président de l’Interprofession Noix du Sud-Ouest. Pour cela, l’urgent est de trouver des lieux pour stocker la récolte dans de bonnes conditions y compris sur du long terme pour pouvoir la travailler et la valoriser. Ceci aura un coût et nous nous engageons à trouver les moyens nécessaires en mobilisant les services de l’Etat, l’interprofession fruits et légumes et des partenaires ». Si cette crise est avant tout conjoncturelle, elle aura toutefois des impacts sur les récoltes à venir. Aussi, l'Interprofession Noix du Sud-Ouest se mobilise et sollicite l'État pour la mise en place d'un plan de crise et de communication en faveur de la noix française. Elle demande également un soutien opérationnel et financier pour trouver des lieux de stockage. L'interprofession engage par ailleurs un travail d'expérimentation pour valoriser les petits calibres (hors coque et hors cerneaux industrie. Une nouvelle filière industrielle de fabrication d'huile ou de tourteaux pour l'alimentation animale pourrait être mise sur pied avec des volumes conséquents issus du plan de retrait et des écarts de tri.

P.Dumont

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