Depuis Pâques, les prix du poulet ne cessent de progresser. Si un regain de consommation tend à se faire sentir, c’est l’offre qui est plus fortement limitée. L’activité des couvoirs reste en effet encore perturbée par une baisse sensible des éclosions au premier trimestre dernier.
L’amélioration sur le marché français de la volaille de chair tend à se confirmer depuis Pâques, grâce notamment à la fin de la surmédiatisation de l’épizootie aviaire. Sur le Min de Rungis, le prix du poulet standard est en constante progression depuis la semaine 16 et celui du poulet Label depuis le début du mois d’avril.
Le prix du poulet PAC Label flambe
A 3,45 euro/kg la semaine dernière, le prix du poulet PAC Label est bien au dessus de son cours des deux années précédentes à la même période (2,48 euro/kg en 2005 et 2,45 euro/kg en 2004). Les autres espèces sont par contre moins bien orientées dans la progression. Pour le poulet standard, malgré une hausse continue des cours, ceux-ci étaient encore en repli de 3 centimes la semaine dernière et de 5 centimes la semaine précédente par rapport à leur niveau de 2005. En canard (animal moins assimilé à l’influenza avaire dans l’esprit des consommateurs), les prix de gros se redressent et sont supérieurs à 60 centimes en moyenne sur les deux dernières semaines, comparé à 2005. Même tendance en pintade : hausse de +2,3 % en semaine 21 par rapport à 2005 à la même période.
La hausse des prix résulte en partie d’un retour sensible de la consommation (en dinde, elle semble néanmoins plus fragile). Selon Secodip, entre le 27 mars et le 23 avril 2006, les achats de poulet par les ménages ont été en hausse de 18,8%par rapport à la période du 27 février au 26 mars.
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La hausse des prix est également à relier à un recul sévère des mises en place. Modéré en janvier, il s’est accéléré en février et mars. En mars, les mises en place de poussins souche chair étaient en recul de 33,3 % par rapport à mars 2005 (contre «seulement» -12,4 % en février), de -22,5 % en canetons, de -10,9 % en dindonneaux et de -24,7 % en pintadeaux. Par ailleurs, la mise au chômage partiel prolongé chez certains opérateurs de la filière complique fortement la logistique, ce qui tend à accroître la pénurie dans les apports.
Les abattoirs affichent la même tendance au repli, d’autant plus que les stocks de poulet restent encore importants, à cause du recul de la consommation en début d’année. La filière tout entière serait encombrée d’un stock excédentaire de 28.000 tonnes, dont il va bien falloir se débarrasser.
Forte diminution des exportations
Selon l’Office de l’Elevage, les exportations de viande fraîche de volailles chutaient de 29,1 % en mars 2006 par rapport à mars 2005. Même tendance en viandes congelées : au mois de mars, repli des exportations de -46 % par rapport à mars 2005 et de -32,3 % en cumulé par rapport aux trois premiers mois de 2005.
Le marché de la poule de réforme, en particulier, reste fortement perturbé, à cause de la fermeture des marchés export, vers l’Afrique notamment (très touchée par la grippe aviaire). Par ailleurs très peu consommée sur le marché intérieur à l’heure actuelle, les stocks ne cessent de s’accumuler en abattoirs. Même si théoriquement les embargos devraient être levés à la mi-juin, la situation ne devrait s’améliorer que plus tardivement, car la consommation reste encore très faible en Afrique, principal débouché.