La ministre de l’Agriculture et le ministre délégué chargé de la Transition écologique ont signé l’arrêté portant adoption du plan national de lutte contre le frelon « asiatique » à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) publié le 15 septembre au Journal officiel. Que dit-il ?
Découlant d’une loi spécifique adoptée en mars 2025 (loi n°2025- 237), le plan de lutte national contre le frelon « asiatique » à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax), et décliné à l’échelle départementale, a été adopté via un arrêté signé par la ministre de l’Agriculture et le ministre délégué chargé de la Transition écologique publié au Journal officiel le 9 septembre dernier.
Comme prévu par le Code de l’environnement, le plan national doit « développer la recherche et les connaissances » sur les impacts du prédateur et les méthodes de lutte, organiser la classification des départements « selon quatre niveaux de pression », et « renforcer la gouvernance », soulignent les deux ministères dans un communiqué commun paru le même jour.
Frelon asiatique : une espèce exotique envahissante
Introduit accidentellement en France en 2004, le frelon à pattes jaunes est aujourd’hui présent dans tous les départements hexagonaux. Classé comme espèce exotique envahissante, il constitue notamment un enjeu pour la filière apicole en raison de la prédation exercée sur les colonies d’abeilles domestiques. Au-delà de l’apiculture, le frelon asiatique peut représenter un danger pour d’autres filières agricoles, notamment l’arboriculture et la viticulture. Des dégâts directs sont observés sur les fruits mûrs (raisins, pommes, poires), entraînant des pertes de rendement et une dégradation de la qualité des récoltes. En viticulture, ces atteintes peuvent favoriser le développement de pourritures et compliquer les opérations de vendange.
Une stratégie de gestion adaptée aux réalités des territoires
L’éradication complète de l’espèce n’étant aujourd’hui plus envisageable compte tenu de sa dispersion, le plan qui vient d’être adopté vise à limiter ses impacts grâce à une stratégie de gestion adaptée aux réalités des territoires. Ce dernier s’articule autour de trois axes complémentaires :
• Développer la recherche et les connaissances, notamment sur les impacts du frelon sur la biodiversité, les activités agricoles et la santé humaine, et soutenir le développement de méthodes de lutte plus efficaces et respectueuses de l’environnement ;
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• Organiser la lutte en fonction de la pression exercée localement, en classant les départements selon quatre niveaux de pression et en adaptant les mesures de gestion à cette classification ;
• Renforcer la gouvernance, avec un pilotage national associant l’ensemble des acteurs concernés et une déclinaison dans chaque département.
Privilégier des méthodes sélectives pour limiter les effets sur les espèces non ciblées
Le plan indique que selon la pression observée, différentes mesures pourront être mobilisées : détection et destruction des nids, piégeage des fondatrices au printemps ou dispositifs de réduction du stress des colonies d’abeilles. Il insiste sur la nécessité de privilégier des méthodes sélectives afin de limiter les effets sur les espèces non ciblées.
Dans les six mois suivant l’adoption du plan national, chaque département élaborera un plan de lutte sous l’autorité du préfet, en concertation avec les collectivités, les acteurs sanitaires, les filières concernées, les associations environnementales, l’Office français de la biodiversité et les usagers de la nature. Ces plans permettront d’adapter les actions aux situations locales et d’organiser notamment le signalement, l’évaluation du niveau de danger et la destruction des nids.
3 millions d’euros ont déjà été consacrés à la lutte contre le frelon asiatique en 2026
Le ministère de la Transition écologique rappelle qu’en 2026 il a mobilisé une enveloppe exceptionnelle de 3 millions d’euros afin d’accompagner les territoires dans la lutte contre le frelon asiatique, « en apportant des moyens opérationnels immédiats tout en soutenant, à moyen terme, le développement de solutions de lutte plus efficaces et plus sélectives ».
Pour autant, rien de nouveau n'est prévu concernant le système d’indemnisation des pertes économiques subies par les apiculteurs, pourtant prévu par la loi contre la prolifération du frelon asiatique adoptée en mars 2025, selon nos confrères d'Agra Presse. Interrogé, les cabinets d’Annie Genevard et de Mathieu Lefèvre se renvoient la balle sur cette question, indiquent-ils. Le 9 décembre, Annie Genevard avait indiqué qu’il faudrait un « correctif législatif pour faire aboutir la chose » car l’indemnisation par le FMSE (fonds sanitaire professionnel, NDLR) n’est pas possible.