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Frelon asiatique : une puce radio pour retrouver les nids, une piste prometteuse ?

Des dispositifs permettent aujourd’hui de suivre les frelons en les équipant d’une puce émetteur afin de repérer leurs nids. Cette méthode peut-elle constituer une solution d’avenir pour détecter et gérer les nids de frelons ? Éléments de réponse.

La détection du nid s’effectue en trois étapes successives :

- l’estimation de la distance et de la direction globale du nid ;

- la capture d’un frelon pour l’équiper d’un microémetteur ;

- le suivi du frelon via un récepteur à main, pour trouver le nid.

Estimer la distance et la direction du nid

En amont de l’intervention de repérage du nid il faut déposer un appât sur place pour habituer les frelons à revenir sur ce rucher et faciliter leur capture. Cet appât peut prendre la forme de sirop en juillet ou août, ou d’une boîte de thon, en septembre ou octobre.

Avant d’équiper un frelon d’un microémetteur, il est nécessaire d’estimer la distance entre le nid et le rucher. Pour cela il faut capturer plusieurs frelons, en privilégiant ceux en train de consommer l’appât. Ces frelons sont pesés, pour vérifier qu’ils pourront porter l’émetteur qui leur sera mis, marqués avec des marqueurs Posca puis relâchés. S’ensuit une mesure du temps nécessaire à chaque frelon pour retourner à son nid puis revenir sur le rucher en s’assurance à chaque fois qu’il a bien emporté de l’appât. Chaque minute correspondant à environ 50 mètres de distance. En parallèle, une étude attentive du vol de départ du rucher permet d’estimer globalement la direction du nid. Pour limiter les risques de perdre un microémetteur et estimer au mieux la distance au nid, il faut chronométrer entre cinq et six allers-retours pour chaque frelon et garder en mémoire que l’émetteur n’émet que jusqu’à 700 mètres. En cas de nid plus lointain il sera nécessaire d’adapter la méthode de repérage.

Capturer et équiper un frelon

Une fois la distance au nid estimée, l’opérateur en charge de trouver le nid capture un des frelons marqués. Ce frelon est saisi grâce à une pince dédiée puis est équipé d’un microémetteur, attaché autour de sa taille. Lors de cette opération il faut être attentif à ne pas sectionner une patte ou une aile au frelon. Cet émetteur pèse 0,17 g. Il est nécessaire que le frelon capturé pèse au moins 0,30 g pour qu’il puisse porter l’émetteur sans problème.

Le frelon n’est pas ensuite immédiatement relâché. Il est d’abord mis dans une tente en tissu, afin de vérifier s’il vole correctement avec la puce et lui laisser le temps de s’y habituer. Si tous les voyants sont au vert, le frelon est ensuite relâché.

Suivre le signal jusqu’au nid

Une fois le frelon équipé et relâché, il peut être suivi grâce à un récepteur à main. Ce récepteur est équipé de diodes lumineuses sur son dessus, qui clignotent plus ou moins intensément selon si le récepteur est pointé vers la puce, ou non. Ce récepteur a une portée maximale de 700 mètres et ne fonctionne pas très bien en cas de présence d’obstacles importants, tels que des bâtiments. Ce qui rend son utilisation difficile en milieu urbain.

Une méthode efficace mais exigeante

Cette méthode permet de repérer pratiquement à coup sûr un nid de frelon si les conditions nécessaires à l’utilisation de l’outil sont réunies. Et il s’agit d’une des seules méthodes actuellement accessibles permettant de repérer un nid situé à grande distance. Cette méthode permet même de potentiellement repérer plusieurs nids en une demi-journée si les frelons marqués au Posca ne rentrent pas tous au même nid.

La méthode comporte cependant plusieurs limites. Pour commencer elle nécessite un temps assez long pour aller jusqu’à la destruction du nid car il faut marquer les frelons au marqueur Posca, les laisser faire plusieurs allers-retours entre leur nid et leur rucher, en re-capturer un et le suivre ensuite jusqu’au rucher (à pied le plus souvent) puis, enfin, procéder à la destruction du nid en elle-même. Une destruction de nid avec cette méthode prend de 1 à 4 heures.

Ensuite le coût du matériel est important (de 3 000 à 4 000 €), nécessitant, dans la mesure du possible, une mutualisation de l’achat ou une utilisation fréquente pour rentabiliser l’achat. Ce coût important entraîne aussi la mise en place de nombreuses procédures permettant d’éviter de perdre les puces équipées sur les frelons. Quelques exemples : éviter d’utiliser l’appareil à proximité d’un axe de circulation important (le frelon alourdi par la puce pourrait se faire percuter par une voiture), prendre le temps de vérifier que le frelon à équiper revient bien au rucher en lui laissant le temps de faire plusieurs allers-retours à son nid, récupérer la puce avant destruction du nid, …

Enfin la destruction d’un nid de frelon repéré grâce à ce dispositif n’entraîne pas forcément une baisse significative de la pression sur le rucher. Il faut parfois détruire plusieurs nids, ce qui nécessite de répéter autant de fois que nécessaire cette procédure.

Une solution à mutualiser

En conclusion, cette méthode de repérage semble permettre de détecter efficacement les nids de frelons, même situés à plusieurs centaines de mètres d’un rucher. Il faut cependant y consacrer le temps nécessaire (plusieurs heures) et financer l’achat du matériel, qui est assez onéreux. Une mutualisation entre apiculteurs, au sein d’une association ou d’une autre structure, ou encore un achat par un désinsectiseur semblant être des solutions de financement idéales.

Le matériel de détection

Le matériel nécessaire à cette méthode de détection des nids se présente sous forme d’une mallette qui contient :

  • du matériel de capture et de manipulation des frelons ;
  • cinq puces émettrices à équiper sur les frelons ;
  • un chargeur pour recharger les émetteurs ;
  • 3 appareils à main permettant de repérer les frelons équipés d’émetteurs ;
  • Une balance pour peser les frelons capturés ;
  • Une tente en tissu pour tester le vol des frelons équipés d’émetteurs ;

Du matériel complémentaire est aussi nécessaire :

  • des marqueurs Posca pour marquer les frelons ;
  • des appâts tels que du sirop sucré ou des boîtes de thon, selon la saison.

Comptez entre 3 000 et 4 000 € pour cette mallette, qui est vendue par une société basée au Pays-Bas.

Rédaction Réussir

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