Dans le cadre de la directive sol votée fin 2025, le projet SoilHarmony se donne quatre ans pour harmoniser les données des Etats membres de l’UE. L’objectif : concevoir une base données pour comparer l’état des sols à l’échelle européenne.
Chaque état membre a développé son système de surveillance des sols
L’un des objectifs de ce texte adopté l’an dernier est de constituer des méthodes de référence pour comparer l’état des sols européens et servir de base pour les politiques climatiques, environnementales et agricoles. Mais « la réalité sur le terrain est beaucoup plus complexe », pointe l’Inrae. Chaque État membre a développé, au fil des années, son propre système de surveillance avec des différences significatives en termes d’échantillonnage, de protocoles de terrain, de modèles de données et de méthodes de laboratoire. Ainsi, les données pédologiques à travers l’Europe ne sont « ni comparables, ni interopérables ».
En France, par exemple, le suivi de l’état des sols est assuré par le Réseau national de mesures de la qualité des sols depuis 2000. Coordonné par Inrae et financé par le Groupement d’intérêt scientifique Sol, il repose sur l’observation tous les 10 à 12 ans de près de 2 200 sites sur le territoire.
Un projet qui se base sur 4 000 nouveaux échantillons
Dans ce contexte, impossible de répondre à l’objectif de la loi SML. Le projet SoilHarmony, réunissant 21 États membres sur quatre ans, vise à harmoniser les mesures et les données relatives à la surveillance des sols à l’échelle de l’Union européenne.
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Pour ce faire, les chercheurs entendent « développer et valider des clés de conversion qui permettent aux systèmes nationaux de surveillance de poursuivre leurs activités […] tout en fournissant des données harmonisées à l’UE », explique l’Inrae, coordinateur du projet en France. Le projet essaiera de valider ces fonctions de conversion sur au moins 4 000 nouveaux échantillons de sol de plus de 21 pays membres. Ce qui correspond à une couverture de « 80 % de la superficie terrestre de l’UE », se félicite l’institut français.
Développer une base de données accessible au plus grand nombre
En plus de s’appuyer sur les systèmes de surveillance nationaux existants, les acteurs de SoilHarmony utiliseront le programme Lucas Soil de l’Union, programme qui documente l’évolution de l’occupation et de l’utilisation des sols dans l’UE.
L’objectif final est de développer une boîte à outils statistique (base de données et catalogue de métadonnées) et une application web à destination du plus grand nombre dont les chercheurs, les conseillers et les agriculteurs, selon les principes FAIR (les données doivent être faciles à trouver, accessibles, interopérables et réutilisables).
Les résultats seront conservés, au-delà de la fin du projet, en collaboration avec l’Observatoire européen des sols du Centre commun de recherche (JRC), avec comme enjeu d’améliorer l’état des sols. Aujourd’hui, au moins 60 % des sols sont dégradés en Europe, selon l’Observatoire européen des sols (EUSO) en 2023.