Des choix atypiques pour la traite

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La salle de traite 2 x 44 postes simple équipement de Garret Farm (450 vaches) est implantée au centre du parcellaire et à 800 m de la stabulation des vaches. La traite est assurée par deux personnes (200 vaches à l'heure). Les mamelles ne sont lavées que lorsqu'elles sont sales. Les premiers jets ne sont pas tirés. L'éleveur a investi 330 000 livres (environ 380 000 euros) dans le bloc traite en 2004. Crédits : © F. Mechekour
Photo 4 Sur la ferme gérée par Rob Richmond, le salarié trait seul ou avec une autre personne deux fois par jour. La salle de traite 2 x 20 simple équipement permet de traire 130 vaches à l'heure (300 vaches à 5000 l de lait - décrochage automatique ). Le nombre de mammites plafonne à deux ou trois par an. L'éleveur est engagé dans une filière zéro antibiotique. Il a investi 350 000 euros dans le bloc traite en 2016. " Compte tenu de notre surface et de la pousse de l'herbe, nous sommes arrivés à l'équilibre avec 300 vaches. Si la taille du troupeau augmentait significativement, je passerai à la monotraite", explique Rob Richmond. Crédits : © F. Mechekour
MAT BOLEY Crédits : © F. Mechekour
Photo 3 Sur la ferme de Bisterne Estate, la traite est assurée par deux trayeurs. Le roto de 50 places a été acheté en Nouvelle-Zélande en 2001. « C’était parmi les premiers rotos installés en Angleterre », se remémore Hallan Smith, le propriétaire. « Il permet de traire 500 vaches en deux heures », assure t’il. Cette cadence de traite est permise par une préparation des vaches réduite au lavage des trayons lorsqu’ils sont sales et l’absence de trempage en fin de traite. L'installation de robots de traite est envisagée. Les difficultés pour trouver et garder des salariés sont à l'origine de ce projet. Crédits : © F. Mechekour
Photo 2 A Garrett Farm, l'aire d'attente (50 m de long x 20 m de large) de la salle de traite a été prolongée. L'extension permet d'accueillir la totalité du troupeau à partir du printemps (330 vêlages de printemps et 120 vêlages d'automne) et de distribuer de l'ensilage d'herbe lorsque la pousse de l'herbe est insuffisante.

Pour optimiser la gestion du pâturage, Derek Garret a fait le choix d'implanter sa salle de traite au centre de son parcellaire et donc à environ 800 mètres de la stabulation des vaches. Il a, par conséquent, investi lourdement sur la qualité des chemins d'accès quitte à faire l'impasse sur des investissements qu'il juge moins prioritaires comme le décrochage automatique dans sa salle de traite. Avec des grands troupeaux, l’absence de décrochage est de prime abord surprenant. Trois des quatre élevages visités ont pourtant fait ce choix. L'aspect économique a bien sûr pesé dans leur décision. Par ailleurs, les propriétaires ou gérants emploient souvent des salariés pour traire. Quoi qu'il en soit, l'absence de décrochage automatique ne s'accompagne pas de dérapages en termes de mammites et de comptages cellulaires (entre 150 000 à 200 000 cellules/ml ). Pour éviter la surtraite en fin de lactation, Mat Boley baisse progressivement le nombre de vaches traites à chaque tournée. « Plutôt que de brancher systématiquement 26 vaches, on diminue progressivement à 20 voire 15 vaches .» Le passage à la monotraite implique cependant de traire plus de vaches pour un même volume de lait produit et peut par conséquent poser des problèmes en termes de gestion des effluents. "La monotraite nécessite un système d’alimentation très économe recourant à l’herbe pâturée car l’animal produit moins de lait", rappelle Thierry Métivier de la chambre d'agriculture du Calvados.

Par ailleurs, deux des quatre salles de traite ne sont abritées que par un toit, un peu à la façon californienne. Zéro mur donc. L'absence de traite en décembre et  janvier est certes un atout.  « Nous n'avons pas froid grâce au nombre de vaches présentes dans la salle de traite », souligne Mat Boley. Traire dans ces conditions en octobre, novembre et février ne doit pas toujours être agréable pour le trayeur. Les conditions de traite sont d'autant plus importantes à prendre en compte que dans ces systèmes avec de grands troupeaux, le temps alloué à la traite et aux soins des animaux représente la majeure partie du temps de travail.

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​Pourquoi ils ont choisi la monotraite

Mat Boley : « C’est très bien pour diminuer la charge de travail sans perdre en performance économique. Les vaches vêlent en février-mars et nous arrêtons de traire en décembre et janvier. On trait seul 350 vaches (3000 l à 50 de TB et 40 de TA) en trois heures dans une 2 x 26 simple équipement. Il faut ajouter environ une demi-heure pour aller chercher les vaches et trois quarts d’heure pour nettoyer la salle de traite. Celui qui trait commence vers 6 h et termine à 10 h 30-11 h. La monotraite améliore l’expression des chaleurs et la réussite de la reproduction. C'est primordial dans un système où 80 % des vêlages se font sur 21 jours. En revanche, les vaches produisent moins de lait. »

Derek Garrett : « Nous faisons de la monotraite depuis trois ans pour les vaches qui vêlent au printemps (330 vêlages) et deux traites quotidiennes pour les vaches qui vêlent en automne (120). Ces dernières passent en monotraite dès les premiers vêlages de printemps. Les vaches sont moins sollicitées. Il y a moins de mammites et de boiteries. C’est important dans un système où les vaches parcourent de grandes distances pour aller pâturer. Et c’est également mieux pour la fertilité. Au début, la production laitière a baissé de 35 %. l'année suivante nous avons récupéré 15 points de rendement et cette année cela devrait encore s'améliorer de 10 points. Côté cellules, cela ne pose pas de problèmes. La moyenne de nos comptages est de 190 000 c/ml.  »

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