Covid-19: Comment moduler la production laitière de votre élevage par l’alimentation

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1- Une affaire de rapport énergie-azote

L’optimum pour produire du lait et du TP est un rapport PDI/UFL autour de 100g. Quel que soit le niveau de production, il faut maintenir un équilibre énergie-azote entre 95 et 105 g PDI/UFL. « Au-delà on ne gagne pas grand-chose, en dessous on baisse vite », rappelle Benoît Rouillé, d’idele.

2 - En système pâturant : réduire l’apport de maïs

La période est propice pour réduire l’apport de maïs à l’auge, et ainsi réduire le coût de production. « Vous pouvez le réduire plus fortement  que d’habitude ». C’est d’autant plus vrai si les stocks sont limités. En pratique, il s’agit d’atteindre le plus vite possible 50% d’herbe dans la ration, ce que l’on obtient en général dès que les vaches disposent de 20 ares d’herbe/vache, à condition que la pousse de l’herbe soit suffisante (40kgMS/ha/jour).

La baisse de maïs doit être accompagnée d’une réduction importante du correcteur azoté : au-dessus de 12 kg MS/VL/jour de maïs, Benoît Rouillé préconise 175 g de tourteau de soja par kg MS maïs (ou 265 g de tourteau de colza), entre 8 et 12 kg MS/vache/jour de maïs, 100g de soja par kg MS maïs (ou 150 g de colza). En dessous de 8 kg MS de maïs, on peut arrêter le correcteur azoté.

3- Adapter la stratégie de pâturage à l’objectif

Avec un objectif de limitation de production de lait : favorisez une stratégie de pâturage sévère en réduisant la hauteur de sortie des parcelles à 4-5 cm. Le risque, sans retour des pluies est de manquer d’herbe au tour prochain ou d’avoir un redémarrage plus lent.

Sans objectif de limitation de la production : augmentez la surface offerte au pâturage et sortez des parcelles à 6 cm et pas moins. Tournez plus vite sur les parcelles et complétez au besoin avec un fourrage conservé. 

4- Concentré de production : réactif mais peu efficace

« Au-delà d’une ration de base équilibrée entre 95 et 105 gPDI/UFL, on n’obtient jamais plus d’1 kg de lait par kg de concentré de production supplémentaire », affirme Benoît Rouillé. Ceci s’explique:

1) par la substitution fourrage/ concentré qui se traduit par une baisse de l’ingestion fourragère (-0,3 UFL quand on distribue 1 UFL de concentré).

2) par des interactions digestives (-0,1 UFL)

3) par une consommation d’énergie vers le poids et l’état corporel.

Au final, sur 1 UFL, il ne reste pour le lait et le TP que 0,4 UFL. Ces données sont confortées par quatre essais menés sur la ferme expérimentale de Trévarez avec une ration de base à 100 gPDI/UFL : ont été obtenus au maximum 0,8 kg lait /kg de concentré (et en moyenne 0,5 kg de lait). Ceci est vrai, d'après un autre essai mené à Trévarez,  quel que soit le stade de lactation.

A retenir:

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° Plus on part d’une ration initiale avec une stratégie économe en concentré, plus la réponse au retrait de concentré sera marquée. Ceci qu’il s’agisse d’une ration à base de maïs , mixte, ou à base de foin.

° L’efficacité du concentré au pâturage est la même quel que soit le niveau de production et le niveau de concentré apporté (essai Inra)

5 - Baisse du correcteur azoté : à utiliser avec parcimonie

Diminuer le correcteur azoté a un impact rapide sur la production de lait. Ce levier est utilisable sur les rations 100% auge ou avec une faible part de pâturage. L’impacvt est marqué car on baisse rapidement le rapport PDI/UFL. Supprimer 2 kg de soja  entraine une baisse de 20 g PDI/UFL  et  de 5kg de lait/vache/jour : à éviter car compromet par la suite la reprise de production. La remontée ets beaucoup plus lente que la baisse car on baisse aussi l’ingestion (de 2,2 kg). En supprimant 1 kg de correcteur azoté, la production diminue de 1,7 kg/vache/jour.

Points de vigilance

° Attention aux effets à long terme sur les VHP : on baisse vite mais on remonte lentement sans revenir au niveau initial.

° Eviter les changements alimentaires trop brusques : intégrez des transitions (1kg de concentré tous les 3 jours, minimum 7-10 jours de transition pour les fourrages)

 

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