Adel Bakache, conseiller agroéquipement à la chambre d’agriculture de la Gironde, a testé différents réglages pour traiter la vigne à l’aide de drones. Voici ses préconisations.
En début de saison, la qualité de traitement au drone est similaire, voire supérieure à la qualité de traitement obtenue avec un pulvérisateurterrestre. Et cela sera d’autant plus vrai que les réglages seront optimisés. Plus la végétation sera développée, moins l’impact des réglages importera.
Chaque drone porteur possède ses propres caractéristiques : 4 ou 8 moteurs, rotor simple ou double, pompes avec un débit maximal plus ou moins important, etc. Pour autant, des tendances générales de réglage se dégagent, la dynamique des hélices conditionnant le brassage des feuilles et donc le dépôt sur les faces inférieures. Cinq paramètres, classés ici par ordre décroissant d’importance, sont à affiner.
1 La vitesse d’avancement
La vitesse d’avancement est le critère numéro un conditionnant la réussite d’un traitement par drone. « L’augmentation de la vitesse améliore la qualité de pulvérisation, tout comme le débit de chantier », confirme Adel Bakache, conseiller agroéquipement à la chambre d’agriculture de la Gironde, qui a testé différents réglages cette saison. Pour autant, il faut que la vitesse soit tenable par le drone, la limite étant la capacité des pompes. « En viticulture, on travaille entre 100 et 200 litres par hectare, il faut que les pompes suivent au niveau débit », rappelle le conseiller. Le T40 de DJI débite au maximum 18 litres à la minute par exemple. En début de saison, il est possible de voler à 15 km/h, avec « un super résultat », rapporte-t-il.
La hausse de la taille des gouttes amène une amélioration de la qualité de pulvérisation. « On n’a aucun intérêt à être autour de 100 microns, indique Adel Bakache. On obtient un bon résultat vers 300 à 400 microns. » Il faut par ailleurs savoir qu’avec un réglage à 400 microns sur le T50, les contrôles ont montré qu’on se situait plutôt sur du 300 et quelques microns. Les gouttes plus petites sont plus sensibles à la dérive et restent en suspension dans l’air.
Par ailleurs, Adel Bakache souligne que les gicleurs rotatifs à 400 microns ne se bouchent pas, contrairement aux buses antidérive.
3 La hauteur de vol
La hauteur idoine varie selon le type de drone. « Le mieux est de réaliser des observations visuelles à 2,50 ou 3 mètres, recommande Adel Bakache. On regarde comment l’appareil brasse la végétation en statique puis en dynamique. » Le DJI est efficace à partir de 2 mètres au-dessus de la canopée. De manière générale, le mieux est de tabler sur une hauteur de 2 à 4 mètres.
4 Le sens de passage
Suivre le sens des rangs, voler perpendiculairement aux rangs, ou alterner parallèle et perpendiculaire, telle est la question. À laquelle il n’y a pas de réponse toute faite. « Le sens de passage est très végétation dépendant », assène le conseiller. Ainsi, en début de cycle, mieux vaut privilégier un passage perpendiculaire. Ensuite, en pleine saison, ce paramètre n’a plus d’importance et tous les sens se valent.
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