Au lendemain de l’annonce de la nomination de Sébastien Lecornu pour succéder à François Bayrou, les trois principaux syndicats agricoles expriment très différemment leurs revendications auprès des pouvoirs publics en ce 10 septembre 2025.
Après le rejet du vote de confiance, la démission de François Bayrou et la nomination du quatrième Premier ministre depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, comment réagissent les syndicats agricoles au nouveau moment d’instabilité politique en France ?
La FNSEA prend acte et demande des « réponses rapides et concrètes »
A l’annonce de nomination de Sébastien Lecornu à la tête du gouvernement, la FNSEA a réagi dans un communiqué en déclarant : « face à des attaques multiples – économiques, réglementaires, environnementales et concurrentielles- qui fragilisent les exploitations et mettent en péril notre souveraineté alimentaire et à l’heure de rendez-vous majeurs au niveau européen notamment avec la PAC et le Mercosur, nous attendons du nouveau Premier ministre et de son gouvernement des réponses rapides et concrètes ».
Placer l’agriculture au rang de priorité nationale de l’action de son gouvernement
Le syndicat agricole présidé par Arnaud Rousseau appelle le nouveau Premier ministre à « placer l’agriculture au rang de priorité nationale de l’action de son gouvernement ».
Jeunes agriculteurs invite Sébastien Lecornu à Terres de Jim
Pierrick Horel, président des Jeunes agriculteurs, a pour sa part félicité Sébastien Lecornu pour sa nomination comme Premier ministre et l’a invité ce week-end à participer sur « ses terres normandes » aux Terres de Jim, 11e rendez-vous des Jeunes agriculteurs qui se tient au Vieux-Manoir (76) les 12, 13 et 14 septembre prochain.
Félicitations à @SebLecornu pour sa nomination comme Premier ministre. @JeunesAgri l’attend ce week-end sur ses terres normandes pour les Terres de Jim afin d’aller à la rencontre des jeunes agriculteurs et leur donner une vision d’avenir pour l’#agriculture française pic.twitter.com/dflDmxXgvz
« François Bayrou n’a pas tenu ses engagements » selon la Coordination rurale
Estimant que François Bayrou n’a pas tenu ses engagements en « refusant de publier les décrets d’application de la loi Duplomb», la Coordination rurale appelait de son côté Emmanuel Macron à « assumer ses responsabilités et à nommer rapidement un gouvernement fiable et politiquement solide, capable de porter les dossiers majeurs impactant le secteur agricole français et l’intérêt général » dans un communiqué publié le 9 septembre.
Garantir la continuité de l’Etat face aux crises agricoles en cours et à venir
N'ayant pour l’heure pas réagi à la nomination de Sébastien Lecornu qui doit former son gouvernement (la Coordination rurale ne communiquera qu’après sa formation, nous confie Véronique Le Floc’h, sa présidente), le syndicat agricole attend toutefois « des actes concrets de l’ensemble des groupes parlementaires pour garantir la continuité de l’Etat face aux crises agricoles en cours et à venir ». Ses attentes se focalisent sur trois dossiers « prioritaires », selon elle :
L’ « octroi d’indemnisations rétroactives » pour les éleveurs impactés par la DNC
Un engagement ferme contre la mise en œuvre de l’accord Mercosur
La garantie d’une stabilité durable du budget agricole
La Confédération paysanne pleinement mobilisée dans « Bloquons tout »
Comme annoncé depuis plusieurs jours, la Confédération paysanne est pleinement mobilisée ce mercredi 10 septembre dans le mouvement « Bloquons tout » et n’a pas encore réagi officiellement au départ de François Bayrou et à l’arrivée de Sébastien Lecornu.
La Confédération paysanne est notamment à l'initiative du blocage de l'A20 depuis ce matin en Haute-Vienne et participe dans de très nombreux départements, parfois en intersyndicale, « aux rassemblements, manifestations, blocages de rond-point, barrage filtrats, blocage de zone commerciale, ravitaillement de grévistes avec des cantines solidaires... » souligne le syndicat à Reussir.fr.
On ne va pas pleurer sur ce gouvernement libéral
« La rentrée sociale, on l’espère, sera explosive. On s’est réunis cet été avec comité national et porte-paroles départements pour sonder si on appelle à mobilisation au 10 sept. La réponse est oui : il y a une grande volonté de se mobiliser. Le fait que Bayrou fasse un vote de confiance le 8 ne change rien, on ne va pas pleurer sur ce gouvernement libéral », confiait Thomas Gibert, coporte-parole de la Confédération paysanne le 3 septembre lors de la conférence de presse de rentrée du syndicat.
On attend toujours des réponses concrètes aux colères agricoles : on veut vivre dignement de notre métier
« On voit bien que toutes les politiques ne répondent qu’aux exigences d’une poignée d’agriculteurs. Nous on attend toujours des réponses concrètes aux colères agricoles : on veut vivre dignement de notre métier. On va participer avec l’ensemble des colères qui s’agrègent autour du 10 septembre » poursuivait-il.
Seule la Confédération paysanne s’est mobilisée ce 10 septembre
A noter que la Confédération paysanne était le seul syndicat agricole à avoir appelé à se mobiliser ce 10 septembre.
Refusant « la politisation des revendications du syndicat », Arnaud Rousseau avait exclu le 2 septembre de rejoindre le mouvement « Bloquons tout », préférant annoncer des actions « à la fin de de l’automne », une fois les travaux agricoles achevés.
Partenaire du mouvement citoyen des Gueux, initié par l’écrivain Alexandre Jardin, la Coordination rurale avait pour sa part déclaré dès le 28 août ne pas participer à ce mouvement du 10 septembre mais prévoir « aux côtés des Gueux » plusieurs actions communes lors « de rendez-vous agricoles d’envergure ».
🔴 ”Dès la fin du COVID, la répercussion sur nos factures d’éléctricité était de plus 50% en moyenne. Une charge qu’on ne peut supporter, et qui se traduit par une augmentation de nos coûts de production.” - Véronique Le Floc’h, présidente de la #CoordinationRurale Sans maîtrise… pic.twitter.com/kOoShymlHV