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Auteur Antoine Tricot : un Cantalien dans les docks

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Antoine Tricot, journaliste et auteur originaire du Cantal, revendique un regard façonné par ses racines rurales pour raconter le monde ouvrier des docks de Dunkerque, ou celui des cités de la Seine-Saint-Denis. Crédits : © R. Saint-André

À Montsalvy, Antoine Tricot montre comment ses origines cantaliennes façonnent son écriture  du monde ouvrier. Une rencontre à laquelle il a tenu à associer Peuple et culture.  

Le Cantal comme boussole du travail d’Antoine Tricot

Fin février, après des libraires d’Aurillac et de Saint-Flour, la médiathèque de Montsalvy a accueilli à son tour le journaliste et auteur cantalien Antoine Tricot, en partenariat avec Peuple et Culture Cantal. Une soirée qui a démontré, par la parole et par les faits, que “le Cantal n’est pas si éloigné du monde ouvrier qu’on aurait pu le croire”.

“Le Cantal n’est pas si éloigné du monde ouvrier qu’on aurait pu le croire.”
— Antoine Tricot

Né dans le Cantal, “un des départements les plus ruraux de France”, comme il aime à le rappeler, Antoine Tricot y a grandi jusqu’au baccalauréat avant de partir explorer d’autres territoires (après Paris, il est désormais installé à Bruxelles).

En 2022, le journaliste cantalien avait déjà (re)posé ses valises dans le département, le temps d’une résidence coorganisée par la communauté de communes de la Châtaigneraie cantalienne et Peuple et Culture, qui l’avait déjà amené à Montsalvy, plus précisément au collège. Pour son retour, l’auteur présente deux livres et un podcast.


Un regard cantalien sur le monde ouvrier et l’industrie

Le premier ouvrage, “Travailler, travailler encore”, consacré aux dockers de Dunkerque, est paru en septembre 2025 aux éditions Créaphis. Hasard du calendrier de deux maisons d’édition différentes, le second, “9-3 une histoire plurielle de la Seine-Saint-Denis”, est sorti quasi-simultanément, le 17 octobre 2025, aux éditions Éditions du Seuil.

En apparence, rien dans ces thématiques ne semble concerner le Cantal. Et pourtant, Antoine Tricot revendique précisément ses origines montagnardes comme la boussole de son travail de journaliste. C’est depuis ce regard — celui d’un enfant du Massif central confronté sur le tard à l’univers de l’industrie et de la grande ville — qu’il aborde la condition ouvrière.

“Je vais toujours regarder le fait urbain avec cette nouveauté que ça représente pour moi.”

Le paradoxe apparent se dissout rapidement. Le Cantal n’est pas aussi étranger au monde ouvrier qu’il y paraît. Lors de sa résidence de 2022, l’auteur cantalien avait travaillé sur l’histoire minière locale de Leucamp, suivie d’une déprise ouvrière qui fait directement écho aux questions de désindustrialisation qu’il traite dans ses livres.

Plus frappant encore : des habitants du Sud du Massif central (Cantal, Aveyron, Lozère…) ont massivement migré vers les grandes zones d’industrie françaises au cours du XXe siècle. Une amicale regroupant des personnes originaires de la région a même été créée à Aulnay-sous-Bois en 1946.

Quand Antoine Tricot raconte la Seine-Saint-Denis ou les dockers du Nord, il raconte donc aussi, en creux, une partie de l’histoire du Cantal.

Livres d'Antoine Tricot

Après la désindustrialisation, la coopération comme horizon

Inévitable question : après la désindustrialisation, que reste-t-il ? Là encore, quelque chose que le monde agricole connaît bien : la coopération.

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La grande grève de 1992 a conduit à une réforme du statut des dockers : la moitié des 8 000 dockers français se sont alors retrouvés sans emploi. Mais le groupe d’anciens dockers qu’Antoine Tricot, auteur et journaliste, a suivi ne s’est pas arrêté là : ils ont fondé une coopérative autour du bois — bois de chauffage, paysage, taille d’arbres — en y expérimentant égalité salariale et autogestion. Avec, il est vrai, des succès relatifs.

Mais cette résilience collective, loin d’être anecdotique, dit quelque chose d’universel sur la capacité des territoires — y compris le Cantal — à se réinventer face aux mutations de l’industrie.


Un projet 100 % Cantal en gestation

Pourquoi ne pas s’intéresser directement au Cantal ? Antoine Tricot a déjà réalisé pour France Culture une contribution sur la médecine rurale dans le département, dans le cadre de l’émission LSD (La série documentaire).

Un nouveau projet centré sur son territoire d’origine est en gestation.

“Les projets mûrissent, et il y a un moment où moi je serai suffisamment mûr pour parler directement du Cantal.”
— Antoine Tricot

Le département reste, pour l’auteur cantalien, un sujet à la fois intime et exigeant, peut-être le plus difficile à traiter précisément parce qu’il en est originaire.

À Montsalvy, la soirée s’est poursuivie avec l’écoute des deux premiers épisodes du documentaire consacré aux dockers — soit une quarantaine de minutes — suivie d’une discussion nourrie avec le public.

“Travailler, travailler encore - Dockers en lutte à Dunkerque”, Créaphis (15 €) ; “9-3 une histoire plurielle de la Seine-Saint-Denis”, éditions du Seuil (19 €). Les deux derniers livres d’Antoine Tricot sont disponibles dans les bonnes librairies du département et sur Internet. Complémentaires, ses podcasts “Une bataille, mais pas la guerre” ou “Penser le 9-3” sont en accès libre sur les plateformes (Spotify, Amazon...).  Voir l’ensemble de ses réalisations sur son site : antoinetricot.com 

 

“9-3” : Onze promenades pour comprendre
L’autre livre d’Antoine Tricot, “9-3, une histoire plurielle de la Seine-Saint-Denis” est un arpentage documentaire. Vingt ans après les flammes de 2005, l’auteur revient poser le pied là où tout a commencé : Clichy-sous-Bois. Un département, à la fois le plus cité et le plus fantasmé, n’a jamais cessé de résonner. Tricot ne commente pas,  il marche. Onze promenades lentes, presque silencieuses, qui traversent cités, friches industrielles, squares oubliés... Il écoute les habitants raconter leur quotidien, recueille des analyses, glisse ses propres notes de terrain. Pas de grands discours, juste la matière brute du territoire : le béton, les bus qui n’arrivent pas, les luttes pour un toit, pour une école, pour un air respirable. Loin des reportages à sensation, le livre devient cartographie sensible d’un cœur battant, parfois irrégulier. “Penser le 9-3” est le podcast qui lui fait écho.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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