Les industriels européens, réunis dans la FEFAC, ont constaté avec satisfaction une hausse des fabrications de 3,4% des tonnages. Les éleveurs ont préféré vendre leurs céréales et acheter de l'aliment.
L’industrie de l’alimentation animale européenne en soupire d’aise : l’an passé, elle a enregistré une croissance de plus de 3 %, frôlant désormais les 150 millions de tonnes. Il s’agit de la plus forte croissance enregistrée depuis 20 ans. La hausse du prix des matières premières explique pour l’essentiel cette hausse : les éleveurs produisant des céréales ont préféré les commercialiser et acheter de l’aliment. Autre facteur de croissance, l’augmentation des quotas laitiers fin 2007 a incité les éleveurs à utiliser tous les leviers à leur disposition pour produire plus, dont l’alimentation industrielle. Enfin, la recapitalisation des troupeaux à l’Est, en Pologne notamment, relance (un peu) la production. La France garde la tête avec 22,3 Mt (+3,3%), suivie de l’Allemagne (21,3 Mt à + 5 %) et de l’Espagne (20,3 Mt à +5,6 %). Les plus gros pays producteurs restent dans leurs places. La Lituanie enregistre la plus forte croissance (+46% à… 520 000 t) et l’Irlande la plus forte baisse (-9,5 % à 3,6 Mt).
Le porc reste le plus gros consommateur d’aliments industriels avec +3,6 % à près de 52 Mt, mais avec de fortes variations : +0,3 % pour l’Espagne, +23 % en Pologne mais - 11 % pour la Hongrie. L’Espagne reste en tête (9 Mt), l’Allemagne la talonne (8,8 Mt avec + 8,3 %), la France garde la troisième place (6,4 Mt, +1,8 %).
La hausse ne durera pas
Mais la hausse ne durera pas : les éleveurs souffrent de la stagnation de leurs prix de vente. Même si un contexte de matières premières haussier bénéficie traditionnellement aux aliments industriels face à la fabrication à la ferme, un certain nombre d’élevages pourrait fermer en 2008.
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La volaille arrive en seconde position dans les volumes européens (47,8 Mt, +2,6 %). La France affiche toujours une position dominante (8,8 Mt, +3,4 %), le Royaume-Uni arrivant second (6,1 Mt) suivi de l’Allemagne (5,3 Mt), de l’Italie (5,2 Mt) puis de l’Espagne (4,4 Mt). La Pologne tient sa sixième position (3,9 Mt avec +2,5 %) même si les Pays-Bas rêvent de la lui reprendre (3,7 Mt avec +5,7 %). L’Europe s’est donc remise de l’influenza aviaire, revenant quasiment à son niveau de 2005. Une légère hausse se profile encore pour 2008.
Les aliments pour bovins enregistrent la plus forte progression (+5,3% à 39 Mt). L’Allemagne y conserve sa première place (6,3 Mt, +5,9 %), suivie de l’Espagne (5,2 Mt, +28 %) en développement fulgurant qui lui permet de coiffer la France (5,1 Mt, +6,7 %), le Royaume-Uni (4,9 Mt, +3 %) et l’Italie (4,1 Mt, +0,5 %). L’Irlande (-11 %) paye lourdement l’interdiction européenne des corn gluten feed américains, contenant des événements OGM non encore autorisés dans l’UE pour lesquels elle n’admet aucune tolérance. La hausse des quotas laitiers européens devrait maintenir une tendance légère à la hausse en 2008.
OGM, l’épine à trois têtes
Les OGM continueront à occuper les équipes de la Fefac cette année avec les trois volets des tolérances, des autorisations asynchrones et de l’étiquetage (ou non) des viandes. La France est moteur sur la notion des contaminations fortuites car l’évolution des méthodes de dosage par l’administration des fraudes a conduit l’an passé à plusieurs courriers de notification de non conformité voire, dans au moins un cas, à une procédure judiciaire. Il s’agissait de présence fortuite de soja OGM dans un aliment formulé sans cette matière première pour assurer un aliment totalement non OGM. Le comité scientifique pourrait, lors de sa réunion du 16 juin, clarifier la position européenne en matière de tolérance. Le second sujet, des autorisations asynchrones, concerne surtout les pays forts consommateurs de gluten feed américains (Irlande, Pays-Bas, Portugal) qui se trouvent dans l’incapacité d’importer ces matières premières, en raison de leur contamination en événements non autorisés.
Enfin, la question de l’étiquetage des viandes
« issues d’animaux n’ayant pas consommé d’OGM » fait surtout débat en Allemagne. Dans un contexte de manque de protéines, la réintroduction des farines animales comme source de protéines et de phosphore (également très cher), se heurte toujours à l’incapacité de déterminer une tolérance. Enfin, la Fefac est particulière satisfaite de la nouvelle proposition de règlement concernant la commercialisation des aliments pour animaux, qui insiste notamment sur les codes de bonnes pratiques. Quant à l’étiquetage, l’obligation d’indiquer le pourcentage de chaque matière première devrait être annulée, car elle n’apporte aucune garantie supplémentaire en matière de sécurité sanitaire, l’alimentation animale se rapprochant ainsi de l’alimentation humaine.