AG Perlim Noix française : résister pour rester dans la course

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Réunie en Assemblée Générale fin août 2026, la coopérative Perlim Noix, soutenue par l’Association Nationale des Noix de France, a dressé un bilan sans concession de la filière.

 

La filière noix française traverse une période charnière, marquée par des défis climatiques sans précédent, une concurrence internationale de plus en plus agressive et des coûts de production en forte hausse. Pourtant, malgré ces défis, les acteurs de la coopérative Perlim, forte de 450 adhérents pour 2 978 hectares, et de l’Association Nationale Noix de France, qui représente 67 % du volume national, affichent une détermination sans faille pour préserver leur place sur le marché.

Récolte 2025 : une production atypique

La récolte 2025 a été atypique à plus d’un titre. Après une année 2024 historiquement faible avec seulement 1 115 tonnes, la production a rebondi à 2 810 tonnes, un volume moyen. Le défi majeur ? Le calibre. Avec seulement 21 % de noix de plus de 32 mm pour la Franquette (contre 59 % en 2024), la récolte a été dominée par des petits calibres, avec 40 % des noix en dessous de 30 mm, une première dans l’histoire de la coopérative.
Pourtant, la qualité était au rendez-vous : taux de déchets inférieur à 3 % (contre 6 % en 2024), une coquille claire à 59 %, et un cerneau d’une blancheur exceptionnelle, comme en témoignent les techniciens : « On a rarement vu aussi blanc. »

A lire aussi : Résilience : La filière noix du Sud-Ouest veut se réinventer face aux défis climatiques

Adaptation commerciale : une stratégie hybride

Sur le plan commercial, la filière a dû innover pour s’adapter. Avec 45 % de noix en calibre 28-30 (contre 7 % habituellement), Perlim a mis en place une stratégie hybride : développement de petits conditionnements (500 g, 650 g, 1 kg) pour la grande distribution française et italienne, vente en vrac, en coque ou semi-transformée(cerneaux), et anticipation des tendances vers le prêt-à-manger (poudre de noix, noix décortiquées).
 

Il a fallu surtout convaincre très vite les clients de descendre d’un calibre. Un vrai défi », explique Florian Prévot, directeur de Perlim.

Résultat : 50 % des ventes réalisées en France (contre 35 % en 2024).

Concurrence internationale : un défi majeur

La concurrence internationale se fait de plus en plus pressante. Avec moins de 2 % de la production mondiale, la France pèse peu face à des géants comme la Chine, le Chili ou les États-Unis. Plus préoccupant encore, la suppression des droits de douane sur les noix américaines depuis le 1er juillet 2026, conjuguée à l’arrivée massive de noix espagnoles et portugaises, accentue la pression sur les producteurs français et menace directement leur compétitivité.
 

On ne peut pas rivaliser sur les coûts, mais on a des atouts : qualité, traçabilité et un savoir-faire unique », rappelle Joël Parrou, nouveau président de Perlim.

L’Espagne et le Portugal, qui disposent de vergers largement irrigués et modernisés, renforcent leur présence sur le marché européen et accentuent la pression sur les prix. Chez Perlim, à l’inverse, moins de 20 % des vergers sont irrigués.

Qualité et innovation pour se démarquer sur le marché

Pour se différencier, la filière mise sur la qualité et la traçabilité. Les clients imposent désormais des plateformes qualité en ligne, où chaque fournisseur doit renseigner ses processus, analyses et certifications.
« Sans 100 % de sections remplies, impossible pour le client de passer commande », souligne Virginie Virevialle, responsable commerciale.

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Les certifications (Global Gap, IFS, HVE) et l’innovation – recherche de nouvelles variétés adaptées au changement climatique (Station expérimentale de Creysse), valorisation des coproduits (coques, poudre de noix) – sont au cœur de la stratégie.

Entre discours et réalité, la filière interpelle l’État

La souveraineté alimentaire est aussi un enjeu politique. La filière alerte sur les contradictions des politiques publiques : entre sécheresses et inondations, interdictions d’arroser et besoin de souveraineté alimentaire, les producteurs se sentent abandonnés.
 

La souveraineté alimentaire, ça se construit avec des actes, pas des discours », martèle Michel Queille de la Chambre d’agriculture.
« La suppression des droits de douane pour les noix américaines est vécue comme une catastrophe, alors que les producteurs français peinent déjà à rivaliser avec des coûts de production bien inférieurs à l’étranger. »

Solutions et collaborations émergentes

Pourtant, des solutions émergent. Les Chambres d’agriculture de la Corrèze et du Lot ont investi 20 000 € dans la station de Creysse pour soutenir la recherche de solutions variétales et sanitaires pour la filière. La collaborationentre coopératives et négociants du Sud-Est et du Sud-Ouest via l’Association Nationale Noix de France est renforcée, et des aides à l’irrigation et au renouvellement des vergers sont réclamées.
 

Il faut des moyens pour moderniser nos outils et former les producteurs », insiste Doriane Atchadé, de l’Association nationale des Noix de France.

Perspectives pour 2026 : une stratégie à long terme

Les perspectives pour 2026 restent prudentes. La récolte est attendue avec des calibres moyens à petits et des dégâtscausés par la sécheresse et le manque d’eau.
La stratégie ? Maintenir une qualité irréprochable (tri rigoureux en exploitation et en station), diversifier les débouchés (marché français, export ciblé) et renforcer la collaboration entre acteurs.
 

On a une coopérative dynamique, impliquée. Continuons sur cette voie », conclut Florian Prévot.
« La noix française a un goût, une qualité inégalée et des bienfaits santé reconnus. À nous de le faire savoir. La bataille pour la souveraineté alimentaire est lancée, et les producteurs comptent bien y jouer un rôle clé », insiste-t-il.

L’Association Nationale Noix de France  

Créée en mars 2025, l’Association Nationale Noix de France (A2NF) représente désormais 67 % du volume français de noix, soit 2 600 producteurs et 80 % des surfaces cultivées. Son objectif ? Structurer la filière, porter sa parole auprès des pouvoirs publics et des institutions, et défendre les intérêts des producteurs face aux défis économiques et climatiques. Avec des actions concrètes comme la promotion radio, des rencontres avec le ministère de l’Agriculture, ou encore le dépôt d’un dossier européen pour soutenir la commercialisation à l’export, l’A2NF s’impose comme un acteur clé pour l’avenir de la noix française.

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