Restauration collective : quelles attentes des consommateurs vis-à-vis des produits bio ?
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L’offre de produits bio n’est pas la priorité des consommateurs en restauration collective, selon les résultats d’une étude d’opinion réalisée pour le Cniel et Interfel, présentés en conférence de presse ce 15 octobre à Paris. Le bio reste toutefois demandé, mais gagnerait à être plus lisible, facile à identifier, et associé à des critères d’origine France ou de saison.
Si le bio continue d’être une attente forte en restauration collective, ce n’est pas la priorité des consommateurs, selon les résultats d’une étude d’opinion réalisée pour le Cniel (interprofession laitière) et Interfel (fruits et légumes frais), présentés en conférence de presse ce 15 octobre à Paris. L’enquête, réalisée du 28 mai au 10 juin 2026, a interrogé en ligne 610 actifs mangeant en restauration d’entreprise, et 426 parents qui ont leurs enfants mangeant à la cantine scolaire, selon un échantillon représentatif de la population française. L’étude montre que 88 % des actifs et 87 % des parents interrogés souhaitent davantage de bio dans les repas de restauration collective. Cependant, sur une proposition de neuf critères jugés prioritaires pour l’offre de restauration collective, le bio n’arrive qu’en 6ème position chez les actifs, et en 7ème position chez les parents.
Les produits bios sont jugés plus intéressants s’ils sont d’origine France (pour 94 % des actifs et 91 % des parents), ou s’ils sont de saison (pour 91 % des actifs et 92 % des parents). Et les consommateurs en restauration collective sont plus à même d’accepter un surcoût pour des produits bios s’ils sont aussi d’origine France ou locaux (58 % des actifs, 63 % des parents). Les interprofessions soulignent donc l’importance d’inscrire le bio dans une offre « cohérente et complémentaire » avec d’autres repères attendus par les consommateurs. Mais aussi de réaffirmer la « valeur propre » du bio, pour mieux expliciter ce qui le différencie des autres labels.
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L’étude montre par ailleurs que le bio souffre d’un « déficit de lisibilité » en restauration collective : seuls 57 % des actifs et 55 % des parents interrogés jugent que l’information sur la composition et la qualité des repas est suffisamment claire. 60 % des parents savent quand des produits bios sont proposés à leurs enfants. Et concernant la compréhension du label bio européen, l’« Eurofeuille », seuls 56 % des actifs et 47 % des parents disent savoir ce qu’il signifie.
Le Cniel et Interfel recommandent de rendre le bio « facile à identifier », et appellent à outiller les professionnels pour renforcer la visibilité du bio dans les menus, les recettes et dans la communication sur place. Et appellent notamment à mettre en place des animations, et d’améliorer la pédagogie sur le label européen.
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L’étude d’opinion a aussi mené 25 entretiens avec des professionnels de la restauration collective et de la GMS (chefs, responsables d’achats, décideurs). Ces derniers soulignent que le surcoût engendré par les produits bios, et la sécurisation des approvisionnements représentent des freins au développement du bio en restauration collective. Le Cniel et Interfel appellent à cibler en priorité des produits « faciles » à intégrer à la restauration collective, comme les pommes bio et les yaourts bio. Ces produits « combinent coût maitrisé, approvisionnement régulier, simplicité de gestion et visibilité auprès des convives », soutiennent les interprofessions laitière et des fruits et légumes frais.
D’après l’étude, le développement du bio en restauration collective est aussi variable selon les établissements. Dans le scolaire et l’universitaire public, les objectifs d’Egalim d’au moins 20 % de produits bio lancés en 2022 sont fortement suivis (19 % de produits bios en 2024) et le surcoût mieux pris en charge. C’est moins le cas dans le scolaire privé ou dans le secteur hospitalier, où les contraintes financières sont plus importantes, et où le développement du bio est moins important. Le secteur social et médico-social, qui représente la moitié des achats de la restauration collective, voit aussi le développement du bio limité par des contraintes de budget.
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