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Alpages héliportés pour évaluer leur résistance au réchauffement climatique

Une unité de recherche mixte étudie l’impact du réchauffement climatique sur les prairies dans les Hautes Alpes en transportant des parcelles vers des dénivelés inférieurs. Les premiers résultats montrent l’effet important d’une hausse brutale de 3°C.

Jardin du Lautaret
En 2016, l’équipe de chercheurs a ainsi transporté par hélicoptère 40 mètres carrés de prairie de 2450 à 1950 m d’altitude, entre le col du Galibier et Monêtier-les-Bains.
© Jardin du Lautaret

L’image est peu ordinaire. Mercredi 13 octobre un hélicoptère transporte 250 kg de terre du col du Galibier (à 2500 m d’altitude) 400 mètres de dénivelé plus bas. Derrière la manœuvre : le Laboratoire d’écologie alpine une unité mixte de recherche regroupant le CNRS, l’Université Grenoble Alpes et l’Université Savoie Mont-Blanc. Leur projet, baptisé Alpages volants, vise à anticiper comment les alpages vont répondre au réchauffement de 3 degrés prévu pour ce siècle dans les Alpes. Comment ? En déplaçant des blocs de prairie vers une zone plus basse et ainsi plus chaude.

Descendre de 500 mètres en montagne, c'est augmenter les températures de trois degrés et prolonger de huit semaines la saison sans neige, selon le Leca. En 2016, l’équipe de chercheurs a ainsi transporté par hélicoptère 40 mètres carrés de prairie de 2450 à 1950 m d’altitude, entre le col du Galibier et Monêtier-les-Bains, et inversement 40 m2 de 1950 à 2450 m.


Des plantes plus hautes, plus riches en azote

Et les premiers résultats montrent l’impact de trois ans de réchauffement sur les plantes de haute montagne. « Les plantes deviennent plus hautes, les feuilles plus grandes et plus fines, et plus riches en azote », selon Tamara Münkemüller, responsable du projet. La végétation est donc plus florissante mais cela conduit les différentes plantes à entrer en compétition pour accéder à certaines ressources limitées, par exemple l’eau ou les éléments nutritifs du sol.

Certaines espèces dominent ainsi la végétation comme la fétuque paniculée. Autre constatation de l’équipe de recherche : « les plantes réchauffées (sauf les graminées) raccourcissent les périodes où elles fleurissent et produisent des graines ». Les générations suivantes risquent donc d’être menacées.


Libération accrue du carbone du sol

Par ailleurs le réchauffement augmente la quantité de bactéries dans le sol. Et c’est ce qui inquiète les chercheurs. Alors que les sols des prairies de haute montagne sont d’importants puits de carbone, le réchauffement expérimental et l’augmentation associée de la quantité de bactéries pourraient entrainer une libération accrue de ce carbone sous forme de gaz à effet de serre, ce qui accélérerait encore le réchauffement climatique.

Pour confirmer ces résultats le projet Alpages volants a pris une autre ampleur cette semaine avec le transfert de blocs de prairies à des altitudes intermédiaires et en ajoutant un site d’étude à l’Alpe d’Huez.

 

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