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Alimentation : six précautions à respecter avant la mise en route d’un robot de traite

Avant le démarrage d’un robot de traite, plusieurs étapes sont importantes au niveau de l’alimentation afin de faciliter la fréquentation tout en limitant la charge de travail. Le point avec Clément Deviterne de Seenorest et Dominique Landais, conseillers robot et nutrition de Seenovia.

<em class="placeholder">Vache prim&#039;Holstein en train de se faire traire au robot de traite</em>
« L'anticipation est importante pour avoir une mise en route des robots sereine pour les éleveurs », Clément Deviterne.
© K.Foilleret

Pour une mise en route de robot de traite peu chronophage et performante, plusieurs précautions sont utiles en matière d’alimentation du troupeau, en amont du projet. L’implication de l’ensemble des intervenants (éleveurs, concessionnaire, conseillers, commercial d’aliment) est importante pour que tout fonctionne. Et pour plus de sérénité, mieux vaut effectuer le lancement lors d’une période creuse pour que les éleveurs soient totalement disponibles.

1- Réaliser un inventaire des stocks fourragers

L’inventaire des stocks fourragers et la prévision des besoins sont à réaliser au moins un an à l’avance. L’objectif est d’éviter d’engendrer des variations alimentaires au moment de la mise en route du robot, pour ne pas cumuler les stress. Cette anticipation permet de prévoir d’éventuels achats de fourrage ou la modification d’autres rations (génisses, taurillons…) pour garantir la stabilité de la ration des vaches laitières.

2- Suspendre le pâturage

Mieux vaut aussi suspendre l’accès au pâturage un mois avant la mise en route afin d’éviter toutes variations alimentaires. Et risquer également de se retrouver avec des vaches qui attendent pour aller pâturer, impactant la circulation dans le bâtiment et autour du robot.

3- Réaliser une cure de minéraux, vitamines, antioxydants

Une cure de minéraux, vitamines et antioxydants peut être réalisée sur le troupeau, si nécessaire. « Le métabolisme de la vache va subir beaucoup de perturbations, évoque Dominique Landais, cette cure permet de le soutenir ainsi que le système immunitaire ».

4- Habituer les vaches au robot à l’aide du DAC

L’utilisation du DAC pour habituer les vaches au robot est une solution pour une mise en route plus sereine. L’objectif est d’amener les vaches au robot, utilisé en mode DAC uniquement. Réaliser des entrées et sorties calmes, mêlées au concentré, permet d’imprégner un souvenir positif aux animaux. « Au début, le robot peut être assimilé à une cage de parage pour les vaches », considère Clément Deviterne.

Progressivement, les passages forcés sont à réduire en fonction de l’évolution des passages volontaires que les vaches effectueront au fil de la journée. La durée de cette période d’apprentissage varie selon les élevages, la fréquentation des animaux au DAC restant l’élément de référence. « La mise en route du robot peut avoir lieu lorsque 75 % des vaches y passent volontairement 4 fois par jour », considère le conseiller. Cela peut prendre entre 7 et 15 jours en moyenne.

5- Déconcentrer la ration à l’auge

En parallèle de l’apprentissage du robot, il convient de diminuer la quantité de concentré à l’auge tout en l’augmentant au robot. Cela incite les vaches à fréquenter la stalle, tout en limitant le surcoût alimentaire. Il faut le faire progressivement pour s’assurer que les vaches consomment la bonne quantité de concentré pour éviter que « les vaches qui ont moins l’habitude d’aller au robot n’ingèrent pas la quantité nécessaire au départ », évoque Clément Deviterne.

Le niveau de production permis par la ration de base à terme sera différent en fonction du système de robot. « En système guidé, la ration à l’auge devra permettre 5 kg de moins que l’objectif de production total. Un aliment équilibré type VL sera privilégié au robot. Et en situation libre complète, ce sera 10 kg de moins en apportant une partie de la protéine au robot pour attirer les vaches », complète Dominique Landais.

6- Déshabituer les vaches à la traite biquotidienne

Une fois le robot en marche, il faut déshabituer les vaches de la traite biquotidienne. Pour cela, la ration sera distribuée à des heures variées de la journée. Les vaches retardataires seront également amenées à des moments différents.

 
<em class="placeholder">Dominique Landais, consultant nutrition et robot chez Seenovia</em>
« L'éleveur doit commencer par sortir les vaches 2 à 3 h par jour pour observer leur comportement et affiner sa stratégie de pâturage », expose Dominique Landais. © D. Landais

Avis d’expert : Dominique Landais, consultant nutrition et robot chez Seenovia

« Ne soyez pas trop pressé avec le pâturage la première année »

« La réussite du pâturage en système robotisé dépend de l’accessibilité des parcelles, du niveau de saturation faible des stalles et de la motivation des éleveurs. Le risque d’aller trop vite, c’est que l’éleveur se dégoûte du pâturage. L’idéal est de pouvoir réaliser un démarrage du robot à l’automne à la fin de la saison de pâturage. Les vaches n’ont plus à sortir et prennent le temps de s’habituer au robot. Mais dans certains cas, ce n’est pas possible.

La première année permettra de faire des tests et de définir les objectifs de pâturage pour la deuxième année. Il faut y aller progressivement, en sortant les vaches deux à trois heures par jour au début et en observant leur comportement. Il est important d’inciter les vaches à revenir au bâtiment. Elles pâturent mieux l’herbe le matin. Il faut privilégier une distribution de la ration à l’auge plus importante le soir. Les vaches retardataires au robot peuvent être exemptées de pâturage au début, en les bloquant au cornadis. »

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