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Algues vertes : un bilan de la Cour des comptes sévère pour l’Etat et le monde agricole

La politique de l’Etat contre les algues vertes ne fonctionne pas. Telles sont les conclusions du rapport de la Cour des comptes publié le 2 juillet. La Bretagne est confrontée depuis plus de 50 ans à l’échouage d’algues vertes sur une partie de son littoral. Pour la juridiction financière, la forte concentration de nitrates dans les cours d’eau, qui est principalement d’origine agricole, est la cause majeure de ce phénomène. Il faut donc renforcer et étendre l’action engagée.

Ramassage des algues vertes sur le littoral en 2011.
© Thierry Fromentin

La Cour des comptes a publié le 2 juillet un rapport très critique sur l’action de l’Etat contre les algues vertes. Les principaux éléments de ce dossier avaient été dévoilés dans la presse (Le Monde et le Télégramme) en mai dernier. Pour la Cour des comptes, les plans publics de lutte contre la prolifération des algues vertes en Bretagne ont été « mal définis » et ont eu un effet « limité ». Si les données de 2007 à 2020 montrent une « baisse des échouages d’algues vertes sur les sites sableux », la tendance est à la hausse dans les vasières, notamment dans le Golfe du Morbihan, indique le rapport.

La baie de Saint-Brieuc est la plus concernée par le phénomène. Dans un reportage, France 3 relate des chiffres de la Cour des comptes. Cette baie des Cotes-d’Armor concentre 56,5 % de la surface totale « d’échouage des algues vertes » des huit baies bretonnes concernées et 48,5 % de la surface totale d’échouage en Bretagne.

 

Des nitrates majoritairement d’origine agricole

 

 

 

Selon ce document de 300 pages, les travaux scientifiques montrent « que l’azote (nitrates) présent dans les baies est à plus de 90% d’origine agricole ». Alors que les plans menés entre 2010 et 2019 ont engagé 109 millions d’euros d’argent public, ce montant est donc jugé « dérisoire » au regard des 435 à 614 millions d’euros par an d’aides du 1er pilier de la politique agricole commune en Bretagne. Les filières agroalimentaires ne se sont, en outre, « pas impliquées dans la prévention des fuites d’azote » et ont même « bénéficié de soutiens publics sans contreparties », souligne le rapport.

 

 

 

Lire aussi « Algues vertes : la Bretagne doit prendre de nouvelles mesures réglementaires »

 

 

 

L’association de protection de l’environnement « Eaux et Rivières de Bretagne » relaie sur son site les observations de la Cour des Comptes sur les moyens engagés qui manquent « cruellement d’ambition au regard des enjeux environnementaux, sanitaires et économiques ». Dans un communiqué, Arnaud Clugery, le porte-parole de l’association, demande à l’Etat d’agir pour endiguer le phénomène : « Nous appelons les pouvoirs publics à mettre en place les mesures qui permettront de réduire considérablement les taux de nitrates dans nos rivières afin d’atteindre un taux inférieur à 10mg/l ».

 

 

Des agriculteurs bretons découragés

 

 

 

Dans Ouest France, André Sergent, éleveur finistérien et président de la chambre d'Agriculture de Bretagne assure pourtant : « Cela fait des dizaines d’années que nous travaillons là-dessus : ça fait bien trente ans que nous avons intégré ce problème dans toutes nos productions ». Les agriculteurs bretons sont « au bord du découragement », titre le journal régional. Le président de la chambre régionale observe que les politiques publiques consacrent des millions d’euros à la lutte contre les algues vertes en Bretagne mais pour lui, mais ces crédits ne sont pas assez dirigés vers le monde agricole. « Le monde agricole n’en touche que des miettes… » dénonce-t-il dans Ouest France.

 

 

L’association SOS Biodiversité souligne de son côté les efforts des agriculteurs dans la baie de Saint-Michel-en-Grève à l’ouest des Côtes-d’Armor, qui ont permis de faire baisser les concentrations en nitrates et redonner et permis de redonner une couleur sable à la plage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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