Aller au contenu principal

Des défis nombreux, des acteurs mobilisés

Comment transformer les demandes des éleveurs de ruminants en projets de recherche ? Cette question a été au centre des débats de la seconde réunion plénière du collectif CReA-Viande, réuni récemment à VetagroSup.

Éleveurs, transformateurs, chercheurs…réunis autour du CReA-Viande.
Éleveurs, transformateurs, chercheurs…réunis autour du CReA-Viande.
© SC

À l’initiative de l’association régionale des industries agroalimentaires (ARIA), de la chambre régionale d’agriculture Auvergne-Rhône-Alpes et de l’INRA, CReA-Viande est né en début d’année. Ce consortium s’inscrit dans la continuité de l’action collaborative « filière bovins engraissement Auvergne », lancée il y a quatre ans, à l’échelle auvergnate. Il regroupe une diversité de partenaires de l’amont et de l’aval de la filière, des acteurs de la recherche et du développement ainsi que de l’enseignement supérieur. Pour Patrick Escure, président du comité régional élevage (Corel) de la Chambre régionale d’agriculture, l’intérêt du collectif est de « réunir autour d’une même table des chercheurs, des industriels, des éleveurs ». Mardi dernier, les acteurs ont soulevé les problématiques auxquelles doit faire face la filière viande. Et plus question désormais de laisser l’amont isolé face à ces problématiques. « Il s’agit bien d’actionner tous les outils en matière de recher­che et déve­lop­pe­ment et d’enseignement pour répondre aux nouveaux enjeux », explique Philippe Plasse, éleveur bovin dans la Loire, président d’Alliances Coopératives, organisation membre du groupe Sicarev.

Produire pour nourrir
Premier défi : renouer le dialogue avec le consommateur. Entre défiance et clichés, le fossé s’est creusé entre l’éleveur et une partie de la population. Pour certains, l’élevage doit faire partie du décor mais sortir du champ économique, et donc sortir de l’assiette. Face à ce type de raisonnement extrême, Didier Rémond, chercheur au Centre régional de recherche en nutrition humaine rappelle les fondamentaux : « Il faut se battre pour rappeler que la viande fait partie de l’équilibre alimentaire, si on la supprime, il y aura déséquilibre ». Seconde problématique : la variation continuelle des demandes des consommateurs. « Les demandes évoluent plus vite que la capacité de production de l’activité d’élevage par nature plus inerte. Ce besoin d’agilité est incompatible avec le cycle de l’élevage », relève Didier Perichon, éleveur ovin viande dans l’Allier.
Travailler sur la tendreté de la viande
L’enjeu de la filière bovine est également très lié au travail sur la tendreté de la viande. « Le steak haché ne pourra pas être l’alpha et l’oméga », estime Muriel Bonnet, spécialiste de la qualité des carcasses et des viandes à l’INRA. Avec son équipe, elle travaille depuis cinq ans à isoler les molécules qui pourraient impacter la tendreté. « L’abondance de certaines protéines pourrait être la signature d’une très bonne tendreté. En croisant ces données avec la génétique, on commence à identifier des gènes ». Outre la génétique, la tendreté s’apprécie aussi aux regards des pratiques d’élevage, du stress à l’abattage ou encore du mode de cuisson. « Rien que le stress à l’abattage est impliqué jusqu’à 50 % dans la tendreté de la viande », précise Claudia Terlouw, spécialiste bien-être animal et stress à l’INRA.

Les plus lus

À Saint-Victor, chez Gilles Tailhardat.
S’installer en élevage bovin : deux exploitations à reprendre ont ouvert leurs portes dans l’Allier

La Chambre d’agriculture de l’Allier a organisé le 26 février un après‑midi dédié à la découverte de deux exploitations bovins…

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière