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Dernière session dans une actualité perturbée

Dernière de la mandature, la session de la chambre d'agriculture de la Creuse s'est déroulée à Guéret le 20 novembre. Une session avec en toile de fond les manifestations contre le Mercosur, la situation de l'élevage, les élections à venir mais aussi un accord-cadre sur l'agrivoltaïsme.

Tribune de la session de la la chambre d'agriculture de la Creuse
La dernière session de la mandature a eu lieu le 20 novembre dernier.
© Pascale Dumont

C'est sur fond de manifestations que s'est déroulée la dernière session de la Chambre d'agriculture de la Creuse. En ouverture de séance, Pascal Lerousseau, président de la Chambre, n'a pas manqué d’y revenir dans son allocution. « Si les accords du Mercosur sont signés, demain il n'y aura plus d'élevage en France, a-t-il résumé. On veut faire entrer de la viande élevée avec des hormones et des antibiotiques qui sont interdits dans notre pays. Aujourd'hui, la confiance entre le Gouvernement et le monde agricole est rompue ». Si la confiance qui lie la Chambre d'agriculture et les services de l'État en département demeure, le président de la Chambre a tenu à rappeler à la préfète que celle-ci était fragile.

Pascal Lerousseau est revenu sur les aides promises pour la rénovation de la Maison de l'économie et qui n'ont finalement pas été attribuées. « Il va falloir des actes forts » a-t-il conclu.

La Chambre d'agriculture creusoise a également posé d’autres demandes auprès de la représentante de l’État, dont la récupération de la TVA sur les 4x4, ceux-ci devant être considérés comme des outils de travail. Dans un autre registre, les professionnels agricoles ont réitéré la demande que les agents de l'OFB soient désarmés. Puis après avoir évoqué la conjoncture agricole très compliquée, Pascal Lerousseau a conclu son allocution en reprenant à son compte une citation du général De Gaulle en 1958 : « Ce sera la faillite ou le miracle » en rajoutant « personnellement je veux croire au miracle ».

Lire aussi -> Les feux s'allument en Creuse

Des prix qui masquent les difficultés

Pour illustrer le contexte actuel, un point de situation de l'élevage en Creuse et ses perspectives a été brossé. Si les prix de la viande sont aujourd'hui plus favorables aux producteurs, les cotations demeurent en dessous des coûts de revient. On assiste également, en parallèle, à une décapitalisation du cheptel bovins, qui touche également les ovins. Les épisodes sanitaires contribuent également à la baisse du nombre de vaches. Sur ce point, ainsi que sur la baisse du nombre de naissances, Christian Arvis, président de la FDSEA, pointe la perte technique que cela engendre sur les exploitations au-delà de la perte économique. Si les ventes de broutards mâles sont en recul, en revanche celles des femelles progressent de 4 %. De nombreuses questions se posent, du maintien du cheptel et de l'engraissement à la relocalisation de la finition des animaux sur le territoire.

En réponse à ces interrogations, Anne Frackowiak-Jacobs, préfète du département, tient à réaffirmer l'engagement total des services de l'État aux côtés des agriculteurs, rappelant les crédits débloqués en lien avec les épisodes climatiques, les dégrèvements de TFNB, la limitation du nombre de contrôles à un par an et par exploitation… La préfète a par ailleurs indiqué que la loi d'orientation agricole reprenait son parcours législatif, interrompu par la dissolution de l'Assemblée nationale cet été. Qualifiant la situation sanitaire d'extrêmement préoccupante, Anne Frackowiak-Jacobs a précisé que 2 millions de vaccins supplémentaires par rapport à la FCO étaient en commande et que les pertes directes liées à la surmortalité seraient indemnisées.

L’agrivoltaïsme avance

Autre dossier d’actualité évoqué lors de la session, l’agrivoltaïsme, avec la soumission à la délibération d'un document cadre sur le photovoltaïque. Le document qui recense les espaces susceptibles d'accueillir des panneaux photovoltaïques au sol sur le territoire creusois doit permettre d'éviter les installations sur des terres cultivables. « L’agrivoltaïsme est une activité complémentaire et l'activité agricole doit rester prioritaire », a rappelé la préfète sur le sujet.

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