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40% de pessimisme chez les agriculteurs : quelles pistes d'évolution ?

Les résultats de l'étude barométrique Prism 2024 ont été dévoilés aux Controverses de l'Agriculture et de l'Alimentation le 14 février à Paris. Ils indiquent une hausse du pessimisme des agriculteurs par rapport à 2023. La journée organisée par le groupe Réussir Agra a donné lieu a des débats et conférences sur la transition agroécologique.

40% des agriculteurs français sont pessimistes sur la situation de leur exploitation, selon l'étude Prism 2024. Le baromètre a été lancé en 2023 par le média agricole Réussir Agra et la société de e-commerce agricole Agriconomie en collaboration avec BVA. En 2024, il affiche une hausse de six points du pessimisme par rapport à l'année précédente (34%).

"Je ne retrouve plus la liberté d'innover que j'avais en m'installant"

"Je suis inquiète car toutes les normes bout-à-bout ne sont plus possibles à suivre", justifie Nadège Petit, agricultrice dans l'Eure (27). Les résultats de l'étude barométrique placent les contraintes réglementaires comme principal obstacle à la sérénité de 66% des agriculteurs. Sébastien Careye, agriculteur dans l'Eure n'est pas sûr de savoir "expliquer simplement la nouvelle PAC à une personne de façon qu'elle comprenne tous les critères à respecter". Comme lui, 86% de ses confrères la trouvent trop complexe à mettre en œuvre. "Je ne retrouve plus la liberté d'entreprendre et d'innover que j'avais en m'installant, témoigne Nadège Petit, on doit remplir toutes les cases."

Voir les résultats de l'étude en replay : Quel regard portent les agriculteurs sur la nouvelle PAC ?

 

L'innovation, gage d'optimisme pour les agriculteurs ?

Xavier Audran, chargé des Affaires Agricoles de l'Ambassade des États-Unis, relie ce constat au fait que "les agriculteurs français n'ont pas eu accès aux progrès scientifiques et technologiques comme leurs concurrents en Amérique ou en Asie ont pu l'avoir". Or, "le monde agricole a soif de progrès et d'amélioration", constate-t-il aux Controverses. S'équiper de technologies adaptées à leur exploitation est une priorité pour 26% des agriculteurs. Dans la question des intelligences artificielles pour les charges administratives, le spécialiste agricole voit un symptôme des besoins en technologies des agriculteurs. Notamment pour la diminution du temps de travail, que souligne Nadège Petit. La moitié des agriculteurs en font une priorité.

Voir en replay : Agroécologie et technologie : alliés ou faux-amis ? Débat entre Aurélie Trouvé (LFI) et la FNSEA

"J'ai été choquée, raconte l'agricultrice, d'entendre une élue politique (Aurélie Trouvé, députée LFI Seine-Saint-Denis, ndlr) dire que les robots de traite ne permettaient pas de rendre le travail moins pénible mais de le substituer." En 2024, 37% des éleveurs laitiers ont ou envisagent d'acheter un robot de traite. Dans la robotique, l'agricultrice et Agritwittos voit un moyen de "compenser le manque de main d'œuvre." Réduire les besoins ouvriers est une priorité dans les 3 ans pour 15% de ses confrères.

"Beaucoup d'agriculteurs voient les questions environnementales de manière positive, comme un challenge et pas une contrainte"

L'étude barométrique Prism 2024 révèle que les agriculteurs français se projettent plus sur l'environnement et l'agroécologie que sur les technologies. 40% d'entre eux ont engagé des mesures environnementales hors PAC sur leur exploitation. Tandis que 28% font de l'agroécologie une priorité. Xavier Audran voit dans ces chiffres un "pourcentage important d'agriculteurs qui voient les questions environnementales de manière positive, comme un challenge et pas une contrainte". Les craintes de pertes de production liées aux aléas climatiques inquiètent 34% des paysans français. Elles sont leur deuxième principal souci, derrière la concurrence internationale, jugée très préoccupante par 40%.

 

Voir en replay : L’agriculteur producteur d’énergie : quels garde-fous mettre en place ?

Voir en replay : « Il va falloir démondialiser l’agriculture » selon Jean-Marc Jancovici

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