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Volailles : Actualité agricole et agroalimentaire des filières poulets, poules pondeuses, canards, dindes, œufs, foie gras dédié

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Jacky Bachelot en Mayenne
Volailles standard et fermières cohabitent sur l’exploitation

Depuis près de 30 ans, Jacky et Marie-Thérèse Bachelot mènent de front une production de poulets standard et de volailles fermières en vente directe. Deux activités compatibles grâce à une conduite en bande unique et un goût pour le commerce.

En arrivant à l’élevage de la petite Toufrayère, on remarque d’abord les poulaillers standard, avec leurs échangeurs de chaleur et leurs pignons refaits à neufs. Juste derrière, apparaît le tunnel rigide, dans lequel sont démarrées les volailles à croissance lente, avec ses trappes d’accès au parcours. Un peu plus loin, un second parcours contourne l’habitation. Vallonné et boisé, il est réservé aux oies et aux dindes, qui seront élevées pour les fêtes de fin d’année. Concilier élevage standard et production fermière sur un même site n’est pas courant. « Mais je n’ai pas l’habitude de faire les choses comme tout le monde, » plaisante Jacky Bachelot. Avec son épouse Marie-Thérèse, ils exploitent 1800 m2 en standard et vendent chaque année 7 000 volailles fermières, surtout du poulet de 16 semaines, à raison de deux lots par an. Leurs quelque 600 clients sont essentiellement des particuliers de la Mayenne. Il s’agit de « clients congélateurs » : « D’un lot sur l’autre, ils commandent 5 à 10 poulets qu’ils conservent au congélateur. On ne produit que ce que l’on vend. En milieu rural, tout le monde se connaît. Nos clients font souvent des achats groupés et livrent leurs voisins, leurs familles, leurs collègues… » Informés par l’éleveur des jours d’abattage, « les distributeurs » viennent récupérer leur marchandise à la ferme. 

Des éleveurs aux petits soins de leurs clients

Cet ancien chef d’équipe d’une usine agro-alimentaire (il a travaillé dix ans chez Lactalis) s’est installé en 1987 à La Bigottière en Mayenne « dans une zone à dominance bovine où les exploitations spécialisées en volailles étaient quasiment inexistantes. » Il se lance dans l’aviculture et fait construire un premier poulailler de 800 m2. Dans la foulée, il démarre une petite activité de volailles fermières dans deux anciennes étables. « Mon épouse comme moi avons le sens du contact et du commerce. On a toujours souhaité faire de la vente directe. » Avec deux autres poulaillers construits dans les années qui suivent (800 et 1000 m2), la production standard (poulet et dinde) est toujours restée l’activité principale. Celle de volailles fermières n’a toutefois pas cessé de croitre, grâce au bouche à oreille, avec des bandes de 400 têtes à plus de 3000 aujourd’hui. « Les deux productions sont rémunératrices. »

En 2010, le couple a décidé d’arrêter un bâtiment standard de 800 m2 et de le transformer pour l’élevage des poulets fermiers. Le but était d’améliorer le confort et le temps de travail, d’autant plus que Jacky Bachelot a continué à s’investir dans des responsabilités professionnelles (Cam 53, chambre d’agriculture… ).« Elles représentent l’équivalent d’un mi-temps. » Les anciennes étables ne servent plus que pour le démarrage des volailles festives.

Equipés d’une tuerie, les éleveurs ont pendant des années abattu leurs volailles. «Deux fois par an, lors des abattages étalés sur trois semaines, on faisait des journées de 19 heures, mais cela restait ponctuel et avec l’aide de saisonniers, on arrivait à tout concilier ! » Avec la perspective du départ à la retraite de Jacky et la transmission de l’exploitation, les éleveurs ont décidé en 2014 de sous-traiter l’abattage des poulets (à un producteur en filière courte). Celui des volailles festives étant toujours réalisé sur place. «Cela a été un soulagement », reconnaît Marie-Thérèse.

Intérêt sanitaire de la bande unique

Les volailles fermières ont toujours été élevées en bande unique. Les éleveurs y voient plusieurs avantages, le premier étant de limiter les risques sanitaires vis-à-vis des lots standard. Les périodes de vide durent environ deux mois. Il n’y a pas de poulets sur les parcours durant les mois d’hiver. « On applique les mêmes précautions de biosécurité qu’en poulet standard : changement de tenue à chaque bâtiment en finissant par le fermier, procédures de nettoyages et désinfection… On porte la même attention à la croissance et au confort.» Le bâtiment a gardé les équipements d’origine (alimentation et abreuvement automatiques, ventilation dynamique…), ce qui permet d’optimiser le temps de travail et les performances techniques.

La bande unique a aussi un intérêt économique. En limitant le nombre de démarrages, l’éleveur réduit les charges de chauffage. « Je bénéficie de tarifs intéressants pour l’achat des poussins (souche Label) ou l’aliment composé fermier (au tarif de 25 tonnes en vrac). » C’est ce qui lui permet de maintenir des tarifs raisonnables (6,2 euros/kg PAC) et de rester attractif auprès d’une clientèle, recherchant de la proximité et du prix.

Parcours
1987 : installation de Jacky et construction d’un bâtiment de 800 m2. Démarrage des volailles fermières dans deux anciennes étables.
De 1989 à 1992 : construction de deux poulaillers (800 et 1000 m2). Marie-Thérèse le rejoint comme salariée.
À partir de 1995 : prise de responsabilités extérieures (Cam 53, chambre d’agriculture, Cravi…)
2010 : transformation du poulailler de 1987 pour l’élevage fermier
2013 : sous-traitance de l’abattage des poulets
01/07/2016 : départ à la retraite de Jacky et reprise de l’exploitation par Ivan Romagné. Marie-Thérèse restera salariée sur l’exploitation.

Un contrat de parrainage pour une transmission réussie

L’avenir de la ferme de la Petite Toufrayère est assuré. Au 1er juillet 2016, Ivan Romagné, 29 ans, reprendra l’exploitation avicole, habitation comprise, tandis que Jacky Bachelot, tout jeune soixantenaire, fera valoir ses droits à la retraite. Tenant à installer un jeune, il a anticipé son départ il y a trois ans et choisi la formule du contrat de parrainage. « C’est une façon idéale pour découvrir le métier, l’outil de production et être sûr de son choix avant de s’engager. » Après 10 ans comme mécanicien agricole, Ivan Romagné est retourné sur les bancs de l’école pour passer son BPREA. Puis il a enchaîné son stage de formation et 12 mois de contrat de parrainage sur l’exploitation, « soit environ deux années de prise en main, moi qui ne connaissait pas l’aviculture », explique-t-il. Il s’installe en Gaec avec ses parents, producteurs laitiers sur la commune voisine. Marie-Thérèse reste salariée pendant encore quelques années. « Vis-à-vis de notre clientèle fermière, ce sera une transition en douceur», souligne Jacky Bachelot, qui pour sa part gardera un pied dans la filière, le temps de finir ses mandats de président de la section avicole de la Cam 53 et d’élu de la chambre d’agriculture de Mayenne.

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