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Vente directe : Dominique Lollivier, un paysan heureux avec sa petite production

Dominique Lollivier élève 6 500 poulets bio par an dans les Landes et les commercialise en vente directe. Sa recette pour produire son Poulet du dimanche fonctionne depuis bientôt vingt ans.

Dominique Lollivier a réalisé son rêve : vivre correctement de la vente en circuit court avec sa petite production de volailles bio. « Jeune, j’ai mûri mon projet en participant à des groupes de travail citoyens. Ça m’a aidé à savoir ce que je voulais vraiment faire : produire et garder le lien direct avec mes clients », explique-t-il. Il est tombé dans le bio dès les années soixante-dix, car ses parents avaient adopté ce mode d’élevage pour leurs vaches laitières en Dordogne, bien avant l’apparition du label officiel.

BTS agricole en poche, il devient technicien pour le Civam bio et il participe même à la rédaction du premier cahier des charges de volailles bio en 1991. Il peaufine son projet d’installation en étudiant les systèmes de vente directe, partout en France.

Bio parce que c’est la vie !

« Je voulais produire un bon poulet, à partager en famille le dimanche. Bio, parce que c’est la vie ! Et vendre en direct car je sais pour qui je travaille et je suis libre de fixer mon prix », détaille notre éleveur.

En 2003, Dominique Lollivier se lance sur 5 hectares de terres agricoles louées à la commune de Rion-des-Landes (40) et jusqu’alors non exploitées. Aujourd’hui, l’exploitation s’étend sur 17 hectares et toute sa production est certifiée bio par Ecocert.

 
Ses poulets élevés en plein air bénéficient d’un couvert végétal protecteur, d’une alimentation en libre-service et protégé, ainsi que d’un abreuvement automatisé. © Christelle Chabasse

 

« Je n’ai que 2,5 hectares en propriété. Un choix pour limiter les charges, produire ce que je vends et en vivre correctement. La valeur ajoutée revient à la production, c’est essentiel pour gagner correctement sa vie. Je réalise 10 euros de marge brute par poulet, avec un prix de vente à 9,5 euros le kilo. Travailler ainsi suppose évidemment de maîtriser tous les métiers sur l’exploitation et notamment la gestion ! », précise-t-il.

« Je suis un paysan heureux avec ma petite production »

Des poulets forcément en liberté

Ses poulets sont élevés en rotation dans huit cabanes (également poussinières), installées chacune sur un parc de 3 000 mètres carrés, clôturé et électrifié contre les renards. Les herbes hautes poussent follement pour protéger les volailles des prédateurs. Ses poulets grandissent ainsi pendant 16 semaines.

« Quand ils sont assez grands, je laisse les trappes ouvertes en permanence. Évidemment, je passe régulièrement pour surveiller. Je renouvelle l’alimentation sous couvert et en libre-service une fois par semaine. L’abreuvement est automatisé avec un système d’acidification de l’eau en prévention », énumère-t-il.

Prévention toujours, aucun intervenant extérieur ne pénètre sur son élevage et il va chercher ses poussins au Couvoir de la Côte d’Argent.

Une autonomie maximale et des investissements réduits

Pour nourrir ses poulets, il cultive du triticale et du soja bio qu’il toaste. Il n’incorpore pas de maïs, trop riche en énergie et pas assez en protéines. Un nutritionniste établit les formules qu’il saisit ensuite informatiquement dans sa fabrique.

 

 
Dominique Lollivier toaste le soja bio qu’il cultive sur l’exploitation pour l’utiliser directement dans l’aliment de ses volailles. © Christelle Chabasse

 

« En 2008, j’ai opté pour la fabrication d’aliment à la ferme, moins coûteuse et plus en adéquation avec mon souhait d’autonomie. Je l’ai installée sous un hangar photovoltaïque financé par une entreprise qui revend l’électricité. J’achète les céréales que je ne produis pas aux agriculteurs bio de ma Cuma du Retjons, dans un rayon de 50 kilomètres. Avec ce fonctionnement, je n’ai pas jamais réalisé d’investissements trop importants. »

 

 
Dominique Lollivier toaste le soja bio qu’il cultive sur l’exploitation pour l’utiliser directement dans l’aliment de ses volailles. © Christelle Chabasse

 

Une petite production en circuit court

Dominique Lollivier fait tout dans sa ferme. Il a automatisé son élevage au maximum pour réduire son temps d’intervention et combiner facilement ses différentes tâches (cultures, abattage, préparation des commandes, livraison, gestion).

Il abat 120 poulets chaque semaine, soit environ 6 500 poulets par an. L’abattage a lieu en début de semaine. Puis, il emballe et étiquette ses poulets au dernier moment avant la livraison, après un passage en chambre froide pour qu’ils se dessèchent et gardent leurs qualités gustatives. « Le poulet est bien meilleur plusieurs jours après abattage et mieux vaut le conserver dans un torchon au frigo plutôt que dans son emballage », ajoute-t-il avant de prendre la route au volant de son fourgon pour livrer l’Amap du Moun, à Mont-de-Marsan. « Je prends deux semaines de vacances par an et j’y tiens. L’exploitation me permet de bien vivre et d’employer un salarié à mi-temps. Ce type d’agriculture correspond à mes valeurs. Je ne cherche pas à produire plus », complète l’intéressé.

 

Vendre en Amap sécurise le débouché

Arrivé à l’Amap du Moun de Mont-de-Marsan, Dominique Lollivier est prêt à accueillir ses clients fidèles venus chercher le Poulet du dimanche
Arrivé à l’Amap du Moun de Mont-de-Marsan, Dominique Lollivier est prêt à accueillir ses clients fidèles venus chercher le Poulet du dimanche
© Christelle Chabasse

Après avoir expérimenté plusieurs débouchés, Dominique Lollivier privilégie les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap).

Dominique Lollivier a cherché des débouchés locaux pour vendre une production régulière et stable en volume. Il a donc arrêté les marchés aux ventes fluctuantes et les cantines scolaires aux volumes attendus trop élevés pour son exploitation.

« Aujourd’hui, je livre une douzaine d’Amap de Mont-de-Marsan à Anglet, une fois par mois. 90 % de ma production leur est destinée avec des contrats de six mois et le reste approvisionne trois magasins bio. Dans ce modèle, les clients s’engagent et me paient une avance, un atout pour ma trésorerie. J’établis mon planning d’élevage selon les commandes. Je produis uniquement ce que je vends. Tout est en ligne et je sais où j’en suis à tout moment », confie Dominique Lollivier.

Connaître ses clients

Je suis en contact avec ceux qui mangent mon produit. Et ils l’aiment ! Le bouche-à-oreille a toujours suffi pour asseoir la renommée de son Poulet du dimanche. « Pas de site internet, ni de réseaux sociaux, c’est trop chronophage. Je préfère les discussions avec les clients comme quand je livre dans les Amap ».

D’année en année, la clientèle a évolué. Au départ plutôt issus de CSP +, les clients sont maintenant de tous âges et de toutes catégories… mais tous attentifs à ce qu’ils mangent.

Ce modèle de production en circuit court adopté depuis vingt ans par Dominique Lollivier a même vu son succès augmenter ces dernières années.

 

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