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Une signature visuelle des élevages LDC

Le bardage effet bois et l’aménagement paysager intégrés dans la démarche de progrès Nature d’éleveurs visent à donner une image plus positive de la production.

Depuis deux ans, LDC Amont a défini une signature visuelle pour ses élevages fournisseurs de volailles de chair conventionnelles. Sorte de carte d’identité interne, elle touche à la fois l’aspect extérieur des poulaillers et l’aménagement paysager des sites. « Nos volailles ne sortant pas, l’image de notre production est portée par le bâti. Nos poulaillers sont connotés « bâtiment industriel » (beige, fibro…). Notre démarche consiste à casser les codes esthétiques actuels et vise plus généralement le soin des abords (couleurs, rangement, plantations), explique Benoît Pineau, coordinateur bâtiment et méthodes d’élevages de LDC Amont. Intégrer des matériaux plus naturels améliore l’insertion du poulailler dans son environnement. L’objectif est de susciter l’association d’idées : beau poulailler = image positive de la production. » Cette démarche, spécifique aux organisations de production internes de LDC Amont, est déployée à travers les appels à projets de bâtiments neufs CompBat et depuis près d’un an dans la démarche de progrès Nature d’éleveurs. « Les premiers retours de personnes extérieures au métier sont très positifs. »

Une unité de couleurs sobres

Le point fort de la signature visuelle concerne le pignon avec effet « bardage bois ». Plusieurs matériaux imitation bois sont possibles (tôle, peinture…). « Pour les bâtiments neufs, on essaye d’aller au-delà avec une recherche d’harmonie des couleurs de jupes, des bandes de rives et des silos. » Il est conseillé d’utiliser des coloris pas trop clairs et proches de tons naturels : couleur terre, ocre, gris, en évitant le vert. Ils doivent coller aux couleurs locales : toiture flammée ou grise selon les régions de tuile ou d’ardoise. Il existe plusieurs solutions pour réduire l’effet de masse des poulaillers, une jupe plus étroite par exemple ou des arbres isolés pour couper l’effet longueur. « Le végétal va aider à insérer les bâtiments dans le paysage. L’objectif étant de ne pas attirer le regard », ajoute Sophie Pattier, responsable environnement et certification de LDC Amont. « Mais avant de végétaliser le site, la priorité est donnée au soin des abords avec des aménagements ordonnés, des zones de circulation bien définies et sécurisées. Des points qui sont travaillés depuis longtemps à travers la charte le Gaulois. »

Le programme de formation pour les futurs éleveurs génération Le Gaulois consacre une demi-journée à l’insertion paysagère avec Philippe Guillet de la chambre d’agriculture de la Sarthe. « Ce module les marque, en particulier les éleveuses. Leur première motivation étant d’utiliser l’insertion paysagère pour mieux séparer les espaces privés et professionnels. » La formation les amène aussi à repenser la circulation au sein de l’exploitation au niveau sécurité (enfants, sanitaire) et optimisation du temps.

Coté accompagnement, certaines structures de production de LDC comme Huttepain Aliments apportent une aide financière en rénovation et en neuf, pour soutenir notamment les investissements de pignons et de fenêtres, l’éclairage naturel faisant également partie des objectifs de Nature d’éleveurs.

Toutes les haies ne se valent pas

Pour avoir une haie qui s’insère bien dans le paysage avec un bon effet brise-vent, il est conseillé de privilégier des haies bocagères utilisant au moins six essences différentes et locales, et de mixer les hauteurs d’arbres. « Mieux vaut éviter les haies tout en charmille trop uniformes ni les haies de types lotissement, chères et peu adaptées », explique Sophie Pattier, de LDC Amont. Elle conseille de s’approvisionner auprès de pépiniéristes locaux en petits plants, avec des racines nues, cultivés en pleine terre, qui s’adapteront mieux au sol. Après les deux à trois premières tailles de formation réalisées manuellement, la taille se fait à l’aide d’un lamier, idéalement avec une machine équipée d’un sécateur mais pas l’épareuse qui éclate les branches. « Si vous optez pour des arbres fruitiers, il est conseillé de se limiter à 10 ou 15 plants pour que l’entretien ne devienne pas trop important. » Un paillage bien fait évite le désherbage. Plusieurs options sont possibles : bâche biodégradable, chanvre tissé, paillage de copeaux ou de plaquettes, paille.

Pour en savoir plus : guide technique sur les aménagements arborés des parcours de volailles (Casdar parcours volailles)

Une harmonie de couleurs et de verdure

L’exploitation d’Alexandre Plu illustre bien le modèle d’élevage vers lequel veut tendre LDC à travers sa démarche Nature d’éleveurs. Installé à Tennie dans la Sarthe, il exploite un site construit à neuf à partir de 2009, représentant désormais 4 poulaillers de 1 200 m2 (dont le plus récent à quelques centaines de mètres sur l’exploitation de ses parents). Ils sont construits dans un même moule, équipements intérieurs comme extérieurs. Dès le début de projet, l’éleveur a eu pour objectif de créer un beau site, d’autant plus qu’il se situe en bord de route, tout près d’un château et en zone Natura 2000. « C’était important pour moi et les personnes qui viennent travailler sur le site, pour la marque Le Gaulois que je représente, et également vis-à-vis du voisinage. » L’éleveur a présenté son projet auprès des élus et des voisins, en amont de l’enquête publique qui n’a quasiment pas suscité de réactions. Tous les bâtiments, y compris le sas principal ainsi que les deux stations de compostage, ont une toiture flammée, des parois beiges et une couleur uniforme pour les silos, les bandes de rives et les portails. Il y a quelques mois, le pignon côté entrée du site de chaque poulailler a été revêtu d’une tôle imitation bois et les fenêtres existantes équipées de vitres transparentes. Les chemins d’accès sont gravillonnés avec une circulation en marche en avant pour les camions. Des barrières en bois délimitent la zone de parking, le visiteur n’accédant au site qu’après passage par le sas d’accueil.

Des haies champêtres tout autour du site

Les aménagements paysagers ont été intégrés dans le permis de construire. Des haies champêtres ont été plantées tout autour du site, en complément d’alignements d’arbres existants ou le long du poulailler en bordure de chemin. Deux bosquets florifères, pour favoriser la venue des insectes butineurs, ont été ajoutés devant les pignons. Les zones entre les poulaillers sont enherbées. Il ne reste plus qu’à planter le verger sur une parcelle à l’avant du site, maintenant que le chantier de forage est achevé.

L’entretien est réalisé par un paysagiste avec un contrat à l’année comprenant 15 tontes et une à deux journées de taille.

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