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« Une rénovation à 25 euros par poule pondeuse pour passer du code 3 au code 2 »

Éleveurs de poules pondeuses en Maine-et-Loire et fournisseurs d’ovoproduits, Olivier et Marine Traineau ont transformé leurs poulaillers pour passer de la cage à l’élevage au sol.

À la SCEA Ovomauges, à Chemillé-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire, l’élevage de poules pondeuses et la production d’ovoproduits sont une histoire familiale ancienne. « Les premières poules sont arrivées sur le site en 1971, grâce à mon grand-père, explique Olivier Traineau, actuel gérant de la Scea avec sa femme Marine. Mon père a repris l’élevage en 1982 et l’a développé jusqu’à 120 000 poules. En 1994, il a aussi créé une casserie pour approvisionner en ovoproduits la boulangerie Brioche Pasquier. Et en 2020, pour répondre à la demande de Brioche Pasquier et aux attentes sociétales, nous avons engagé la transformation des deux bâtiments de 60 000 poules, pour passer de l’élevage en cage aménagée et du code 3 à l’élevage au sol et au code 2. »

Deux étages de volières par bâtiment

Les deux poulaillers ayant une hauteur sous faîtage de 10 mètres, le choix a été fait d’y installer des volières sur deux étages, pour limiter la baisse du nombre de places liée au passage en volière. Neuf mois de travaux ont été nécessaires pour transformer les bâtiments. « Il a fallu démonter l’avant des bâtiments pour tout enlever et refaire l’intérieur, précise Olivier. Nous avons gardé la coque, les sas, qui existaient mais qui ont été réaménagés, et une partie de l’éclairage. Et nous avons refait la ventilation, l’électricité et installé les volières. » Leur choix s’est porté sur des volières Jansen. « La ponte hors nid y est inférieure à 0,5 %, apprécient les éleveurs. Et les œufs peuvent être stockés sur une bande au-dessus des nids pendant 1 à 2 jours, ce qui évite de ramasser les œufs le week-end. » La ventilation, auparavant transversale, est désormais longitudinale. « Ventiler un volume plus réduit est plus facile, constate Olivier. Mais comme un des bâtiments est situé juste à côté de la casserie et qu’il y a aujourd’hui plus de poussière dans l’air, nous voulions éviter d’envoyer cet air vers la casserie. » L’air aspiré par des turbines au fond des bâtiments est récupéré pour sécher les fientes, raclées chaque jour, et en faire un engrais organique. Les poulaillers sont par ailleurs équipés de brumisation.

25 euros par poule pour rénover les bâtiments

Les deux bâtiments de la SCEA, qui emploie six équivalents temps plein en plus d’Olivier et Marine, accueillent aujourd’hui respectivement 58 000 et 52 000 poules blanches, avec en moyenne 30 000 poules au niveau bas et 25 000 poules en haut, soit au total 110 000 poules, contre 120 000 avant la transformation. Le coût de la rénovation s’est élevé à 25 euros par poule, soit un coût total de 2,7 millions d’euros, sur lequel la Scea n’a perçu aucune aide. « Le fait d’avoir un contrat à long terme avec Brioche Pasquier nous a aidés auprès des banques » souligne Olivier. Le passage en volières entraîne aussi plus de travail. « Le taux de ponte s’est maintenu, mais il y a beaucoup plus de travail, constatent les éleveurs. Les dix premières semaines, il faut apprendre aux poulettes à utiliser les équipements. L’enlèvement nécessite aussi plus d’intervenants, car les poules bougent et il faut monter sur les volières. Et le vide sanitaire est plus long et plus pénible, du fait notamment qu’il faut sortir les fientes. Alors qu’avant il durait environ trois semaines, aujourd’hui il est de cinq semaines. » Depuis le passage en code 2, la SCEA a ainsi dû embaucher un salarié à plein temps supplémentaire. Elle a par contre pu renégocier ses prix avec Brioche Pasquier. « Depuis trente ans, nous avons avec Brioche Pasquier un contrat qui tient compte du coût de production des œufs, précise Olivier Traineau. Le prix d’achat des œufs est revu chaque trimestre selon le prix de l’aliment et une fois par an selon les prix de l’énergie, de la main-d’œuvre et des consommables. Et quand nous sommes passés en volière, nous avons refait le calcul ensemble, pour tenir compte de l’investissement et de la main-d’œuvre supplémentaire. Pour nous, un tel contrat est sécurisant. Et Brioche Pasquier met en avant le fait qu’il n’utilise que des œufs issus d’élevages alternatifs. »

Un million d’œufs par semaine transformés en ovoproduits

« De 1979 à 1994, l’élevage a fourni des œufs à Brioche Pasquier, qui les faisait casser à l’extérieur, indique Olivier Traineau. Puis il a proposé à mon père de créer une casserie, toujours dans une logique d’approvisionnement local. » La casserie a été rénovée en 2003. Et en 2025, 1 million d’euros a été investi pour la rénover à nouveau et l’agrandir. La casserie traite aujourd’hui tous les œufs issus des deux bâtiments transformés et ceux d’un troisième bâtiment situé à 400 mètres du site principal, soit au total 1 million d’œufs par semaine. « En 2018, avant de reprendre Ovomauges, j’ai créé un atelier de poules pondeuses plein air avec jardin d’hiver, pensé dès l’origine pour être compatible avec le code 1 et avec le code 2, indique l’éleveur. En 2025, j’y suis passé du plein air au code 2, car la demande est très forte en code 2, notamment pour les ovoproduits. Le coût de production est aussi un peu moins élevé qu’en plein air, avec moins de travail. Et le risque de grippe aviaire est mieux maîtrisé. Les parcours ont été remis en cultures, mais j’ai laissé les grillages et les trappes. Le site pourrait si besoin repasser en plein air. » Le bâtiment accueille aujourd’hui 40 000 poules blanches. Les œufs des deux bâtiments rénovés sont acheminés vers la casserie par des convoyeurs. Ceux issus du troisième bâtiment sont amenés sur palette jusqu’à la casserie où ils sont dépalettisés. Les œufs sont cassés, filtrés, refroidis et pasteurisés à 64°C. La casserie fonctionne les lundis-mardis et jeudis-vendredis. La SCEA Ovomauges livre ainsi 2500 tonnes d’ovoproduits à Brioche Pasquier, qui en utilise au total 15 000 tonnes par an.

Yves-Marie Baudet, président du CNPO, le Comité national pour la promotion de l’œuf

« Le passage du code 3 au code 2 augmente le coût de production de 15 % »

 

 
<em class="placeholder">Yves-Marie Baudet, président du CNPO, le Comité national pour la promotion de l’œuf</em>
Yves-Marie Baudet, président du CNPO, le Comité national pour la promotion de l’œuf © Adocom-CNPO

« Il reste aujourd’hui 10 millions de poules en cages en France, soit 5 à 10 % des effectifs en œufs coquilles et 30 % en ovoproduits. L’élevage de poules pondeuses pour le secteur des ovoproduits suit la même tendance que le secteur de l’œuf coquille. En cinq ans, il est passé de 75 % de poules en cage à 30 %. Au total, la moitié du parc de bâtiments est transformée. Et comme les derniers bâtiments de cages aménagées sont très hauts, ils sont assez souvent divisés en deux étages de volières. En moyenne, le passage du code 3 au code 2 entraîne une hausse du coût de production des œufs de 15 %. Certains bâtiments ne pourront pas être transformés en élevage au sol. »

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