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Production d’œufs : « Grâce à mon deuxième poulailler plein air, je me projette dans l’avenir »

Après avoir appris le métier avec un poulailler de 20 000 poules plein air, Samuel Beunel, installé à Plumelec, dans le Morbihan, a investi dans un deuxième bâtiment de 12 000 places.

Alors qu’il était salarié en exploitation agricole, Samuel Beunel apprend que Huttepain Bretagne, l’organisation de producteurs du groupe LDC dans cette région, cherchait de nouveaux producteurs. « J’ai visité quelques élevages plein air et j’ai eu envie de me lancer », partage-t-il. 

Lire aussi : « Nous avons diversifié notre exploitation céréalière et bovine avec un bâtiment de poules pondeuses en Loire-Atlantique »

Agriculteur à Plumelec, dans le Morbihan, son beau-père lui a cédé une parcelle de 10 hectares sur laquelle implanter un poulailler et son parcours. « C’est un mode d’élevage pour lequel il y a de la demande. Les débouchés m’ont rassuré », explique le jeune éleveur, qui décide de produire des œufs pour la coopérative de consommateurs « C’est qui le patron ? ! ». « Le cahier des charges demande des poules élevées au sol, avec un accès à un parcours, détaille Philippe Cotillard, responsable de l’activité pondeuse pour Huttepain Bretagne. L’alimentation est garantie sans OGM et enrichie en huile de lin pour l’apport d’Oméga 3. »

Une installation par étapes

En 2018, Samuel Beunel construit un premier poulailler de 20 000 poules. « Cela ne correspondait pas tout à fait à un temps plein mais j’ai préféré partir sur un effectif plus limité le temps de bien maîtriser la technique, explique-t-il. Je souhaitais aussi avoir du temps disponible pour ma famille. » Les résultats étant au rendez-vous, l’éleveur se lance dans la construction d’un deuxième bâtiment de 12 000 poules. Le premier lot est arrivé mi-octobre. Pour des raisons sanitaires et d’organisation du travail, les deux poulaillers seront remplis en même temps mais ils fonctionnent de façon indépendante. « Pour renforcer la biosécurité, j’ai fait le choix d’avoir deux salles de conditionnement. »

Le bâtiment est en ventilation naturelle. « Cela en fait un bâtiment économique, souligne Philippe Cotillard. Il consomme trois fois moins d’électricité qu’un bâtiment dynamique. »

Samuel Beunel a fait le choix d’un caillebotis plastique intégral, sous lequel sont stockées les fientes, qui seront, en fin de lot, épandues sur les cultures de son beau-père. Des entrées d’air latérales et une bonne gestion de l’abreuvement aident à avoir des fientes sèches, ce qui limite le risque de mouches. Pour compenser les caillebotis qui ne sont pas reconnus comme des surfaces de sol, l’éleveur mise sur des jardins d’hiver. Sur les 27 mètres de large que mesure son bâtiment, il y a, de chaque côté, 5,5 mètres de jardins d’hiver. « Cela apporte une surface supplémentaire aux poules, un accès à la lumière naturelle, y compris en période de restrictions sanitaires », apprécie-t-il.

Les poules accèdent aux jardins d’hiver dix jours après leur arrivée, le temps qu’elles prennent de bonnes habitudes de ponte. « Sur les sols en caillebotis, les poules ne sont pas à l’aise pour pondre, elles préfèrent les nids. Ce qui fait qu’il y a très peu de pontes au sol, à peine une vingtaine d’œufs par jour. »

Depuis les jardins d’hiver, à partir de vingt semaines d’âge, les poules ont un accès direct au parcours, de midi à la tombée de la nuit. Dix hectares sont déjà clôturés. Trois hectares supplémentaires vont être ajoutés pour répondre aux exigences réglementaires de 4 m² par poule. « La parcelle était déjà boisée. Comme elles ont des endroits où s’abriter, les poules valorisent bien toute la surface. Je vais ajouter des arbres fruitiers. »

La rentabilité au rendez-vous

Pour ce nouveau bâtiment, Samuel Beunel a pu bénéficier d’aides du PCAEA (1). Le jeune éleveur a surtout conclu avec LDC un contrat sur 15 bandes, avec un prix de reprise des œufs indexé sur celui des aliments et des poulettes et une plus-value selon le nombre d’œufs. « Pour la dernière bande sur mon premier bâtiment, ma rémunération atteint les 9 euros par poule pour 325 œufs livrés à 75 semaines », apprécie-t-il.

De quoi le rassurer face à son nouvel investissement de 650 000 euros, soit 54 euros par poule, amortis sur douze ans. « Les deux bâtiments sont polyvalents. Selon la demande du marché, je peux facilement passer en bio. C’est rassurant pour l’avenir. »

(1) Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles

Huttepain Bretagne développe son activité œufs

Depuis 2022, le groupe LDC a développé sa production d’œufs à proximité des outils de conditionnement et de transformation, rachetés au groupe Avril en Bretagne. Une dizaine d’éleveurs approvisionnent un outil de transformation à Plaintel, dans les Côtes-d’Armor, et les centres de conditionnement de Naizin, dans le Morbihan. « Nous recherchons toujours de nouveaux producteurs pour conforter nos approvisionnements », confirme Philippe Cotillard, d’Huttepain Bretagne. Avec les bâtiments en construction, le potentiel de production va augmenter de 450 000 poules d’ici dix-huit mois. « Nous visons 250 000 à 300 000 poules supplémentaires par reprise de contrats ou par la création de bâtiments de 30 000 à 40 000 poules, en plein air ou en volière. »

Pour accompagner les nouveaux producteurs, le groupement propose des contrats sur 15 bandes, avec un prix de reprise indexé sur l’aliment et le prix des poulettes ainsi que des aides pour la construction de bâtiments neufs.

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