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Prévention d’E. Cecorum : « la première quinzaine, je n’hésite pas à trier mes poussins »

Éleveur de poulet standard depuis 2001, Anthony Bellego fait part de ses pratiques pour conjurer la survenue des boiteries provoquées par Enterococcus cecorum.

Chez Anthony Bellego, « Enterococcus cecorum » n'est plus une problématique sanitaire forte, mais la vigilance reste de mise.
Chez Anthony Bellego, « Enterococcus cecorum » n'est plus une problématique sanitaire forte, mais la vigilance reste de mise.
© P. Le Douarin

Installé en Bretagne dans le bassin historique de la production de dinde, Anthony Bellego a pourtant toujours pratiqué l’élevage du poulet Ross 308. « Les difficultés avec Enterococcus cecorum sont arrivées à la fin des années 2000 et elles étaient vraiment difficiles à gérer les premières années », se souvient-il. 

Lire aussi : Bichonner le démarrage des poussins

Au tout début de la maladie, les boiteries survenaient vers l’âge de 35 jours, souvent après le départ des femelles en élevage sexes séparés. « Il fallait faire un tri énorme sur des sujets âgés, et traiter aux antibiotiques. » Puis les boiteries sont arrivées sur des poulets de plus en plus jeunes, avec souvent deux traitements à cause des récidives. « Aujourd’hui, tout ça est derrière moi. Je ne rencontre plus ces soucis, car j’applique une somme de petites actions pour que ça ne revienne pas. Mais je suis bien conscient que le risque zéro n’existe pas. »

Lire aussi : Sanitaire : Les éleveurs de poulet mal armés contre Enterococcus cecorum

Mettre le paquet sur la décontamination et le tri

Les deux actions prioritaires pour Anthony sont d’assurer la qualité du nettoyage et de la désinfection, puis le tri drastique des poussins. Chez lui, un laveur professionnel réalise le lavage à froid avec du détergent, qu’il complète en relavant murs et soubassements après le curage de la litière. Il désinfecte avec un atomiseur tracté, chaule et laisse reposer 2 à 3 jours avant une seconde désinfection, facultative selon l’état sanitaire du lot précédent, en brumisant pendant la mise en chauffe.

 

 
Un de ces deux poussins âgés d'une semaine va être éliminé par Anthony Bellego.
Un de ces deux poussins âgés d'une semaine va être éliminé par Anthony Bellego. © P. Le Douarin

Quant au tri, l’éleveur estime qu’il écarte 4 % des poussins dans les quinze premiers jours. « Je pardonne à un poussin 'pédaleur', en lui donnant une chance de récupérer. Mais, je suis intransigeant avec les faiblards et les trop petits. Ils seront toujours à la traîne, ils risquent d’être saisis à l’abattoir et surtout c’est par eux qu’Enterococcus se propage ». Résultat, Anthony affiche de faibles poids de saisie : 55 kg sur 49,5 tonnes et 234 kg sur 47 tonnes livrées récemment.

Chouchouter les poussins

En parallèle, Anthony Bellego surveille l’ambiance. « Je préchauffe de manière à démarrer à 30-31 °C avec une hygrométrie relative de 50-55 %, en brumisant si besoin ».

Bien entendu, il pratique 8 heures de coupure de lumière, en augmentant d’une heure par jour à partir du lendemain de la mise en place. Pour l’aliment, il fait confiance à son organisation de production. « Les poussins ont tendance à mieux pousser, mais je ne veux pas que ce soit trop vite. Si la référence de poids est de 300 g à dix jours, je vise plutôt 280-290 gr ».

Le réglage de la hauteur des pipettes est aussi un point d’attention : pas trop haut pour ne pas fragiliser le squelette en obligeant les poussins à se tendre pour boire.

« J’acidifie l’eau avec du peroxyde pour limiter le risque de désordre digestif, sauf quand j’ajoute la vitamine D3 biodisponible dans l’eau en trois cures. J’ai vu que cela impactait favorablement mes résultats avec moins de saisies et moins de tri à faire ».

Au final, en agissant ainsi Anthony Bellego estime mettre toutes les chances de son côté, et formule un souhait et un regret. « J’aimerais recevoir des poussins homogènes, robustes et sans colibacille pathogène. Et quand il arrive qu’ils tombent malades, je regrette de ne pas pouvoir les soigner comme il faudrait, car ne pas le faire c’est clairement de la maltraitance animale. »

 

15,5 €/m² de MPA avec 6100 m²

 

 
Prévention d’E. Cecorum : « la première quinzaine, je n’hésite pas à trier mes poussins »
© P. Le Douarin

Implanté à Moustoir-Ac dans le Morbihan, Anthony Bellego s’est lancé en 2001 « en pleine crise du marché du poulet, se remémore-t-il. À 22 ans, j’ai repris un site avec deux poulaillers de 1 300 m², en ventilation dynamique de type Colorado. En 2021, l’un d’eux devenu trop vétuste a été désamianté et reconstruit à l’identique. Je suis passé d’une charpente en bois lamellé-collé à du métallique. J’ai pu minimiser l’investissement en récupérant l’équipement intérieur qui datait de 2003. » L’éleveur est aussi resté fidèle à la terre battue, ce qui ne l’empêche d’obtenir d’assez bons résultats économiques, aux environs de 15,50 euros de marge poussin aliment par mètre carré sur ses deux sites, totalisant 6 100 m². En 2021, il a repris les trois poulaillers de son père, situés à 6 km.

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