Aller au contenu principal

« Orvia commercialisera des canetons mulards ovosexés en 2021 »

Avec la finalisation du prototype de sexage in ovo de ses canetons, le président du groupe Orvia, Benoît Gourmaud, annonce une avancée majeure dans la prise en compte des attentes sociétales pour la filière à foie gras.

 © P. Le Douarin
© P. Le Douarin

Pourquoi s’être intéressé à l’ovosexage ?

benoît Gourmaud – Les professionnels des filières concernées – œuf de consommation et foie gras – sont depuis de longue date fortement sensibilisés à la problématique de l’élimination des éclos du sexe n’ayant pas d’intérêt marchand. Si on les garde, cela pose un problème économique et si on les élimine cela pose un problème éthique. Notre objectif à tous est bien sûr que ce dilemme cesse en attaquant le problème à sa source, c’est-à-dire dans l’œuf. Et il se trouve que nous avions une piste génétique à creuser pour nos canards mulards, qui se révèle réalisable techniquement et économiquement après dix ans de recherches.

En quoi consiste votre innovation ?

B.G.- Nous avons amélioré notre technique d’autosexage des canetons mulards à l’éclosion, laquelle est liée à la couleur des yeux. C’est un peu comme le daltonisme chez l’être humain. Accouplés avec des femelles Pékin, nos mâles Barbarie porteurs du gène « yeux rouges » transmettent ce phénotype uniquement à la descendance mulard femelle. Nos recherches ont montré qu’on pouvait observer cette différence de coloration sur des embryons pendant le premier tiers de l’incubation, et donc envisager de les écarter précocement. Ce gène « yeux rouges », nous l’avons découvert il y a déjà vingt-cinq ans à la suite d’une mutation naturelle et nous l’avons intégré progressivement dans certaines de nos lignées Barbarie.

En somme, vous arrivez au bout d’une démarche…

B.G.- Oui, c’est le prolongement d’un long travail de sélection génétique classique, qui est je le rappelle d’anticiper les marchés de demain. Pour ovosexer nos canetons mulards, nous n’avons pas créé un organisme génétiquement modifié. L’historique de la découverte de cette mutation et de son intégration dans nos lignées est parfaitement documenté. Les données généalogiques pourraient être produites si on nous demandait d’en apporter la preuve.

Où en êtes-vous de la mise au point industrielle de la technologie ?

B.G- Il nous a fallu trois ans pour arriver à une solution industrielle non invasive, mettant en évidence la couleur rouge de l’œil des femelles, tout en préservant l’intégrité de l’œuf. Après avoir exploré plusieurs pistes en spectrométrie, nous avons finalement développé notre solution avec l’optique, une technologie de haute précision. Cela s’est fait en trois étapes : trouver la position adéquate de l’œuf à analyser, déterminer le mode de captures des images et mettre au point un système d’analyse des données. Nous sommes arrivés au prototype final, considéré comme l’étape de préindustrialisation du procédé. Actuellement, nos résultats atteignent 95 % de fiabilité. Si tout se passe bien, la solution industrielle sera prête cet automne et les premiers canetons ovosexés seront commercialisés au début de l’année prochaine.

Cette technologie sera-t-elle spécifique de vos canetons mulards ?

B.G.- Absolument, mais le principe d’ovosexer sur une différence de phénotype détectable précocement est extrapolable, pour peu qu’on maîtrise le déterminisme génétique. Nous n’avons pas fait cette démarche d’autosexage sur nos canards Pékin. Comme il n’existe pas de dimorphisme sexuel, les deux sexes sont conservés pour produire de la viande.

Au final, quel sera l’impact pour la filière à foie gras ?

B.G.- Le bénéfice à attendre est de mieux répondre collectivement aux attentes sociétales sur le bien-être animal. C’est un paramètre nouveau qui entre de plus en plus dans la composition de la valeur finale de nos produits. Je ne peux pas prédire pour l’instant ce que l’ovosexage va coûter. Cette technique coûte, c’est évident, mais elle permettra aussi d’économiser de la place d’incubation au couvoir. Cela dit, le bien-être animal demeure l’impact premier pour la filière, et donc pour le consommateur.

« Une innovation au service du bien-être animal

Curriculum

Benoît Gourmaud préside le groupe familial de sélection et d’accouvage crée en Vendée par son père Bernard en 1976. Spécialiste de la sélection et de l’accouvage des palmipèdes, Orvia développe une stratégie mondiale multiespèce. Le groupe produit aussi des poussins de chair et colorés et s’est lancé dans la sélection de la mouche soldat noir.

Les plus lus

<em class="placeholder">« Je voulais un bâtiment performant », souligne Nicolas Ramond.</em>
« J’ai investi dans un poulailler performant »

Installé en 2022, Nicolas Ramond a investi dans un poulailler neuf de 1700 m² pour la production de poulets et de dindes. La…

<em class="placeholder">Dix-huit poulaillers ont été construits en 2025 et quarante bâtiments le seront en 2026.</em>
Près de 600 bâtiments de poules pondeuses à construire d’ici 2035

La filière œuf veut accélérer la construction de poulaillers, pour atteindre 10 millions de places supplémentaires d’ici…

<em class="placeholder">Les trois associés du Gaec de la Béharie, Valentin Durand, Pauline Neel et Valentin Neel, entourés d’Alain Salmon (à gauche) et Nicolas Leduc (à droite) des ...</em>
« Nous voulons plus de bien-être dans notre bâtiment de volailles de chair »

Le Gaec de la Béharie dans l’Orne a investi dans un bâtiment Terre-Neuve avec jardin d’hiver afin d’améliorer les conditions d…

<em class="placeholder">Huit parcs ont été divisés en deux parcs de 9 m² pour séparer les mâles et les femelles. </em>
Eclosion à la ferme : l'Anses obtient de meilleures performances en dindes

Une expérimentation de l’Anses montre que les performances de croissance sont plus élevées en éclosion à la ferme pour les…

<em class="placeholder">Si les souches blanches et rustiques sont les plus adaptées pour l’allongement de la durée de vie des poules, des leviers existent aussi pour les poules rousses et brunes.</em>
Lever les freins à l’allongement de la vie des poules

Lancé en 2024 pour quatre ans, le projet Interreg Omelette vise à identifier et lever les freins à l’allongement de la durée…

<em class="placeholder">L&#039;objectif est d&#039;augmenter progressivement les volumes d&#039;aliment volailles de 20 000 à 40 000 tonnes par an, via le redéploiement de volumes existants et le développement ...</em>
Prise de participation de LDC Amont dans une usine de Soréal dans l'Yonne

LDC Amont a pris une participation majoritaire dans l’usine d’alimentation animale de Joigny, société de Soréal.

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)