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Poules pondeuses : « Nous avons allongé la durée de vie tout en veillant au bien-être des poules » en Vendée

En quatre lots, Christophe et Joël Bidaud sont passés de 85 à 98 semaines de durée de vie de leurs poules blanches. Prophylaxie, alimentation, environnement… tout est fait pour que les volailles se portent bien le plus longtemps possible.

<em class="placeholder">Christophe (à gauche) et Joël Bideau veillent à tous les paramètres pour que les poules se portent bien le plus longtemps possible.</em>
Christophe (à gauche) et Joël Bideau veillent à tous les paramètres pour que les poules se portent bien le plus longtemps possible.
© V. Bargain

« Nous élevons actuellement notre quatrième lot de poules pondeuses blanches, expliquent les frères Christophe et Joël Bidaud, éleveurs Volineo à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée. Notre premier lot a été réformé à 85 semaines, le dernier lot à 98 semaines. Et l’objectif pour le lot actuel est d’atteindre également 98 semaines. » 

lire aussi : « La durée de ponte de mes poules pondeuses progresse d’une semaine chaque année »

Installés sur l’exploitation familiale en 2020, après vingt ans passés dans l’industrie, Christophe et Joël Bidaud ont créé deux bâtiments de 15 000 poules pondeuses plein air. Et depuis 2022, ils allongent progressivement la durée de vie des pondeuses. « Quand les poules sont en pleine forme, c’est dommage de l’arrêter, estiment-ils. Il y a plus de rentabilité à allonger le lot et c’est mieux pour le bien-être animal. Mais pour cela, il faut prendre toutes les précautions.

Mieux répondre aux besoins alimentaires

Les poulettes, de souche Lohmann en général, arrivent à 18 semaines, à 1,2 kg, débecquées et dégriffées. « Elles sont élevées en volières et sont très mobiles, précisent les éleveurs. Même si nous les élevons au sol, il faut qu’elles puissent monter sur les caillebotis, accéder à l’aliment, à l’eau et aux deux étages de nids. » Les deux premiers mois, les éleveurs passent toute la matinée dans les bâtiments pour faire monter les poules. La prophylaxie des poulettes a aussi été renforcée. « Nous demandons désormais qu’elles soient vaccinées contre le rouget et la pasteurelle, dont le risque augmente à des âges plus avancés et que nous avons eu sur des lots précédents. » L’alimentation, qui était auparavant séquencée en quatre aliments, compte aujourd’hui six aliments, dont un aliment préponte la première semaine. « Les poules perdaient souvent du poids au démarrage, le temps qu’elles s’habituent au bâtiment. Avec cet aliment préponte plus riche, elles grossissent plus vite. » L’objectif de poids a aussi été augmenté, d’à peine 1,7 kg auparavant à 1,750-1,780 kg aujourd’hui. L’aliment est supplémenté en calcium et vitamine D une semaine par mois pendant toute la durée du lot, pour préserver la qualité de coquille, alors qu’il ne l’était avant qu’en fin de lot. Et les éleveurs ont désormais une grille très précise pour changer d’aliment, avec des critères d’âge, poids d’œuf, poids de poules et taux de ponte. « La maîtrise du poids d’œuf est devenue un point très important, précise Fabien Chauvet, responsable technique de Volineo. Nous préconisons de ne pas dépasser 66 g, alors qu’il était souvent de 67-68 g auparavant. Nous faisons le point chaque semaine pour adapter l’alimentation. » Les éleveurs apportent aussi des blocs à picorer ou des ballots de luzerne quand il y a du picage. « Il y en a toujours eu très peu. Nous n’en apportons donc pas systématiquement, pour garder une solution en cas de problème. » Enfin l’eau de boisson, qui vient du réseau, est acidifiée et désinfectée.

<em class="placeholder">poules pondeuses blanches dans poulailler avec caillebotis au sol </em>

Prophylaxie renforcée

La prophylaxie des poules a également été modifiée. « Nous vaccinons désormais les poules toutes les dix semaines contre la bronchite infectieuse et Escherichia Coli, indiquent les éleveurs. Avant, c’était toutes les douze semaines contre la bronchite infectieuse et le vaccin E. Coli n’était pas systématique. » Les poules sont vermifugées toutes les six semaines et dès leur arrivée, alors qu’elles ne l’étaient avant que quand elles sortaient. Et un hépatoprotecteur leur est apporté par l’eau de boisson, toutes les deux semaines pendant deux jours, alors qu’elles n’en recevaient souvent qu’en fin de lot auparavant. Les éleveurs ont aussi installé de la brumisation dans leurs poulaillers. « Nos bâtiments sont récents. La ventilation statique fonctionne bien et nous avons des brasseurs d’air. Mais l’été, il peut faire très chaud. » Ils n’ont par contre pas modifié la lumière, qui repose sur les LED avec variateur de luminosité.

<em class="placeholder">Même si les œufs sont destinés à une casserie, la qualité de coquille est importante notamment pour le conditionnement.</em>

Bons résultats techniques et économiques

Pour l’instant, l’allongement de la durée de vie des poules se passe bien. « Sur ce quatrième lot, le taux de ponte à 56 semaines est de 97 %, alors que la norme à ce stade est de 92-93 %. Le poids d’œuf, de 64 g, est également dans la norme. » Les éleveurs ne déplorent pas non plus plus de ponte au sol, avec seulement 40 à 50 œufs par jour au sol pour 30 000 poules. Au final, Christophe et Joël Bideau estiment donc que l’allongement de la durée de vie des poules est rentable. Selon Volineo, en passant de 86 à 98 semaines, l’amélioration de la marge brute sur l’élevage se situe entre + 0,30 et + 0,50 euro par poule et par an. « Et nous apprécions aussi d’avoir moins d’enlèvements, car le nettoyage des bâtiments au sol demande beaucoup de travail, soulignent les éleveurs. La principale difficulté, comme nous commandons les poulettes cinq mois à l’avance, est d’évaluer à quel âge il faudra réformer le lot. »

Stimulation plus tardive des poulettes

« Les premiers lots qui ont été allongés lors de la grippe aviaire ont montré que ceux qui avaient démarré tardivement en ponte donnaient les meilleurs résultats en fin de lot », explique Fabien Chauvet. Alors que le taux de ponte était en général de 60-70 % à vingt semaines auparavant, les préconisations aujourd’hui sont de ne pas dépasser 30 à 40 %. La stimulation lumineuse de la ponte se fait donc désormais plus tardivement. En poule rousse, elle se fait aujourd’hui à un poids plus élevé, à 1,350-1,400 kg. Et en poule blanche, la stimulation ne se fait plus en poussinière, mais sur l’élevage de pondeuses, à 1,150-1,200 kg.

Simon Ripaud, responsable activité poules pondeuses à Volineo

<em class="placeholder">&quot;L&#039;allongement de la durée d eponte devrait bénéficier à toute la filière&quot; estime Simon Ripaud.</em>

« Plus d’anticipation pour le groupement »

« L’allongement de la durée de vie des poules a démarré avec la grippe aviaire en 2022. Des lots de poulettes étant bloqués, cela a amené des élevages à garder leurs poules un peu plus longtemps. Aujourd’hui, la plupart des 45 éleveurs du groupement sont favorables à l’allongement des lots. La décision d’allonger le lot est prise au bout de quelques mois, selon comment se déroule le lot. En cinq ans, la moyenne à Volineo est passée de 80 à 100 semaines en poules blanches et de 72 à 80 semaines en poules rousses. Pour le groupement, cela demande un peu plus d’anticipation. Mais comme les plannings en poulettes sont parfois un peu tendus, cela nous donne aussi plus de souplesse. Pour les éleveurs, comme les poulettes sont amorties, allonger la durée de ponte est économiquement intéressant dans 95 % des cas. Il y a aussi moins de démarrages, qui sont les périodes les plus stressantes pour l’éleveur, et moins de vides et d’enlèvements, qui représentent beaucoup de travail. Pour les groupements, cela peut nécessiter un redimensionnement du parc de poulettes. Mais comme l’allongement de la durée de ponte permet de réduire le prix de revient de l’œuf, ce qui le rend plus attractif, et que cela répond à une demande sociétale, toute la filière devrait en bénéficier. »

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