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Les pratiques gagnantes pour maîtriser l’alimentation en assiettes des poules pondeuses

La distribution en assiettes de l’aliment des poules demande davantage de surveillance et de réglages qu’avec des chaînes. Provimi a recensé les pratiques gagnantes des élevages équipés.

Les poules du groupe d'élevages ayant les meilleures performances disposent de davantage d'espace pour circuler autour de l'assiette.
Les poules du groupe d'élevages ayant les meilleures performances disposent de davantage d'espace pour circuler autour de l'assiette.
© Les poules rousses

En France, environ 15 % du parc de poules pondeuses est équipé d’une distribution de l’aliment par des assiettes.

Lire aussi : Alimentation au démarrage : habituer les jeunes poules "à finir l’assiette"

 Cette alternative à la chaîne d’alimentation s’est développée il y a quelques années pour des raisons économiques, de confort de travail (ligne relevable durant le vide sanitaire) et de recherche d’une meilleure circulation des poules (maîtrise de la ponte au sol). Selon les remontées d’organisations de production, le management des poules s’avère toutefois plus difficile avec un impact sur les performances (voir encadré). 

Lire aussi : Nutrition des poules : Modifier l’aliment pour limiter le stress thermique

« Alimenter les poules en assiettes est plus technique mais il est possible d’obtenir de très bonnes performances en se donnant les moyens », estime Provimi. L’entreprise de nutrition s’appuie sur une trentaine d’enquêtes réalisées en 2022 dans des élevages de poules bio ou plein air (souches blanches et rousses) équipés d’assiettes. Les meilleurs d’entre eux atteignent 310 œufs par poule à 70 semaines en bio et 320 œufs en plein air. 

 

« Avec les assiettes, l’enjeu est de réussir à faire manger les poules, en particulier au démarrage et de leur faire consommer un aliment homogène, en évitant le gaspillage et le tri des particules », résume la firme services. Afin d’identifier les bonnes pratiques, elle a comparé deux groupes d’élevages sur caillebotis au sol, équitablement répartis entre bio et plein air, l’un ayant les meilleures performances (groupe +) et l’autre les moins bonnes performances (groupe -), avec un écart moyen de 11 œufs par poule à 70 semaines.

Une bonne circulation autour de l’assiette

Malgré une largeur d’accès à table respectée dans les deux groupes (4,6 cm/poule), les poules du groupe + disposent de davantage d’espace pour circuler autour de l’assiette. Il y a plus d’écart entre deux lignes (8 cm de plus soit 194 cm) et entre deux assiettes (10 cm de plus soit 88 cm). La distance entre l’assiette et le bord du caillebotis est aussi plus élevée (6 cm de plus soit 76 cm). Cet espace plus large crée une sorte de « piste d’atterrissage » facilitant l’accès pour les poules sautant du gisoir vers le caillebotis.

Une surveillance accrue au démarrage

Autre différence, le groupe + distribue un repas de moins que le groupe - en phase de démarrage de lot, soit deux repas quotidiens au lieu de trois. « À l’arrivée des poules, l’important est de susciter de l’appétit et d’attendre que les assiettes soient vides avant de caler le repas suivant. Cela exige une présence accrue de l’éleveur durant les premiers jours pour ajuster le nombre et l’horaire des repas en fonction du comportement du lot », remarque Provimi. Le niveau de remplissage des assiettes (2 à 3 en général) peut être ajusté selon l’âge, la densité des volailles ou la configuration du bâtiment (zone de trappes). En rythme de croisière également, il est essentiel de respecter un vide de chaîne quotidien d’une heure, y compris pour ceux pratiquant les doubles repas. Ce vide incite les poules à consommer un aliment plus homogène et équilibré, en évitant le tri et le gaspillage, ce dernier étant constaté dans 70 % des élevages du groupe - (contre 30 % pour le groupe +).  Il peut être mesuré en installant des feuilles sous les caillebotis. « Même si cela prend du temps, cela permet d’objectiver et chiffrer le coût du gaspillage, notamment en élevage bio. »

Mesurer le gaspillage et le démélange

De même, il peut être utile de vérifier l’homogénéité de l’aliment distribué sur toute la longueur du tube de distribution pour évaluer le risque de démélange. Il sera d’autant plus élevé avec des temps de remplissage trop longs. « Il faut viser 10 à 15 minutes au maximum, avec au moins deux descentes par circuit de distribution, l’objectif étant que toutes les poules aient accès simultanément à l’aliment. »

Enfin, les éleveurs du groupe + sont deux fois plus nombreux à tenir compte du poids des poules lors des transitions alimentaires, en plus du critère de poids moyen de l’œuf. Une pratique qui confirme l’importance de la technicité des producteurs d’œufs, d’autant plus en assiettes.

Une surconsommation d’aliment avec les assiettes

À partir de l’outil de suivi des lots de poules pondeuses Optiponte, la firme services Promivi a comparé les performances techniques selon que les poules sont alimentées en assiette (350 000 animaux) ou en chaîne (un million de poules). Les poules avec assiettes surconsomment de l’aliment (+5 g/poule/jour en bio et +10 g en plein air), pondent un peu moins (2-3 % d’écart) et sont plus lourdes en moyenne (+50 g à 36-40 semaines). Un surpoids qui pourrait être lié à un déséquilibre alimentaire avec des poules qui consomment davantage les particules grossières.

Les plus/les moins

Avantages et inconvénients des assiettes selon les éleveurs

Les plus

+ Facilité de lavage (ligne relevable)

+ Facilité du réglage

+ Circulation des poules

+ Prix

Les moins

- Fragilité du matériel/maintenance

- Gaspillage

- Place à l’assiette

- Déplumage du cou des poules

- Pas d’appel de chaîne

- Impossibilité de mouiller l’aliment (pour stimuler la consommation en période chaude)

- Risque de poux plus élevé

Source : enquête Provimi dans 30 élevages bio ou plein air du Grand Ouest, Centre et Sud-Est

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