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Dans le Maine-et-Loire, l’Œuf des 2 Moulins veut répondre à la demande en œufs alternatifs

Gérants d’un élevage et d’un centre de conditionnement dans le Maine-et-Loire, Stéphanie et Bertrand Ripoche ont adapté leur élevage et nouent des partenariats avec d’autres éleveurs pour développer la vente d’œufs alternatifs et bio.

Basée à Montrevault-sur-Erdre, dans le Maine-et-Loire, L’Œuf des 2 Moulins est une entreprise familiale spécialisée dans la production, le conditionnement et la commercialisation d’œufs issus d’élevages alternatifs et bio. 

Lire aussi : L’œuf victime de son succès

« Nos parents ont commencé à produire des œufs en 1975 et à les commercialiser eux-mêmes en 1985, précise Stéphanie Ripoche, actuelle gérante de la société avec son frère Bertrand. Et en 1991, ils sont entrés dans le groupement L’Œuf de nos Villages, avec une vision commune s’appuyant sur le respect du bien-être animal, une démarche environnementale et le développement local. » De 2019 à 2022, pour répondre à la demande croissante en œufs alternatifs, tous les poulaillers de l’élevage ont été rénovés pour passer de la cage à l’élevage au sol et du code 3 au code 2 et au code 1. « Comme les bâtiments les plus récents étaient assez hauts, nous avons pu y installer deux étages de volières, ce qui permettait de limiter la baisse du nombre de places liée à la transition, explique Bertrand Ripoche. Et dans deux de ces bâtiments, les poules du bas ont accès à un parcours, ce qui nous permet de produire des œufs plein air. » Depuis 2022, l’élevage compte ainsi 120 000 poules au sol et 40 000 poules plein air, pour 40-45 millions d’œufs commercialisés. Toutes les fientes sont séchées et valorisées en engrais. Les parcours sont végétalisés et accueillent des ruches. Et la société a installé des trackers, qui fournissent 30 % de l’électricité utilisée sur le site, et a encore un projet d’agrivoltaïsme.

Contrat sur dix bandes

Tous les œufs produits sur le site sont conditionnés sur place. « En 2010, nous avons agrandi le centre de conditionnement et commencé la robotisation pour éviter la fatigue physique et les tâches répétitives liées au conditionnement des œufs coquilles », précise Bertrand Ripoche. L’atelier est aujourd’hui très automatisé, avec une calibreuse traitant 60 000 œufs par heure, des machines pouvant déceler des microfissures des œufs, des robots qui retournent les œufs pointe en bas, 12 lignes de conditionnement, un robot pouvant palettiser quatre références différentes en même temps… Tous les emballages utilisés sont désormais recyclables et l’atelier n’utilise plus que des alvéoles lavables pour la collecte des œufs dans les élevages. Pour compléter son offre et répondre à la demande en œufs alternatifs, L’Œuf des 2 Moulins noue en effet des partenariats avec d’autres éleveurs situés à moins de 50 km, soit actuellement huit producteurs d’œufs plein air représentant 210 000 poules et sept producteurs bio élevant 80 000 poules. Un contrat de dix bandes, basé sur le coût de l’aliment et qui est réévalué régulièrement selon les prix de l’énergie, des bâtiments…, est établi, soit directement avec les éleveurs, soit par l’intermédiaire d’un groupement. Les œufs sont collectés sur les élevages deux ou trois fois par semaine.

Recherche de nouveaux éleveurs

Au final, 125 millions d’œufs par an sont conditionnés par L’Œuf des 2 Moulins, dont 35 % d’œufs plein air, 35 % d’œufs en sol et 15 % d’œufs bio. 95 références sont proposées, sous les marques L’Œuf de nos villages, L’Œuf des 2 Moulins et sous MDD (45 % des œufs)). 85% des œufs sont vendus en GMS, 15 % à des grossistes et en restauration collective. Et pour l’avenir, Stéphanie et Bertrand Ripoche veulent encore développer le conditionnement et la commercialisation d’œufs alternatifs. « La consommation d’œufs en France a augmenté de 4 % en 2024 et de 5 % en 2025, constate Stéphanie Ripoche. La demande en œufs alternatifs des GMS est très forte. Nous cherchons donc à nouer des partenariats à long terme avec de nouveaux éleveurs, notamment en poules plein air, car nous produisons de notre côté des œufs code 2. »

« Nous cherchons à nouer des partenariats à long terme avec de nouveaux éleveurs »

L’Œuf de nos Villages, marque leader en France

Créé en 1987 par des éleveurs et centres de conditionnement pour mutualiser leurs forces commerciales, marketing, service qualité…, le groupement L’Œuf de nos Villages regroupe 13 actionnaires, 18 centres de conditionnement et 400 éleveurs, notamment dans l’Ouest, le Sud-Ouest, le Sud-Est et le Nord. Il commercialise 2,3 milliards d’œufs par an, soit 30 % des œufs vendus en GMS, pour un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros.

« Un contrat qui sécurise notre production »

Benoît Chêné, éleveur de poules pondeuses bio, est un des partenaires de L’Œuf des 2 Moulins.

En 2017, Benoît Chêné s’est installé en rejoignant son frère Sylvain sur l’exploitation familiale de La Vieille Aire, à Beaupréau-en-Mauges, dans le Maine-et-Loire. Pour cela, il a créé un atelier de poules pondeuses bio. « Le Groupe Michel et L’Œuf des 2 Moulins recherchaient des éleveurs en bio, explique-t-il. L’exploitation de 90 hectares comportait déjà un atelier de volailles de chair de 1900 m² et des cultures. Des poules pondeuses permettaient de diversifier les activités. Le bio avait alors le vent en poupe et nous disposions des surfaces nécessaires pour les parcours. » Un million d’euros, sur lesquels l’éleveur a perçu 48 000 euros d’aides, ont été investis dans deux bâtiments de 1 500 m² avec leur parcours, permettant l’élevage de 9 000 poules par bâtiment. Un contrat tripartite entre l’Earl La Vieille Aire, le Groupe Michel et L’Œuf des 2 Moulins a été établi. « Ce contrat, qui a rassuré les banques, garantit la reprise des œufs et des poules de réforme sur dix bandes, soit douze ans, à peu près la durée de remboursement de nos emprunts pour les bâtiments, précise Benoît Chêné. En contrepartie, j’achète les poules et l’aliment au Groupe Michel. » 18 000 poules sont désormais élevées dans les deux bâtiments en ventilation statique le jour et dynamique la nuit, avec accès aux parcours de 11 heures le matin à 15 minutes avant le coucher du soleil et un enrichissement des poulaillers avec des ballots de foin. Le taux de ponte atteint 93 %, avec 3 % de ponte hors nid, et les poules sont réformées quand le taux de ponte descend à 80 %. Les œufs sont collectés deux fois par semaine. « La demande en œufs bio a diminué par rapport à 2017, mais cela ne m’affecte pas grâce au contrat avec le Groupe Michel, apprécie l’éleveur. Notre revenu ne dépend que de nos performances. »

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