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Le groupe volailler LDC s’engage plus sur le soja « zéro déforestation »

Le groupe LDC est le premier transformateur a annoncé le renforcement de ses exigences sur la traçabilité du tourteau de soja venant d’Amérique du sud et nourrissant ses volailles.

Déchargement de soja non OGM au terminal de Montoire de Bretagne (archive) - La France importe de moins en moins de soja (3 millions de t environ) dont un tiers pour la volaille.
© P. Le Douarin

Suite à la signature en novembre 2020 du « manifeste contre la déforestation importée liée au soja » par la majorité des enseignes de la grande distribution, qui impacte aussi leurs fournisseurs, le groupe LDC accroit sa demande de garanties sur l’alimentation des volailles qu’il abat et transforme. « Le soja responsable doit devenir la norme », assure Dylan Chevalier, en charge de la politique de RSE (responsabilité sociale des entreprises).

LDC demande aux importateurs internationaux «d’apporter les éléments détaillés de traçabilité du soja et d’exclure celui qui proviendrait de parcelles nouvellement déforestées ou converties après le 1er janvier 2020, en particulier dans le Cerrado au Brésil». Sur les 2 millions de tonnes importées du Brésil, la part du soja de déforestation serait de 5-10 %.

Réduire les distorsions de concurrence

Le groupe demande aussi aux partenaires de sa chaîne d’approvisionnement de poursuivre leurs efforts de substitution du soja importé et de relocalisation des protéines.

Sa troisième demande est politique, réclamant «la mise en place d’une législation à l’échelle européenne pour que le soja responsable devienne la norme et que soit appliqué le principe du pollueur-payeur celui issu de la déforestation». Ce qui devrait aussi réduire les distorsions entre les pays européens producteurs n’ayant pas tous la même sensibilité vis-à-vis de l’impact environnemental de la déforestation.

Ces annonces de LDC sont cohérentes avec ses engagements antérieurs : 100% de matières protéiques végétales responsables en 2025 dans les aliments (plateforme Duralim), recherche d’alternatives françaises ou européennes au tourteaux de soja, démarche 4F (né, élevé, abattu et transformé en France).

La traçabilité jusqu’à la parcelle aura un surcoût. Selon une étude Abscis-Céréopa, il serait de 70 millions d’euros si tout le soja et l’huile de palme importés pour les animaux étaient tracés. C’est peu rapporté aux volumes commercialisés, mais qui va payer : la filière, les GMS ou les consommateurs ?

 

Création d’un observatoire du « risque déforestation »

La plateforme collaborative Duralim, qui œuvre en faveur d’une alimentation durable des animaux d’élevage, a annoncé le 19 mars « entrer dans une nouvelle phase opérationnelle ». Elle met en place un observatoire des risques de déforestation pour permettre à ses membres fabricants d’aliments du bétail d’atteindre 100 % d’approvisionnements durables en 2025. Cette structure se donne deux objectifs :

  • Connaitre de manière approfondie le risque déforestation attaché aux flux de soja importé en France ;

  • Elaborer un outil de calcul qui permettra à chaque acteur d’évaluer ce risque à son niveau.

Ces travaux ont aussi pour objectif d’établir un niveau de risque déforestation par filière animale (vache laitière, bovin viande, porc, poulet, dinde, œuf) et par produit.

Duralim est une association réunissant 86 entreprises et organisations professionnelles voulant promouvoir et améliorer la durabilité de l’alimentation des animaux.

 

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