La modélisation simule le stress thermique lors du transport des volailles
L’Itavi a mis au point un outil de simulation du stress thermique des volailles adapté au transport en camion. Le but : anticiper les pics de chaleur.
L’Itavi a mis au point un outil de simulation du stress thermique des volailles adapté au transport en camion. Le but : anticiper les pics de chaleur.
« Il y a une grande disparité de température au sein d’un camion de transport des volailles avec la zone la plus chaude à l’avant mais une humidité relative assez homogène », résume Yann Guyot de l’Itavi. Ce dernier a présenté lors de la journée technique sur la volaille de chair un outil de modélisation CFD (1) adapté au transport des volailles. Son intérêt : anticiper et adapter le transport selon la météo. La modélisation tient compte de la vitesse d’air, de la répartition spatiale de la température et de l’humidité, en plus des données habituelles. Douze transports d’animaux de l’élevage jusqu’à l’abattoir ont été testés.
Des stratégies d’adaptation face à la chaleur
Parallèlement, un nouvel indicateur de stress thermique des volailles a été construit prenant en compte le temps d’exposition, la vitesse de l’air, la température et l’humidité. Le stress thermique correspond à l’accroissement de la température corporelle car « vous ne pouvez plus évacuer la chaleur par les moyens habituels : halètement, sudation… Si l’accroissement de la température corporelle dépasse plus de 4 °C, c’est généralement la mort assurée », précise Yann Guyot.
Avec la simulation d’un climat à 30 °C, une vitesse de 60 km/h et une humidité de 40 %, les animaux sont un peu stressés après une demi-heure. « Si le transport venait à s’éterniser, au bout d’une ou deux heures, on commencerait à avoir des animaux dans un état vraiment critique. Ce sont ceux présents dans le bas à l’avant du camion qui sont les plus exposés. »
Dans la simulation théorique, le fait de retirer 10 % de la densité du camion et après trois heures de transport, les animaux sont en meilleur état globalement. Mieux, si l’on retire une caisse qui reste vide à l’avant en bas de la remorque du camion à densité égale, « cela se passerait mieux : au bout de 3 heures, il n’y a pas de zone rouge critique. »
À l’avenir, la modélisation pourrait intégrer les variations de vitesse, les fluctuations du trafic, voire simuler le temps d’attente en abattoir. L’enjeu reste la mise au point d’un modèle simplifié qui mesure le risque pour les volailles et fournit des recommandations selon la météo et l’itinéraire emprunté.