« Je m’installe en poules pondeuses avec un bâtiment agrandi »
Emma Carfantan a démarré cet été son premier lot de poules pondeuses en code 2 dans son poulailler, agrandi et rénové pour élever 30 000 poules.
Emma Carfantan a démarré cet été son premier lot de poules pondeuses en code 2 dans son poulailler, agrandi et rénové pour élever 30 000 poules.
À Ruca, dans les Côtes-d’Armor, de nombreux poulaillers jalonnent le paysage, et parmi eux, se trouve aujourd’hui le poulailler tout juste rénové d’Emma Carfantan. En 2024, la jeune éleveuse s’est installée avec la reprise d’un site de 60 hectares et d’un poulailler de dindes sur terre battue. « Le cédant ne souhaitait vendre qu’à une condition : de maintenir de l’élevage sur le site. » Après plusieurs années d’expérience comme salariée auprès de son père, éleveur de poules pondeuses, Emma Carfantan s’est lancée dans le projet ambitieux de rénover ce bâtiment de chair pour le transformer en un poulailler de 30 000 pondeuses, en système volière avec jardin d’hiver.
Un investissement de 57 euros de la poule
Un an et demi après la reprise en avril 2024, les travaux purent débuter. « La coque était en bon état et a toujours été bien entretenue. Il a vraiment fallu se projeter, mais en y mettant les moyens, nous pouvions construire un poulailler qui dure à nouveau plus de trente ans. » Le chantier a débuté en octobre 2025, et a duré dix mois. Le poulailler, de 15 mètres de large et initialement de 80 mètres de long, a été rallongé de 25 mètres, pour accueillir les 30 000 poules pondeuses. « Il a fallu tout bétonner, refaire les petits trottoirs sous la longrine, changer les ventilateurs, les trappes d’entrée d’air, … » Du bâtiment d’origine, datant de 1991, seuls le toit et les murs ont été conservés. Pour la totalité du projet, le coût s’élève à 57 euros de la poule.
Lire aussi : « Ma stabulation transformée en bâtiment de ponte »
Composer avec l’existant
Un jardin d’hiver de 583m² a également été construit sur un côté du bâtiment pour agrandir la surface au sol. « Les trois rangées de volières installées ont la capacité pour 30 000 poules, mais la salle d’élevage était trop petite. » Le jardin d’hiver se distingue notamment par sa basse hauteur sous-plafond de 1,96 m. « En construisant le jardin d’hiver dans le prolongement de la toiture existante, nous avons pu éviter l’installation d’un chéneau. »
Autre singularité, les trappes d’accès au jardin d’hiver se trouvent à 45 centimètres du sol. Grâce à cet aménagement, il est plus simple de conserver la litière en meilleur état, étant moins exposée à l’humidité extérieure au niveau des ouvertures de trappes, tout en limitant les risques d’intrusion de rongeurs. « De plus, faire des trappes à cette hauteur a permis d’éviter de découper le béton du bâtiment d’origine, et notamment de gagner en flux d’air. »
Lire aussi :Poules pondeuses : « Nous avons allongé la durée de vie tout en veillant au bien-être des poules » en Vendée
Une réflexion sur le confort de travail
Pour ses équipements intérieurs, Emma Carfantan a choisi des équipements pour faciliter son travail. Le choix de la volière Natura Step de Big Dutchman ne fut pas anodin. Avec un étage du bas plus large que celui du dessus, le contrôle de la mortalité se fait plus aisément. « Vu que je ne suis pas très grande, je peux utiliser le perchoir du bas comme marchepied et je peux contrôler rapidement tout l’étage du haut. » Pour son centre de conditionnement, l’éleveuse a également investi dans un robot palettiseur d’œufs, pour gagner en confort de travail.
Être bien accompagné
Du montage du projet au choix de la volière, l’accompagnement a été primordial. « Mon père a joué un rôle important dans ce projet, il m’a aidé à me projeter. » Avec son contrat d’intégration de 8 lots, signé avec Sanders, l’éleveuse considère également la chance d’être dans une région de production avicole où l’accompagnement par les professionnels de la filière est simple. « C’est la force du secteur, d’avoir à proximité de nombreux partenaires de la filière qui peuvent être là pour nous épauler sur nos projets. » Pour l’aider à construire son projet, l’éleveuse a également beaucoup échangé avec des éleveurs pour avoir leur retour d’expérience concernant des équipements. « Une chose est sûre, personne ne te répondra mieux qu’un éleveur qui l’utilise. »
Lire aussi : Installation en volailles : Être éleveur fait encore rêver des jeunes