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Environnement : vers une baisse des valeurs d’excrétion des volailles

La mise à jour des valeurs d’excrétion azotée et phosphorée des volailles réalisée dans le cadre du 7e plan action nitrates aura un impact positif pour les éleveurs et sur le bilan environnemental des productions avicoles.

Connaitre l'excrétion et les pertes des élevages est un passage obligé pour dimensionner correctement les plans d'épandage
Connaitre l'excrétion et les pertes des élevages est un passage obligé pour dimensionner correctement les plans d'épandage
© Itavi

L’Itavi a été chargé de procéder à la mise à jour des références d’excrétion des nutriments non fixés par les animaux, principalement azotés (N) et phosphorés (P). Elles s’appliqueront certainement à partir de 2023 dans le cadre du 7e Plan action nitrates (PAN). Devant paraître avant la fin d’année, ce plan remplacera le précédent en place depuis 2013.

La connaissance de ces valeurs d’excrétion est utilisée à des fins réglementaires. D’une part, elles servent à dimensionner les plans d’épandage des effluents dans le cadre du Plan action nitrates. D’autre part, elles permettent de valider l’autorisation d’exploiter des élevages de plus de 40 000 emplacements relevant de la directive IED (Industrial Émissions Directive).

Ceux-ci doivent en effet respecter des niveaux (ou des valeurs limites) d’émissions fixés au niveau européen dans le BREF élevage (document de référence sur les meilleures techniques disponibles). On parle alors de NEA-MTD associé à une meilleure technique disponible pour limiter les impacts sur l’environnement.

Concernant les valeurs d’excrétion à retenir dans leurs calculs, les éleveurs ont le choix entre utiliser des valeurs forfaitaires ou réaliser le Bilan réel simplifié (1) à partir de leur situation réelle, à condition de disposer des données nécessaires à cette simulation. Cela n’est pas toujours le cas, notamment lors de la création d’un élevage.

Des efforts collectifs bons pour l’environnement

Les premières mises à jour, pas encore officialisées, mettent en évidence une baisse plutôt légère des excrétions pour toutes les productions avicoles. Elle s’explique principalement par l’amélioration des performances zootechniques (indice de consommation en tête) couplées à la mise en œuvre de techniques nutritionnelles (alimentation par phase d’élevage, utilisation de phytase…).

 

 
comparaison de valeurs d'excrétion entre les référentiels de 200è, 2013 et 2023 à venir © Itavi

 

Cette diminution indique une meilleure efficience des flux de nutriments obtenus collectivement par les parties prenantes de la production avicole, et qu’il convient de saluer.

Ces gains peuvent se traduire concrètement par une augmentation du droit à produire (en restant conforme à la réglementation environnementale) et encore par une diminution des surfaces d’épandage à production équivalente.

Vis-à-vis des seuils d’excrétion à respecter pour les élevages IED, il convient de rester prudent. Devant intervenir dans les prochaines années, la remise à jour du BREF élevage conduira certainement à un durcissement des seuils et à leur extension à d’autres productions (élevages de reproducteurs et poulettes, biologiques…).

Lien avec le bilan environnemental

La donnée d’excrétion peut également intervenir dans le calcul des flux de nutriments perdus par volatilisation (ammoniac et protoxyde d’azote) ou lessivage (sous forme de nitrate et de phosphate). Pour cela, la donnée d’excrétion est associée à des facteurs d’émissions qui permettent de définir des quantités émises à chaque étape de la « vie » d’un effluent (bâtiment, stockage, épandage).

Ce sont ces calculs qui sont appliqués lors du suivi des émissions gazeuses dans le cadre de la directive IED (télédéclaration annuelle d’émissions polluantes et de déchets et inventaires nationaux d’émissions). À défaut des données d’excrétion spécifiques de l’élevage, ce sont les références du Plan action nitrates qui sont considérées pour ce calcul.

L’abaissement des références d’excrétion va donc contribuer à une diminution des fuites de nutriments (volatilisation, lessivage) et donner une meilleure image des systèmes français de production avicole.

 

Qu’est-ce qu’un facteur d’émission

Utiliser des facteurs d’émission pour les calculs de flux perdus permet de gagner en précision et d’être plus proche de la réalité.

 © Itavi

Un facteur d’émission est un coefficient permettant de relier une quantité de polluant à une unité de production.

Plusieurs facteurs sont définis, selon la source de l’émission (au bâtiment, au stockage, à l’épandage) et selon le polluant : gaz à effet de serre (méthane CH4, protoxyde d’azote N2O…), ammoniac (NH3) ou encore particules fines (PM2,5 et PM10).

Selon le niveau de précision souhaitée, des facteurs d’émissions sont fixés par emplacement animal en intégrant tous les postes (bâtiment, stockage, épandage) ou poste par poste. La sensibilité du facteur global est faible, puisqu’il indique seulement que la quantité de polluant émis est proportionnelle au cheptel.

L’application de facteurs spécifiques au poste d’émission est plus précise et peut être plus avantageuse car contrairement au calcul selon l’effectif, l’excrétion est influencée par la stratégie d’alimentation et les performances zootechniques de l’élevage.

Avec cette méthode et les références réactualisées (7e plan nitrates), un emplacement de poulet standard émet 25 g d’ammoniac en moins par an qu’avec la méthode globale (1 tonne d’N-NH3 par an pour 40 000 emplacements) et 12,5 g en moins avec les références de 2013 (6e plan nitrates).

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