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Comment atténuer la hausse du coût alimentaire en œuf

Face à la flambée des prix des matières premières, la firme services Provimi met en avant les différents leviers envisageables pour atténuer la hausse du coût alimentaire en poule pondeuse.

 Il existe plusieurs leviers pour atténuer la hausse du coût alimentaire tout en valorisant au maximum la ration par les poules.
Il existe plusieurs leviers pour atténuer la hausse du coût alimentaire tout en valorisant au maximum la ration par les poules.
© A. Puybasset

En deux ans, l’indice Itavi du coût d’aliment des poules pondeuses a augmenté de 50 % du fait de l’envolée du prix des matières premières, exacerbée depuis la guerre en Ukraine. « Même si le prix d’achat est le principal facteur pour amortir les hausses, il existe différents leviers à regarder pour économiser quelques euros sur le coût de la tonne d’aliment pondeuse, tout en maintenant les mêmes niveaux de performances », explique Sarah Poirot, de la firme services Provimi.

Changer de matières premières

Ce contexte économique exceptionnel pousse le fabricant d’aliment à repenser la pertinence de certaines contraintes de formulation, notamment les mini-maxi des taux d’incorporation des matières premières. Quel est leur rapport coût/bénéfice ? Est-ce un choix technologique, de sécurité ou une habitude que l’on peut remettre en cause ? « Il y a encore de la marge de manœuvre pour augmenter les teneurs de certaines matières premières alternatives au soja, telles que les tourteaux de tournesol, de colza ou les drêches. Par exemple, un tourteau de colza incorporé jusqu’à 7 % sur un aliment fin de ponte permet d’aller chercher quelques euros de gain." Le point de départ est aussi de bien connaître les caractéristiques des matières premières via le plan de contrôle des échantillons pour éviter les surplus de nutriments. « Un point de protéine sous valorisé sur un tourteau de soja ou deux points d’amidon sur du maïs, représentent un euro de surcoût sur un aliment début de ponte », a-t-elle illustré lors des journées Optiponte rassemblant fabricants d’aliment et éleveurs fafeurs.

Économiser sur l’énergie

Concernant l’apport d’énergie dans l’aliment, les leviers portent sur le choix d’enzymes xylanases libératrices d’énergie qui soient plus efficaces, sur la teneur et le type d’huile incorporée. « Toutes ont augmenté mais l’écart de prix entre elles a été divisé par six. Si le poids d’œuf est dans l’objectif, il est possible d’envisager une baisse de l’huile à partir de 35 semaines. Baisser l’énergie de 10 à 20 kcal peut aussi être envisagé, sans trop impacter le taux de ponte », suggère-t-elle.

L’équipe volailles de la firme services Provimi lors des journées Optiponte rassemblant fabricants d’aliment et éleveurs fafeurs
© A. Puybasset

« Il est aussi possible de baisser le niveau de protéines. C’est même recommandé dans le contexte économique actuel sachant qu’un point de protéine coûte cinq à six euros par tonne d’aliment », poursuit Alain Corniaux. Il s’est appuyé sur un récent essai portant sur des aliments à différents taux de protéines (mais équivalents en apport d’énergie et en principaux acides aminés digestibles) distribués pendant quatre mois en milieu de ponte. « En baissant d’un point la protéine, le poids d’œuf baisse de 0,6 g et la poule consomme un peu plus. L’indice de consommation sur la masse d’œufs se dégrade de 2,2 points mais l’indice de consommation à l’œuf se maintient. » La stratégie peut donc différer selon que l’on vend un nombre ou un poids d’œufs.

Ajuster les besoins en acides aminés

Dans le contexte actuel, se pose aussi la question de l’intérêt à baisser certains ratios d’acides aminés secondaires. L’objectif serait d’aller vers un aliment un peu moins performant mais moins cher, sans pénaliser le coût de revient. Pour aider ses clients à faire les bons choix, Provimi a développé des outils d’aides à la décision permettant de simuler les performances techniques en allant jusqu’au prix de revient à la masse ou au nombre d’œufs.

Enfin, concernant la nutrition minérale, les pistes à envisager pour amortir les hausses portent sur le remplacement du phosphore bicalcique par du monocalcique (l’écart de prix ramené au point de phosphore disponible ayant doublé ces derniers mois) ou sur l'augmentation des doses de phytases pour réduire le phosphate en début de ponte voire l'éliminer en fin de ponte. Une baisse de 0,1 point du phosphore disponible permet d’économiser 0,4 euro. Un gain équivalent peut être obtenu en remplaçant le bicarbonate de sodium par du sulfate de sodium, mais seulement en période hors été, le bicarbonate de sodium étant conseillé contre le stress thermique.

C’est toute cette somme de petits leviers, à adapter au contexte et aux objectifs de production de chacun, qui permettra, sur des périodes limitées en fonction des conjonctures, une économie substantielle sur le coût alimentaire.

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