Aller au contenu principal

Alimentation des volailles : La mouture à façon séduit dans le Sud-Ouest

Les usines d’aliment Sanders-Euralis proposent la mouture à façon, un service qui permet aux céréaliers-éleveurs de volailles et de palmipèdes de valoriser leurs céréales, sans les stocker à la ferme.

Les granulés fabriqués en mouture à façon pour des canards peuvent contenir des grains entiers (25 % ici) en plus du maïs broyé dans le granulé.
Les granulés fabriqués en mouture à façon pour des canards peuvent contenir des grains entiers (25 % ici) en plus du maïs broyé dans le granulé.
© Sanders Euralis

Le fabricant d’aliment Sanders-Euralis pratique la mouture à façon (Maf) pour tous les éleveurs dans ses sites de Lons et de Vic-en-Bigorre (Pyrénées-Atlantiques). Ce service intéresse de plus en plus d’éleveurs de volailles et de palmipèdes du Sud-Ouest, autant en circuit court qu’un circuit long, dès l’instant qu’ils sont céréaliers et nourrissent leurs animaux (bovins, porcs, volailles). Mais de quoi s’agit-il exactement ?

En volailles, un contrat de mouture à façon engage trois partenaires : un éleveur producteur de céréales, l’organisme stockeur (OS) Euralis et Sanders-Euralis qui fabrique et commercialise la Maf. Ce dernier travaille préférentiellement avec l’OS Euralis, mais il opère aussi avec d’autres organismes stockeurs du Sud-Ouest.

L’éleveur céréalier livre sa récolte au silo de l’OS. Il reste propriétaire de sa collecte, mais ne récupère physiquement pas la matière première qu’il a fournie. Un volume équivalent de céréales d’origine régionale sera intégré dans le mélange de matières premières formulées et façonnées chez Sanders Euralis, lui sera livré à la ferme. Dans la Maf, le fabricant peut incorporer du blé, de l’orge, du triticale et du maïs. La mouture à façon doit comporter au moins 50 % de céréales.

Un contrat flexible

L’éleveur signe un contrat qui couvre sa campagne, par exemple d’octobre de l’année N à septembre de l’année N + 1 pour du maïs. Il s’engage sur un volume d’apport, tandis que Sanders Euralis lui restitue le tonnage équivalent en Maf. La planification est annuelle, mais tient compte des aléas liés à la collecte ou à d’autres éléments. Puis la livraison de Maf est répartie en fonction des besoins de l’élevage.

Les équipes de Sanders Euralis commencent les livraisons d’aliment après avoir reçu la confirmation de l’apport à l’organisme stockeur. Ainsi, si le volume de céréales livré diffère de l’engagement, le contrat sera réajusté. En fin de campagne, ils peuvent reporter 10 % du volume du contrat initial. Avec les épizooties d’influenza aviaire, les éleveurs ont réduit leurs contrats Maf, faute de volailles à nourrir. Ils peuvent aussi faire un complément de contrat en apportant plus de céréales en cas de bonne récolte.

 

 
Arnaud Cervera, directeur d'exploitation de Sanders-Euralis. "Le contrat de mouture à façon protège l'éleveur et le fabricant de la spéculation sur les matières ...
Arnaud Cervera, directeur d'exploitation de Sanders-Euralis. "Le contrat de mouture à façon protège l'éleveur et le fabricant de la spéculation sur les matières premières" © D. Poilvet

 

« Ce contrat reste flexible et chacun y gagne, précise Arnaud Cervera, directeur d’exploitation de Sanders-Euralis. Il fidélise nos clients qui peuvent adapter leur volume. Il protège l’éleveur et le fabricant de la spéculation sur les matières premières. » En revanche, les volumes contractés en Maf ont tendance à se réduire quand les prix des matières premières sont élevés, « puisque les agriculteurs peuvent réaliser une forte plus-value, mais beaucoup sont plutôt fidèles. »

De 36 à 40 euros la tonne de Maf

L’éleveur est facturé par l’OS pour la prestation de stockage et par Sanders-Euralis pour les compléments alimentaires nécessaires à la formulation et pour le façonnage.

Avec un aliment d’engraissement de canards composé à 98 % de maïs, l’éleveur ne paie donc que les 2 % complémentaires. Le coût oscille de 36 à 40 euros la tonne, en fonction du volume d’apport et du type de maf (miette, farine ou granulé avec ou sans céréales entières).

« Côté performances des animaux, les produits Maf garantissent les mêmes bénéfices techniques qu’avec un aliment complet formulé par Sanders Euralis », complète Arnaud Cervera. Bénéficier d’une expertise nutritionnelle et d’un savoir-faire technologique est l’autre atout de la Maf, avec le temps de fabrication gagné pour faire autre chose sur l’exploitation.

 

Jusqu’à 20 000 tonnes de Maf par an chez Sanders-Euralis

L’usine Sanders Euralis à Vic-en-Bigorre. Le site comprend la fabrication d'aliments du bétail et l'unité de trituration dont la seconde tranche sera inaugurée le 21 ...

Sanders pratique la mouture à façon depuis plus de quinze ans, mais « depuis 2013, nous fournissons beaucoup plus d’éleveurs qu’avant. C’est peut-être parce que notre entreprise appartient à parité aux groupes Avril et Euralis » avance Arnaud Cervera, directeur d’exploitation de Sanders-Euralis.

« Si l’éleveur est adhérent d’Euralis, il paie moins de frais de stockage, détaille Arnaud Cervera. Environ 100 éleveurs Euralis sont fournis en Maf, en plus d’autres éleveurs de la région. » Ses usines de Vic-en-Bigorre et Lons (Pyrénées Atlantiques) produisent jusqu’à 20 000 tonnes de Maf en année normale (17 000 tonnes en 2021) sur les 300 000 tonnes transformées en aliments. Moins quand les cours sont hauts.

 
 

Les plus lus

<em class="placeholder">Olivier Le Gal, installé à Moustoir-Ac dans le Morbihan : « En traitant les œufs des lots plus compliqués, la casserie nous aide à mieux maîtriser le risque de ...</em>
« La durée de ponte de mes poules pondeuses progresse d’une semaine chaque année »

Olivier Le Gal dans le Morbihan améliore d’une semaine par an la durée de ponte de ses lots de poules brunes. Ses atouts …

<em class="placeholder">Un lot qui reste rentable jusqu’à une réforme tardive devra avoir un taux de perte et d’œufs déclassés suffisamment maîtrisé, au risque de perdre l’intérêt de ...</em>
« L’intérêt économique de prolonger la carrière des poules pondeuses doit être évalué lot par lot et ramené à l’année »

Pour Nicolas Destombes, de Lohmann France, l’intérêt de prolonger la carrière de la poule doit être raisonné pour chaque lot…

Le groupe DanHatch prend la main sur l'entreprise d'accouvage BD France dans le Finistère

Le 25 mars, l'entreprise d'accouvage et de multiplication BD France a annoncé un changement substantiel au sein de son…

<em class="placeholder">carte foyers IAHP</em>
Grippe aviaire : une situation toujours évolutive en France et en Europe

Même si l’épizootie d’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) se situe aujourd’hui à une échelle différente de l’hiver…

<em class="placeholder">Les trophées de la performance 2026 du groupement Armor Œufs remis aux éleveurs.</em>
Armor Œufs veut mettre en place 1 million de places supplémentaires de poules pondeuses d'ici 2028 en Bretagne

Le groupement de producteurs Armor Œufs déploie une stratégie claire pour se développer et vise 1 million de places de poules…

<em class="placeholder">L&#039;Efsa recommande une surface de 0,82 m2 pour un animal de 25 kg.</em>
Bien-Etre en dindes : quelles sont les principales recommandations de l'Autorité européenne de sécurité des aliments?
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a émis un avis sur le bien-être des dindes. Le point saillant est la…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)