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Vegetal Signals : la vigne sous écoute

La jeune entreprise bordelaise Vegetal Signals développe des capteurs capables d’interpréter les ondes électriques émises par les plantes. Cela permet de détecter le stress hydrique ou encore l’attaque du mildiou bien avant l’apparition de symptômes.

Les électrodes qui permettent de capter les signaux électriques de la vignes sont plantées dans un rameau. © Vegetal Signals
Les électrodes qui permettent de capter les signaux électriques de la vignes sont plantées dans un rameau.
© Vegetal Signals

Vous savez peut-être que nos nerfs sont parcourus par des courants électriques qui transportent des informations entre le cerveau et le reste du corps. Mais savez-vous qu’il existe des signaux analogues chez les plantes ? Fabien Le Bourdiec, ancien chercheur en neurosciences humaines, s’est penché sur ses aspects et a créé son entreprise Vegetal Signals en 2016. « L’existence de courants électriques dans les plantes ne date pas d’hier, mais il était impensable de décrypter leur signification. C’était sans compter sur les dernières avancées du numérique, explique le jeune entrepreneur. J’ai tout bonnement croisé l’ingénierie des neurosciences humaines avec la biologie végétale. » Et cette initiative fut payante, puisque Fabien Le Bourdiec a rapidement montré qu’il existait des différences de signaux entre les plantes stressées et celles non stressées, et qu’il était possible de développer des indicateurs. Vegetal Signals arrive aujourd’hui à discriminer chez la vigne les signaux qui traduisent une maladie de ceux qui informent d’un stress hydrique. « Nous observons la réponse immunitaire d’une vigne attaquée par le mildiou dans les 12 heures qui suivent la pluie », assure le dirigeant. Grâce à ces observations, l’entreprise entend aider les viticulteurs à diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires, en étant plus réactifs et en établissant des cartographies des zones infectées.

Les électrodes sont plantées dans les rameaux au printemps

En ce qui concerne les stress abiotiques, Vegetal Signals est capable de lire le confort hydrique dans lequel se trouve la vigne. En modélisant le potentiel de base, cela permet de développer un nouveau moyen de piloter l’irrigation, avec une fiabilité comparable à la chambre à pression, mais sans les manipulations fastidieuses. « L’intérêt principal de notre technologie est d’être une source d’information immense, en plus d’être facile à mettre en place », estime Fabien Le Bourdiec. Le système s’installe sur un piquet. Il se compose d’un petit panneau solaire (format A4) et d’un boîtier gros comme une brique d’où partent des fils électriques sur 8 ceps. Les électrodes, sous forme d’aiguilles, sont plantées dans les rameaux dès les mois d’avril/mai. « Nous sommes maintenant en train de voir si l’on peut réaliser avec ce système des analyses qualitatives, poursuit l’entrepreneur. Nous avons validé un premier résultat qui montre que l’on peut suivre le taux de chargement en sucres, et nous aimerions voir si cela est possible aussi avec l’acidité et les anthocyanes. » Il faut compter actuellement entre 4 et 10 capteurs à l’hectare, d’un coût unitaire proche des 300 euros, auxquels s’ajoute un abonnement pour couvrir les frais de développement de l’intelligence artificielle. Une offre commerciale pour l’instant élevée, mais qui devrait rapidement descendre avec le développement des techniques.

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