Un marché du vin biologique à deux vitesses
Le vin bio poursuit sa progression constante en volume comme en valeur. Cela cache toutefois de grandes disparités entre un marché vrac à la peine et des circuits de vente directe résilients.
Le vin bio poursuit sa progression constante en volume comme en valeur. Cela cache toutefois de grandes disparités entre un marché vrac à la peine et des circuits de vente directe résilients.
Un marché contrasté
D’un point de vue macro-économique, le marché du vin bio affiche de bons chiffres. Une situation qui semble paradoxale puisque de nombreux acteurs subissent une véritable crise du vin bio. « Il faut voir qu’en l’espace de six ans la valeur des ventes a gagné 50 %, mais dans le même temps la superficie du vignoble a doublé », analyse Julien Franclet, président de SudVinBio et administrateur de l’Agence bio. La croissance de l’offre a été supérieure à celle de la demande. » D’une manière générale, les vignerons qui travaillent en vente directe gardent un certain dynamisme, alors que les opérateurs qui vendent en vrac (coop-négoce principalement) font face à un marché atone.
La GMS décroche, le reste continue de grimper
Les ventes en grande distribution (GMS) ont régressé de 8 % en valeur en 2024. Elles ne représentent plus que 14 % en volume et 7 % en valeur, contre respectivement 22 % et 10 % en 2019. « Il y a eu de nombreux déréférencements en rayon pendant la période de forte inflation, car le bio a toujours cette étiquette de plus cher », regrette Julien Franclet. Nous voulons travailler avec les distributeurs et les convertir à la logique des accords de durabilité afin de faire appliquer les prix d’orientation récemment établis. » Les autres circuits sont orientés à la hausse. Aussi bien les cavistes et CHR (+ 13 % et + 12 %), qui représentent respectivement 17 % et 9 % des ventes en valeur, que la vente directe et l’export (+ 10 % chacun), qui totalisent 64 % de la valeur (25 % pour le premier et 39 % pour le second).
Une situation qui tend à se rééquilibrer
Le déclassement est à la baisse. Il a concerné 740 000 hectolitres de vin bio en 2024, contre 930 000 en 2023 (-21 %). L'Agence bio y voit la double explication que les rendements en 2024 ont été plus faibles en raison de la météo, et que la filière s’était préparée à l’inadéquation entre offre et demande. « Mais on peut y voir aussi un signe de relance. Le bio en général repart à la hausse », positive Julien Franclet.
Les conversions bio en forte baisse
Après un pic en 2021 (67 784 hectares), les conversions sont revenues en 2024 à leur plus faible niveau depuis 2017, avec 22 702 hectares. « La dynamique a toujours été en dent de scie, elle est le fruit de la conjoncture. Mais le bio répond à cette tendance globale de consommer moins mais mieux, je suis confiant sur l’évolution », relativise le président de SudVinBio. Il constate d’ailleurs que les déconversions n’ont pas explosé entre 2023 et 2024.