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Taille de la vigne : les bonnes idées du terrain

Avec l’essor des maladies du bois et la crise économique, la taille est plus que jamais scrutée sous toutes ses coutures. Voici des initiatives édifiantes du terrain.

La taille, pratique ancestrale s’il en est, se renouvelle pourtant sans cesse. Si ces dernières années, la taille douce ou physiologique était le sujet à la mode, les cartes sont rebattues par la crise économique. Dans ce contexte, Massimo Giudici, maître tailleur chez Simonit & Sirch, met en garde. « Beaucoup de viticulteurs veulent diminuer le coût de la taille, constate-t-il. Mais il faut veiller à ne pas mettre en péril la pérennité de la vigne. » Et de poursuivre : « Les viticulteurs oublient vite que depuis toujours, si une vigne est vigoureuse, elle donnera de gros raisins avec un bon ratio jus/peau-rafle », rappelle-t-il. Or qui dit rendement dit rentabilité.

Une taille courte de la vigne préserve la pérennité des pieds

Et pour avoir des sarments vigoureux, rien de tel qu’une taille courte. Elle conduit à avoir de gros rameaux, plus costauds. Ces derniers porteront des raisins plus lourds que des rameaux fins, dont les grappes auront plus de rafles que de jus. « Nous avons conduit des essais avec différentes charges par pied en Champagne, rapporte Massimo Giudici. Et les vignes ayant 7 à 8 bourgeons par sarment n’ont pas donné plus que celles avec 4 ou 5 bourgeons. La taille courte conserve en outre la vigueur et la pérennité de la vigne. » Sans compter qu’une taille courte limite les entassements de végétation, propices aux maladies cryptogamiques, une taille longue entraînant souvent une hausse des coûts de protection phytosanitaire.

La taille courte de la vigne est un atout pour lutter contre les contraintes hydriques

La taille courte est également une alliée dans le cadre du changement climatique. « Les rameaux moins vigoureux subiront plus vite la contrainte hydrique, indique Massimo Giudici. Les feuilles de la base tomberont rapidement et les ceps retireront le jus des baies pour pouvoir transpirer. Le faible ratio de jus des baies sera particulièrement marqué les années de sécheresse sur les petits rameaux. » Second effet, ces sarments perdant les feuilles de leur base, les grappes seront sujettes à l’échaudage.

Avoir un bon volume de jus est également important pour répondre à la demande des consommateurs, en quête de fraîcheur et de fruité. « Il y a quinze ans, lorsque je suis arrivé en France, tout le monde voulait de la concentration, se remémore Massimo Giudici. Dorénavant, tout le monde recherche du fruité et de la fraîcheur, et pour obtenir cela, il faut des sarments dynamiques, du jus, du peps, de la vigueur. » CQFD.

Avoir un bon volume de jus est également important pour répondre à la demande des consommateurs, en quête de fraîcheur et de fruité.

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