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Semis de couverts viticoles dans le Tarn : « Mon meilleur mélange a été une association féverole-seigle forestier »

Suite à l’autoconstruction d’une machine pour couper et coucher les couverts sous le rang, Geoffrey Gabaston a pratiqué la technique pendant plusieurs années dans son ancien poste de chef de culture au Domaine Carcenac dans le Gaillacois. Il revient sur son expérience.

<em class="placeholder">faucheuse autoconstruite de Geoffrey Gabaston au Domaine Carcenac</em>
Au Domaine Carcenac, les couverts couchés sous le rang ont donné des résultats très significatifs, comme empêcher le chiendent de germer.
© CA 81

« J’ai commencé à semer des couverts et en faire un paillage car je ne voulais pas de travail du sol sous le rang qui détruit tout ce que l’on entreprend par ailleurs, comme favoriser les vers de terre et les organismes qui vivent avec de l’oxygène. Le paillage, c’est l’inverse, il fait un abri pour les micro-organismes, les insectes… et il empêche l’herbe de pousser.

 

 
<em class="placeholder">Geoffrey Gabaston, ancien chef de culture du domaine Carcenac dans le Tarn</em>
Pour Geoffrey Gabaston, ancien chef de culture du domaine Carcenac, le choix des espèces dans les couverts demeure complexe. © CRA Occitanie

J’ai pratiqué les couverts couchés sous le rang pendant trois à quatre ans et nous avions des résultats très significatifs : moins de stress hydrique pour la vigne, des turricules de vers de terre… Je devais quand même passer un désherbant sous le rang contre certaines vivaces comme l’érigéron ou le liseron qui arrivaient à pousser. Mais le couvert empêchait le chiendent de germer !

Gros effet paillant, parfois jusqu’à la tête de la souche

Le plus complexe est de choisir les espèces : cela reste des plantes qui ont leurs propres exigences et leurs limites. Par exemple, il est plus facile de semer de grosses graines, qui peuvent être enfouies à 5 cm de profondeur, alors que les petites graines ont besoin de terre fine et ne pousseront pas si elles sont semées à plus de 3 cm de profondeur.

J’ai rencontré des problèmes avec la féverole, qui est sensible aux maladies. Aussi, j’ai essayé des espèces plus résistantes et en alternance chaque année, comme une rotation en grandes cultures. Mon meilleur mélange a été une association féverole-seigle forestier avec des hauteurs de couvert très bonnes et un gros effet paillant, parfois jusqu’à la tête de la souche. Le seigle forestier produit beaucoup de matière sèche et fait de la paille, la féverole sert de fertilisant.

J’ai aussi essayé l’avoine, la phacélie, la navette… Mais l’avoine repousse, elle est difficile à détruire. Or mon but était de faucher à ras et de créer un chaume. J’ai eu des réussites et des échecs selon la parcelle, le type de sol, la date de semis. Il n’y a pas de règle évidente, c’est ce qui fait que ça reste complexe. »

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