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Plan d’aide à la filière vin : 1,3 million d'hectolitres en suspens

Pilier du plan d’aide spécifique du gouvernement à la filière vin, l’aide à la distillation s’avère sous dimensionnée par rapport au volume des demandes. L’autre mesure, l’aide au stockage privé, n’est pour l’heure pas encore actionnable.

cuves dans une coopérative en Gironde
Le volume de demande d''aides à la distillation de crise atteint 3,3 millions d'hectolitres alors que le plan du gouvernement ne prévoit un financement que pour 2 millions d'hectolitres. Un coefficient de 58,33% va être appliqué sur l'ensemble des demandes. La filière attend la réponse du gouvernement sur sa demande de complément pour financer la totalité des volumes demandés.
© M. Leclercq

FranceAgriMer a fait ses additions et les souscriptions à l’aide à la distillation prévue par le plan de soutien à la filière vins atteignent 3,3 millions d’hectolitres. C’est donc 1,3 millions d’hectolitres de plus que les 2 millions d’hectolitres que l’enveloppe de 155 millions d’euros prévue par le gouvernement doit financer. « On a donc un delta assez important », a admis Didier Josso, délégué de la filière vins chez FranceAgriMer, lors d'une e-conférence de presse au lendemain du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer du 8 juillet.

Comme annoncé lors du précédent conseil spécialisé vins de FranceAgriMer, un coefficient va être appliqué pour que le volume aidé rentre dans l’enveloppe actuellement prévue. Il a été fixé à 58,33% du volume souscrit. FranceAgriMer va envoyer une notification des volumes distillables « d’ici le 14 juillet ». Pour les 5 000 souscripteurs ayant déposé une demande, l’aide notifiée sera versée « d’ici le 15 octobre ».

Le sort des 42% du volume d'aide à la distillation demandé en attente

La filière avait évalué le besoin à 3 millions d'hectolitres. Elle a donc demandé au ministre de l’Agriculture que le financement soit complété …. Sauf que c'était à Didier Guillaume. Y aura t’il une deuxième salve de notifications ? Le suspens reste entier. Le remaniement ministériel risque de ralentir encore la réponse gouvernementale. Le nouveau ministre, Julien Denormandie, va donc devoir assez vite prendre position sur ce sujet. Ce temps ministériel et administratif paraît infini alors que les vendanges elles ne vont pas attendre.

Le Languedoc en tête des demandes

Lors de la conférence de presse, Didier Josso a officialisé les chiffres qui circulaient sur les volumes d’aides à la distillation demandés par bassins de production. Le Languedoc-Roussillon totalise 1 227 000 hl, l’Aquitaine : 780 000 hl, la Vallée du Rhône-Provence : 403 000 hl, le Sud-Ouest : 461 000 hl, le Val de Loire-Centre : 263 000 hl, l’Alsace-Est : 83 000 hl, la Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura : 61 000 hl, la Charentes-Cognac : 6 000 hl, la Corse : 6 000 hl.

Globalement, les vins avec IG concernent 2 907 000 hl sur le volume total, et les vins sans IG, 384 000 hl. Le distingo IGP et AOP n’est pas connu, l’aide étant la même pour tous les vins avec IG (78 euros/hl).

Un plan de contrôle est prévu pour vérifier que le produit de la distillation des vins est conforme à ce qui est prévu, à savoir de l’alcool industriel, a tenu à préciser Didier Josso.
 

La mise en oeuvre de l'aide au stockage privé en discussion

Second pilier du plan, l'aide au stockage privé reste à ce jour dans le flou. Les 15 millions d’euros qui y sont consacrés dans le plan d’aide n’ont pas encore de modalités claires pour être distribués. De son côté FranceAgriMer pointe la difficulté de s’assurer que « les vins mobilisés dans le cadre du stockage privé ne soient pas envoyés à la distillation ». Idéalement, l’organisme aurait aimé procéder en deux temps : assurer d’abord les aides à la distillation puis gérer l’aide au stockage privé. Mais cette organisation ne peut coïncider avec le timing des acteurs de la filière viticole, confrontés de façon brutale et immédiate à l’impact du coronavirus sur les trésoreries.

Parmi les points en discussion, le volume minimum éligible de 500 hl proposé par FranceAgriMer a été contesté. FranceAgriMer explique qu’il correspond à la prise en compte du coût administratif du versement d’une aide par rapport au montant de l’aide versée. Le montant de l'aide n'est pas non plus validé, pas plus que la référence pour définir le surstockage causé par le Covid-19. Autant de points épineux à résoudre, sachant que le temps presse. Un groupe de travail entre l’administration et la filière est prévu pour aboutir à une décision d’ici « la fin du mois de juillet ».

 

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