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Le collectif Vignerons du Vivant renouvelle sa formation

Former et embaucher localement est l’objectif d’un dispositif original de réinsertion professionnelle initié par plusieurs châteaux du Médoc réunis dans un collectif. Satisfaits de la première session lancée l’an dernier, ils renouvellent l’expérience.

La formation mise en place par Vignerons du Vivant cherche à relier des viticulteurs confrontés à une pénurie endémique de main-d'œuvre, et une population locale fortement touchée par le chômage. Elle aborde l'agroécologie. © Vignerons du Vivant
La formation mise en place par Vignerons du Vivant cherche à relier des viticulteurs confrontés à une pénurie endémique de main-d'œuvre, et une population locale fortement touchée par le chômage. Elle aborde l'agroécologie.
© Vignerons du Vivant

Depuis le 2 mars, 9 jeunes ont été embauchés en contrat de professionnalisation par autant de propriétés viticoles médocaines dans le cadre d’un dispositif de réinsertion professionnelle. Organisé en alternance, le cursus de 12 mois débouche sur une formation qualifiante au métier d’ouvrier polyvalent de la vigne. Autre particularité, une partie des cours traite d’agroécologie. « Le projet a été lancé par un collectif d’une quinzaine de propriétés viticoles dénommé les Vignerons du Vivant, explique Pierre Cazeneuve, du Château Paloumey en Gironde, porte-parole du collectif. C’est Jean-Baptiste Cordonnier, du Château Anthonic, qui le premier a formulé le double questionnement à l’origine du projet. Il s’est demandé comment nous, viticulteurs, pouvions pourvoir nos besoins de main-d’œuvre en embauchant des personnes habitants sur notre territoire où le taux de chômage est très élevé. Il nous semblait important de trouver un moyen pour que le système devienne un peu plus vertueux. »

Un processus de formation en deux temps

La première promotion de 12 jeunes de 18 à 30 ans a démarré la formation fin 2018 et 8 d’entre eux l’ont terminée fin 2019. Un des jeunes a été embauché en CDI dans le château où il était stagiaire. Grâce au suivi régulier réalisé à l’issue de la formation pour mesurer l’efficacité du système sur le long terme, on sait que début avril, quatre d’entre eux sont en CDD et qu’un autre est en cours d’embauche. La seconde promotion de 12 autres jeunes a pris la suite fin 2019. La formation s’organise en deux temps. Elle commence par un stage de 3 mois qui permet au jeune de valider ou pas l’intérêt qu’il porte au métier. Puis commencent les neuf mois de formation qualifiante. C’est l’étape qui a démarré le 2 mars pour la seconde promotion. Sur cette période, les jeunes travaillent sur l’exploitation 2/3 de leur temps et sont en formation tous ensemble sur le 1/3 restant.

Former les jeunes au métier de « demain »

Pour monter ce dispositif, les Vignerons du Vivant se sont adressés à plusieurs partenaires dont la fondation Apprentis d’Auteuil pour l’accompagnement psycho-social des jeunes et la Maison familiale et rurale (MFR) de Saint-Yzans-de-Médoc en tant que partenaire pédagogique pour encadrer des cours, organiser les plannings des 15 journées de formation des experts de l’agroécologie et pour mener un suivi individualisé en lien avec le salarié-tuteur au sein du château.

« L’intervention de plusieurs experts, sur les questions liées à l’agroécologie est un point important que nous avons souhaité inclure dans ce cursus, poursuit Pierre Cazeneuve. Il nous semble en effet important de préparer les jeunes aux besoins de demain et pas aux métiers d’hier. C’est aussi un moyen de rendre le métier plus attractif. »

Témoignage : Nathalie Lejard, formatrice technique à la Maison familiale et rurale de Saint-Yzans-de-Médoc

"Comme tout le monde avec le confinement, on s’adapte"

« Le confinement a chamboulé la phase de formation de la deuxième quinzaine de mars. Début avril, 5 des 9 jeunes embauchés travaillent sur l’exploitation et sont en train d’acquérir des compétences qui leur serviront pour les validations pratiques. Les autres sont confinés. Les 2 jours de formation prévus sur l'agroforesterie ont été ajournés. La validation de l’épreuve de taille sera peut-être organisée en visioconférence. Reste la question des deux jours de formation préalable au passage du Certiphyto « opérateur ». Comme tous les jeunes ont au moins un mail et un téléphone portable, je leur ai déjà envoyé un diaporama à travailler sur les plantes adventices. J’en prépare un autre sur la reconnaissance des symptômes des maladies et des parasites de la vigne. Nous regardons avec les Apprentis d’Auteuil comment il serait possible de leur mettre à disposition si besoin des écrans plus grands pour ceux qui n’ont pas accès à un ordinateur ou une tablette. »

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