Aller au contenu principal

Les pépiniéristes viticoles alertent sur l'impasse des plants bio

A l’occasion de son 20ème anniversaire, la Fédération française de la pépinière viticole, par le truchement de son président David Amblevert, a fait le point sur les chantiers et projets qui l’animeront dans les mois à venir.

Lors de l'assemblée générale de la FFPV le 19 octobre 2023, David Amblevert a dressé un panorama des principaux défis attendant la pépinière.
Lors de l'assemblée générale de la FFPV le 19 octobre 2023, David Amblevert a dressé un panorama des principaux défis attendant la pépinière dans les années à venir.
© C. de Nadaillac

Le congrès de la Fédération française de la pépinière viticole (FFPV) s’est déroulé à Reims les 18 et 19 octobre. Une destination festive et dynamique, au diapason du conseil d’administration, qui a tenu à se montrer conquérant et positif. Ce qui ne l’a pas empêché d’aborder divers points d’achoppement.

De la difficulté de produire des plants de vigne sans phytos de synthèse

A commencer par la difficulté de produire des plants de vigne bio. « Il y a un point de blocage au niveau de la protection phytosanitaire, a souligné David Amblevert, président de la FFPV. Des années comme celle que nous venons de vivre nous montrent que le cuivre et même les phosphonates ne sont pas suffisants pour contenir le mildiou en pépinière, notamment dans le sud-ouest. » Et de poursuivre : « le risque économique est tel que nous ne pouvons l’endosser en tant que professionnels responsables ». 

Lire aussi | Flavescence dorée : le Conseil d'Etat donne raison aux pépiniéristes

La FFPV appelle donc l’Inao à revenir dans le cadre d’une autorisation générale. Et ce d’autant plus que le temps de conversion d’un domaine est de trois ans, soit un laps de temps identique à celui qui sépare la plantation de l’entrée en production… A voir si la FFPV sera entendue, le sujet étant d’importance pour les viticulteurs bio. Car en l'état actuel des choses, si un pépiniériste étranger venait à produire de tels plants, le viticulteur serait obligé de se fournir chez lui en cas de plantation.

Lire aussi | Maladies du bois : pas d’impact des contaminations en pépinière viticole ?

David Amblevert a soulevé d'autres difficultés, telles que l'obligation d'enherber les parcelles de vignes-mères de porte-greffes, dans le cadre de la PAC et des éco-régimes, la non-modularité du forfait restructuration du vignoble dans le cas de variétés résistantes, plus chères à produire, ou encore l'arrivée sur le marché de nouvelles variétés "dont la consonance usurpe le nom de nos cépages français".

Vers des formations ampélographiques par l'IFV

Mais le président a surtout tenu à souligner la montée en puissance de la marque Entav-Inra, avec notamment l’installation de serres insect proof, le développement de l’innovation variétale et la formation des pépiniéristes en ampélographie par l’IFV. « L’offre en matériel végétal devient de plus en plus large, note David Amblevert, et elle va continuer à s’enrichir. Il est indispensable de nous former. » Le développement de formations aux maladies, notamment émergentes, est aussi au programme.

voir plus loin

L’assurance multirisque sur les rails

Ils l’avaient évoqué lors de leur assemblée en Savoie en 2022. C’est désormais réalité. Les pépiniéristes peuvent bénéficier de l'aide de la PAC de 70 % lors de la souscription d’une assurance multirisque climatique. A ce jour, 17 % des pépiniéristes ont sauté le pas. A terme, la FFPV table sur un taux de couverture de 35 à 40 %. 

Les plus lus

<em class="placeholder">Thomas Berger-Leslavergne, viticulteur à Troissy, dans la Marne</em>
En Champagne : « J’ai imaginé une fraise de curetage pour lutter contre les maladies du bois de la vigne »
Le vigneron champenois Thomas Berger-Leslavergne a cocréé une fraise de curetage, l’OB 20, plus maniable et précise que les…
<em class="placeholder">barriques de vinaigre dans une serre à Cadillac en Gironde</em>
En Gironde : « J’ai installé mes barriques à vinaigre dans une serre et non dans mon chai »

Vigneron multi-actif, Vincent Lataste, du Château Mamin à Cadillac en Gironde, vient d’ajouter la production de vinaigre à son…

Vidéo - En Gironde : une remorque faite maison pour lutter contre le gel de la vigne

Un vigneron bordelais, Frédéric Lahaye, a conçu une remorque antigel. La voici en action.

<em class="placeholder">Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire</em>
En Indre-et-Loire : « Notre programme de traitement de la vigne à environ 400 euros/ha/an intègre des biocontrôles »

Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire, intègre du biocontrôle dans ses…

Julien Chadutaud devant les vignes des domaines Jean Martell
En Charente : « Les tanins de châtaigne permettent de diminuer les doses de cuivre pour lutter contre le mildiou de la vigne »

Julien Chadutaud, responsable vignoble aux domaines Jean Martell, à Rouillac, en Charente, a testé les tanins de châtaigne…

<em class="placeholder">Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine &amp; Spirits Business.</em>
Inde : « Il faut que la filière viticole française ait bougé d’ici un ou deux ans maximum car tout le monde lorgne sur ce marché »

Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine & Spirits Business, analyse le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole