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OAD viticoles : vers des prévisions à la parcelle ?

L’utilisation d’outils d’aide à la décision est un plus, mais leur utilisation n’est pas toujours optimisée. Des perspectives s’ouvrent toutefois.

<em class="placeholder">Viticulteur sur son smartphone dans les vignes.</em>
Le niveau de risque des maladies de la vigne calculés par les outils d'aide à la décision sont accessibles depuis son Smartphone.
© X. Delbecque

Bien qu’elle ne soit pas nouvelle, l’offre en outils d’aide à la décision (OAD) dédiés à la viticulture continue de s’étoffer. « Ce sont des solutions qui sont plus particulièrement intéressantes les années atypiques, ce qui arrive de plus en plus fréquemment », observe Bruno Tisseyre, enseignant-chercheur à l’Institut Agro de Montpellier et titulaire de la chaire AgroTIC. En effet, lorsque les températures et la répartition des pluies sont un peu chaotiques, il est rassurant d’avoir une idée du risque épidémique pour piloter ses traitements.

« Mais il existe de multiples OAD et des centaines de façon de les utiliser, soulève Xavier Burgun, ingénieur à l’IFV. Par exemple, certains viticulteurs renseignent précisément les stades phénologiques, d’autres non. » L’ingénieur charentais a mené quelques tests de terrain ces dernières années pour observer la réactivité de différents OAD. Il a tout d’abord remarqué qu’en 2023 et 2024, les conditions étaient tellement mauvaises que l’on ne pouvait pas véritablement réaliser d’économie en produits phytosanitaires.

Il a aussi observé que certains OAD sont alarmistes, d’autres non, « mais au bout du compte il n’y a pas de grosses différences entre eux en termes de dégâts observés au vignoble », constate l’expert. Il y a, selon lui, deux conditions essentielles pour obtenir les meilleures prévisions : avoir une donnée météo en entrée la plus fine possible, et bien renseigner la pousse de la vigne. Pour aller plus loin, ses collègues de Nouvelle-Aquitaine et lui ont lancé un projet plus cadré afin de comparer de façon précise le fonctionnement de différents OAD par rapport à un témoin non traité. Ce travail permettra de pointer les avantages et les faiblesses des outils actuellement à disposition des viticulteurs.

Une modélisation du risque à la parcelle pour demain

En parallèle, l’IFV a noué un partenariat avec l’entreprise Greenshield pour développer un nouveau modèle de prévision des maladies, nommé Medium. Il remplacera ainsi Potentiel System, qui fait tourner plusieurs OAD du marché, dont DeciTrait, la solution commercialisée par l’IFV. « Le premier objectif est de gagner en performance, car le modèle actuel date d’une dizaine d’années, alors que le climat change, explique Simon Moulieras, responsable viticulture durable et innovation chez Greenshield. Le deuxième est de créer des solutions pour démocratiser l’usage de ces technologies. »

Cette nouvelle mouture laissera une plus grande place aux recalages, pour gagner en personnalisation et avoir une prédiction adaptée à l’exploitation. De nouvelles données, comme la sporée aérienne et l’humectation foliaire viendront également consolider le modèle. « À terme, on peut imaginer que les technologies de capteurs embarqués sur les tracteurs viennent alimenter le recalage du modèle de façon hyperlocalisée, et ainsi donner au viticulteur une hétérogénéité du risque à la parcelle », anticipe Simon Moulieras. Le modèle Medium commence à être opérationnel et devrait être déployé dès 2026.

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