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Les agriculteurs se déclarent plus pessimistes qu’il y a un an sur l’avenir de leur exploitation

La publication du baromètre Prism réalisé par Agriconomie et le groupe Réussir en lien avec BVA éclaire sur les raisons de la colère qui se manifeste actuellement sur tout le territoire français.

Jeune agricultrice et son père dans un champ de céréales devant un tracteur
© Gabriel Omnès

40% des agriculteurs se déclarent pessimistes quant à l’avenir de leur exploitation contre 34% il y a un an, selon les résultats de la deuxième édition du baromètre Prism réalisée par Agriconomie et le groupe Réussir en collaboration avec BVA (échantillon représentatif de 2331 agriculteurs enquêtés en décembre 2023). Seulement 25% sont optimistes (en baisse de 4 points). Un sondage qui fait écho au mouvement de manifestation de colère des agriculteurs dans toute la France.

Parmi les plus pessimistes : les viticulteurs à 49%, en hausse de 11 points sur un an.

Lire aussi : Prism, le baromètre au service des acteurs économiques agricoles

Qu’est-ce qui rend les agriculteurs pessimistes ?

Au rang des raisons rendant les agriculteurs pessimistes, la concurrence internationale devient la première préoccupation avec 10 points de plus que l’an dernier. Une situation jugée très préoccupante par 40% des agriculteurs.

Derrière la crainte de perte de production à cause des aléas climatiques reste stable (34%) à égalité avec les difficultés de transmission de l’exploitation. Enfin les difficultés financières dans un avenir proche sont évoquées par 30% des agriculteurs enquêtés (contre 25% l’an passé).
 

Deux agriculteurs sur trois réclament moins de contraintes réglementaires

66% des agriculteurs interrogés estiment que « l’assouplissement des réglementations serait très pertinent pour absorber plus sereinement l’avenir », selon le baromètre Prism (contre 62% l’an dernier). 

Loin derrière, 25% des agriculteurs estiment que le développement de techniques innovantes pour réduire l’usage d’intrants (contre 28% l’an passé) les aiderait dans leur métier. 26% (contre 23% l’an passé) citent parmi leurs attentes « un financement plus adapté des exploitations qui investissent pour une agriculture durable ».

Lire aussi : Colère des agriculteurs : 100 mesures demandées par FNSEA et les Jeunes agriculteurs pour lever les barrages

 

La nouvelle PAC critiquée par une grande majorité d’agriculteurs

Le baromètre Prism montre une appréciation majoritairement défavorable des agriculteurs vis-à-vis de la nouvelle PAC. 92% des sondés juge que la nouvelle PAC « ne protège pas davantage les agriculteurs européens de la concurrence hors-Europe » et 86% estiment que « les nouvelles règles sont complexes à mettre en œuvre sur l’exploitation » (taux montant jusqu’à 93% chez les céréaliers).

Un agriculteur sur deux s’attend à voir ses aides PAC diminuer.
 

Que pensent les agriculteurs des élections européennes ?

Interrogés sur les élections européens, 89% des agriculteurs enquêtés estiment être « mal représentés par les députés européens français ». Un agriculteur sur deux affirme « que les résultats de cette élection n’auront aucune incidence sur leur exploitation » et 40% s’attendent même à davantage de pression en matière de normes environnementales.

70% attendent du nouveau Parlement européen qu’il légifère en priorité sur la mise en place de clauses miroirs entre pays adhérents de l’Union européenne.

Ces premiers résultats du baromètre Prism seront complétés par l’annonce des résultats complets dans le cadre des Controverses de l’Agriculture et de l’Alimentation le 14 février prochain. 

Lire aussi : Quel agriculteur êtes-vous ? Plutôt chat, jaguar, tortue, lion ou abeille ?

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