Aller au contenu principal

Glyphosate : la Commission européenne a commis une « erreur de droit » dans sa prolongation temporaire

Bruxelles a commis une « erreur de droit » dans la prolongation temporaires d’autorisation de mise sur le marché de trois produits phytopharmaceutiques, indique le Tribunal de l’UE dans une décision publiée ce 19 novembre. Si le glyphosate est concerné, cette décision « n’aura aucune conséquence » sur sa réautorisation pour 10 ans selon PAN Europe.  

Parcelle traitée au glyphosate fin octobre 2024 dans le nord de l'Eure-et-Loir.
Les trois substances actives concernées par cette décision sont le glyphosate, le boscalid et la dimoxystrobine.
© Gabriel Omnès

[Modifié le 25/11/2025 avec les précisions d'Agra Europe et de l'ONG Pollinis]

« La Commission a commis une erreur de droit justifiant l’annulation de ses décisions ». Dans une décision rendue ce mercredi 19 novembre, le Tribunal de l’Union européenne a tranché en faveur des associations environnementales Pesticide Action Network (PAN) Europe, Pollinis, et Aurelia Stiftung. Celles-ci avaient saisi la Cour de justice de l’UE en 2022 et 2023 après des rejets de la Commission européenne de réexaminer ses décisions de prolonger la période d’approbation de produits phytopharmaceutiques. Les trois substances actives concernées sont le glyphosate, le boscalid et la dimoxystrobine. Par cette décision, le Tribunal de l’UE annule les rejets de Bruxelles, et estime que la Commission européenne « a commis une erreur de droit ». 

Lire aussi : Glyphosate : la réautorisation pour dix ans publiée par la Commission européenne

Que reproche le Tribunal de l’UE à la Commission européenne ? 

En particulier, il est reproché à Bruxelles d’avoir mal interprété le droit de l’UE sur la procédure de prolongation d’une autorisation de mise sur le marché d’un pesticide, le temps de l’examen d’une demande de renouvellement. Une telle prolongation « revêt un caractère provisoire et exceptionnel », précise le Tribunal de l’UE. Et « ne doit durer que le temps nécessaire pour achever la procédure de renouvellement, ni plus ni moins ». Au lieu d’une durée de prolongation calculée en fonction de chaque substance active, la Commission « optait pour des prolongations plus courtes », explique l’autorité. Ainsi, le Tribunal de l’UE juge que la prolongation temporaire d’approbation des substances actives « ne peut être appliquée de manière automatique ou systématique ». 

Lire aussi : Glyphosate : la contestation prend de l’ampleur contre la réautorisation de l’herbicide dans l’Union européenne

« Cette décision n’aura aucune conséquence pour le glyphosate », souligne PAN Europe

Dans un communiqué publié ce jour, PAN Europe se félicite d’une « nouvelle victoire majeure pour la santé et l’environnement ». L’ONG souligne toutefois que cette décision « n’aura aucune conséquence » sur la réautorisation pour 10 ans du glyphosate par la Commission européenne, décidée fin 2023. Et dit attendre l’audience de son recours contre l’approbation de l’herbicide.

119 substances actives concernées par des prolongations successives 

Dans un communiqué publié ce jour, Pollinis s'est aussi félicité d'une « victoire ». L'ONG rappelle qu'elle avait identifié en 2023 un total de 119 substances actives de pesticides sur 453 autorisées qui bénéficient de prolongations successives sans réévaluation de leurs risques. Selon l'avocat de Pollinis, cet arrêt du tribunal de l'UE pourrait « obliger la Commission européenne à revoir chaque extension d’autorisation de mise sur le marché d’une substance active ». 

Un projet européen pour des autorisations sur le marché illimitées

Selon Agra Europe, Bruxelles songe cependant à simplifier sa réglementation sur les produits phytosanitaires, afin d’accorder des autorisations de mise sur le marché illimitées et réexaminées au cas par cas en fonction des données scientifiques. Ce projet doit être présenté le 16 décembre par la Commission européenne.  

Lire aussi : PAN Europe va porter plainte contre la réautorisation du glyphosate

Les plus lus

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : trois nouveaux cas détectés en Sardaigne, un cheptel non vacciné concerné

Trois foyers supplémentaires de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) ont été détectés le 28 et le 29 avril en…

Agriculteur remplissant de GNR le réservoir de son tracteur
Crise du GNR agricole : comment bénéficier de l’aide de 15 centimes d’euros par litre pour le mois de mai ?

Le gouvernement vient de préciser les modalités pour bénéficier des différents dispositifs de soutien aux agriculteurs pour l’…

Machine agricole d’une ETA en pleine recharge de GNR
ETA : « Le coût du GNR représente 13 à 20% de notre chiffre d’affaires, on ne peut pas amortir une hausse du prix du gazole de 90% »

La hausse du prix du gazole non routier touche très fortement les entreprises de travaux agricoles qui se voient contraintes…

Unité de méthanisation en bâche souple au milieu d'un champ.
Incorporation du biométhane : le gouvernement présente ses objectifs pour les certificats de production de biogaz après 2028

Le gouvernement vient enfin de présenter ses objectifs pour les certificats de production de biogaz (CPB). Une trajectoire qui…

Drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
Prix des engrais : la Commission européenne ne compte pas suspendre le MACF, mais prévoit des aides directes

La Commission européenne ne compte pas suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) face à l’augmentation…

  Bâtiment d’élevages de volailles dans les Côtes d’Armor
Projets de bâtiments d’élevage (ICPE), d’irrigation (IOTA) et de méthanisation : un décret pour accélérer les contentieux en matière environnementale

Un décret publié ce matin au journal officiel vise à accélérer les contentieux contre certains projets agricoles et notamment…

Publicité