Salon de l'agriculture 2026 : 6 priorités pour les viticulteurs de Gironde à mettre en place d’ici 2030 pour passer la crise
La chambre d’agriculture de la Gironde édite un document, Cap 2030, qui formalise 35 leviers communs à mettre en place de façon individuelle et collective, espérant ainsi guider la filière dans un même sens pour la sortie de crise. La présentation a été faite au SIA 2026.
La chambre d’agriculture de la Gironde édite un document, Cap 2030, qui formalise 35 leviers communs à mettre en place de façon individuelle et collective, espérant ainsi guider la filière dans un même sens pour la sortie de crise. La présentation a été faite au SIA 2026.
Fixer un cap et définir une stratégie territoriale face à la crise viticole bordelaise. Telle est l’ambition de la chambre d’agriculture de la Gironde, avec le programme Cap 2030. « Ce travail est parti du sentiment qu’il se fait beaucoup de choses sur le terrain pour faire face à la crise, mais de façon désorganisée », explique Jean-Samuel Eynard, président de la chambre. Sur la base d’une étude réalisée par l’institut EnTerritoires auprès d’un large panel de représentants de la filière, Cap 2030 fixe 35 propositions à destination des viticulteurs. Elles sont autant de leviers d’action à court et moyen terme pour assurer l’avenir de la filière viticole girondine.
« Ces 35 propositions se veulent réalistes et adaptées au contexte local », poursuit le président de la chambre, qui les regroupe en six priorités. Parmi lesquelles l’amélioration de la productivité face aux aléas de plus en plus nombreux (sécheresse, maladies cryptogamiques…), le maintien des rendements étant un enjeu stratégique. Mais aussi la diversification, « qui peut être un levier structurant s’il est pensé à l’échelle du territoire et soutenu sur le long terme, précise Jean-Samuel Eynard. Se lancer de façon isolée dans une nouvelle filière est trop risqué. » Une autre priorité réside dans l’amélioration du partage de la valeur, notamment via une mobilisation sur les accords de durabilité, la loi Egalim ou la mise en place d’organisations de producteurs (OP).
Une base de travail pour toute la filière viticole girondine
En plus d’être une piste de réflexion pour les viticulteurs, Jean-Samuel Eynard voit également ce programme comme une base de travail pour la filière viticole girondine (ODG, syndicats…), afin d’avancer dans un même sens. Le document complet sera disponible en ligne sur le site de la chambre d’agriculture de la Gironde mais aussi en physique dans les antennes Adar locales.
Dans le détail, les six priorités portent sur :
- Adapter les pratiques pour améliorer la productivité et sécuriser les rendements face au changement climatique, aussi bien à court terme (fertilisation, taille, assurance), moyen terme (résilience des sols, irrigation, mode de conduite, surface foliaire, agroforesterie) qu’à long terme (porte-greffes, cépages, variétés résistantes).
- Adapter les gammes et styles de vins aux nouvelles attentes des marchés, notamment grâce au surgreffage ainsi qu’à un pilotage collectif de nouveaux styles à l’échelle de la filière.
- Diversifier les cultures et activités agricoles. Cela devra passer par la mise en place d’une ingénierie territoriale, en mobilisant l’Établissement Public Foncier, et la priorisation/sécurisation de filières viables en Gironde. Mais aussi par un soutien à l’essor d’un œnotourisme adapté aux petites exploitations.
- Sécuriser et élargir les débouchés, aussi bien de proximité qu’à l’export. En mettant les bouchées doubles sur la vente directe, le storytelling et la valorisation collective localement. Mais aussi en encourageant la contractualisation et en soutenant les entreprises dans leurs capacités à exporter, notamment sur de nouveaux pays.
- Attirer, former et fidéliser la main-d’œuvre, à travers des offres de formations plus souples et mixtes, et faciliter la transmission du patrimoine viticole.
- Orienter la filière vers une segmentation assumée entre VSIG, IGP et AOC pour renforcer l’adéquation au marché, et garantir un juste partage de la valeur (prix d’orientation et/ou prix plancher).