Météo agricole
Coup de froid sur les vignes, kiwis et arbres fruitiers : « L’arrivée cette nuit d’un gel agricole marqué sur une végétation très en avance risque de causer des dégâts », prévient Serge Zaka
L’agroclimatologue Serge Zaka alerte depuis plusieurs jours sur l’arrivée d’un épisode de froid marqué dès cette nuit du 25 au 26 mars sur une bonne partie de la France qui pourrait causer des dégâts à des cultures à des stades végétatifs très avancés pour la saison.
L’agroclimatologue Serge Zaka alerte depuis plusieurs jours sur l’arrivée d’un épisode de froid marqué dès cette nuit du 25 au 26 mars sur une bonne partie de la France qui pourrait causer des dégâts à des cultures à des stades végétatifs très avancés pour la saison.
« C’est désormais récurrent, attention une descente d'air froid arrive ce soir et risque de causer des dégâts sur une végétation en avance de deux semaines à un mois selon les régions en France », prévient Serge Zaka, agroclimatologue et PDG d’AgroClimat2050. « On ne devrait pas atteindre les records de froid d’avril 2021, avec des températures pouvant descendre jusqu’à -2° à -5°C, mais la végétation est encore plus en avance », poursuit-il.
Relire : Gel tardif dans les vergers et les vignes : le phénomène se répète, souligne Serge Zaka
Arrivée d’un gel agricole marqué dans la nuit du 25 au 26 mars 2026
Depuis plusieurs jours, grâce à son outil Agroclimat il prévient de l’arrivée d’un épisode de « gel agricole marqué » qui va toucher la France dès le 26 mars après « deux mois de douceur exceptionnelle ».
Attention tous les microclimats vont s’exprimer dans les fonds de vallée
« La descente d'air froid va être marquée cette nuit du 25 au 26 puis se décaler plus vers le sud, jeudi et vendredi », explique-t-il. « Cela devrait toucher toute la partie est de la France, de Clermont Ferrand à Nancy, avec des incertitudes sur le bassin parisien, les modèles météorologiques divergent sur cette zone ». L’incertitude règne aussi autour des vallées de la Saône et du Rhône, où tout dépendra de la vitesse du vent.
« Attention tous les microclimats vont s’exprimer dans les fonds de vallée, il y’aura d’énormes différences selon les zones », avance encore Serge Zaka.
Après une période de douceur exceptionnelle et une avancée florale record, le gel agricole revient dès demain (carte* ⬅️) et surtout vendredi matin (cartes* ➡️) avec une définition d'1km. Les pertes moyennes s'échelonneront de 10 à 80% selon expositions et stades de développement… pic.twitter.com/CsV12QK00J
— Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge) (@SergeZaka) March 25, 2026
Quel impact de la descente d'air froid sur les vignes ?
Selon Serge Zaka, des vignobles où la végétation est particulièrement avancée pourraient être soumis à un risque important de dégâts. « Cela dépendra du cépage, mais certains couples cépages/régions vont être sensibles au gel », alerte Serge Zaka qui pointe notamment le Chablis avec des températures qui pourront atteindre localement jusqu’à -3°C sur des vignes à des stades végétatifs avancés sensibles, ou l’Alsace avec « des bourgeons déjà gonflés ».
« Dans le Jura, où la végétation est très en avance, on pourra atteindre -4°C et donc le seuil critique de dégâts dans les vignes », prévoit l’agroclimatologue.
Les vignobles de la Loire et de Bordeaux devraient en revanche être épargnés par cette descente d’air froid, avec seulement quelques gels locaux, souligne Serge Zaka.
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Quel impact du gel sur l’arboriculture ?
« Attention aux kiwis, déjà sortis dans le sud-ouest, et qui sont très sensibles, dès -1°C», prévient l’agroclimatologue.
Dans le sud, la floraison des pêchers est déjà passée.
« Le gel pourrait aussi toucher les vergers du bord de Loire, où il faudra veiller sur les pommiers et les poiriers, et l’Auxerrois, où la végétation est toutefois un peu moins en avance », ajoute Serge Zaka.
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A partir de vendredi 27mars, le froid devrait se décaler plus au sud, « mais la chance c’est que le mistral devrait continuer de souffler et le froid ne va pas pouvoir se déposer dans la vallée du Rhône », estime Serge Zaka.
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D’autres vagues de froid pourraient suivre
« Attention c’est encore trop tôt pour le dire mais ce n’est sûrement pas la dernière descente d'air froid du printemps. Nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle vague début avril », prévient-il. « Le risque de gel va persister pendant au moins dix jours ».
Et Serge Zaka le répète : « Il faut arrêter de considérer le gel tardif comme une probabilité en France, c’est désormais une récurrence avec des précocités végétatives de plus en plus importantes. Heureusement les outils numériques permettent aujourd’hui de mieux anticiper et de progresser dans la prévention ».
Il se félicite d’ailleurs d’avoir enregistré 190 000 visites en un an sur son site agrometeorologie.fr et de constater de plus en plus de connexions récurrentes. « Les agriculteurs n’attendent plus mes alertes, ils surveillent directement sur le site ».
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