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Les Vignerons Coopérateurs inquiets pour l'avancée des dossiers viticoles

Au terme du 51ème congrès des Vignerons Coopérateurs organisé le 27 juin dans le Var, Joël Boueilh, le président, a souligné l’inconnue dans laquelle les résultats des élections européennes puis la dissolution plonge la filière viticole sur des dossiers cruciaux. 

Joël Boueilh, président des Vignerons coopérateurs, lors de la visio conférence de presse cloturant le congrès annuel des Vignerons Coopérateurs, a pointé les dossiers suspendus par la situation politique actuelle.
© Capture d'écran

« On ne voit pas quand, opérationnellement, on sera prêt pour mettre en œuvre ce qui avait été décidé », a admis Joël Boueilh, président des Vignerons Coopérateurs, en introduisant l' e-conférence de presse organisée à l'issue du congrès 2024 des Vignerons Coopérateurs. Entre le renouvellement des eurodéputés et celui, pressenti, de l'Assemblée nationale et du gouvernement, les dossiers viticoles urgents sont en suspens. 

Une demande officielle d’arrachage à Bruxelles toujours pas formulée 

La filière vin comptait sur une mise en place de l’arrachage après la fin des vendanges, donc d’ici mi-octobre. Mais la Commission européenne doit toujours être saisie du dossier. « Cette saisie officielle n’a pas été faite », constate Joël Boueilh. Une réunion est toutefois maintenue pour le 3 juillet avec le ministère de l’Agriculture. 

Lire aussi : La Cnaoc vent debout sur l'arrachage des vignes

L’évaluation des besoins d’arrachage reste difficile à argumenter car le questionnaire lancé auprès des viticulteurs via FranceAgriMer, et qui s'est clos le 12 juin, n’a généré que « 5 000 réponses sur 50 000 mails envoyés », regrette le président. Pas vraiment un raz de marée.  

25 000 hectares à arracher 

Joël Boueilh a supposé qu’il était difficile pour beaucoup de viticulteurs de prendre position sur des surfaces à arracher à ce stade, sans réponse à des questions très concrètes. Il évoque notamment l'inquiétude de certains quant à des pénalités en cave coopérative où l’on s'engage sur 5 ans ou encore en cas de vignes en fermage faisant l’objet de retards de paiement. 

Le total des surfaces à arracher recensées sur la base des réponses ne dépasse pas 25 000 hectares. Même en ajoutant les 8 000 hectares du Bordelais, on est loin des 100 000 hectares estimés comme excédentaires. L'arrachage est envisagé seulement par 3 500 des 5 000 répondants. 

L’arrachage définitif est majoritaire 

Le tiers de ceux souhaitant arracher évoquent un arrachage temporaire. Sur les deux tiers aspirant à un arrachage définitif, « pour la moitié d’entre eux, il s’agit d’un arrêt complet de l’atelier », précise Joël Boueilh. Mais il est difficile d’extrapoler sur ces données qui ne reposent que sur un taux de réponse de 10 %.

Au passage, il évoque la nécessité pour les structures coopératives de se préparer à la baisse des volumes pour éviter l’explosion des charges de structures et donc des frais d’exploitation.

La demande d’année blanche pour l’amortissement en suspens

Autre urgence, la demande de dérogation pour une année blanche d’amortissement auprès du ministère de l’Economie, afin d’accompagner le millésime 2023. Le dossier est au point mort alors que la réponse est cruciale pour les comptes qui seront arrêtés en octobre, alerte Joël Boueilh. Les rendez-vous programmés pour l’évoquer au ministère ont été annulés, informe-t-il.

Une réponse attendue sur le bioéthanol  

A la veille des vendanges 2024, la question des stocks 2023 sans marchés reste entière. « Le plus acceptable serait le bioéthanol », estime Joël Boueilh. Or si blocage il y a, il est aujourd'hui français et non européen. Selon l'ex-eurodéputée Anne Sander, la réglementation européenne permet la distillation de vin pour des usages industriels en cas d'absence de débouchés pour la consommation humaine. Une fois de plus, la balle est dans le camp du ministère de l’Agriculture. Le dispositif est à imaginer à court terme, mais aussi à plus long terme pour réguler le marché« la production est en yoyo alors que la consommation reste linéaire », pointe le président. 

« Au vu des sondages, il est probable qu’on n’aura pas les mêmes interlocuteurs au lendemain du 7 juillet », projette Joël Boueilh. La filière vin se prépare donc à repartir en campagne de réexplication sur fond de crise  toujours plus aigüe.

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